Les constructeurs d’habitations au Canada continueront de subir des vents contraires. Ils devront composer avec l’augmentation des coûts, l’affaiblissement de la demande et la hausse du nombre de logements invendus, surtout sur le marché des copropriétés. La construction résidentielle devrait donc diminuer jusqu’en 2028. L’incertitude géopolitique et commerciale et la lenteur de la croissance démographique continueront de peser sur la demande de logements. Par contre, on s’attend à des différences régionales marquées à l’échelle du pays. Ces prévisions sont tirées du plus récent rapport Perspectives du marché de l’habitation (PMH) publié par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).
À l’échelle nationale, la demande de logements devrait rester faible. Les ventes seront encore sous les moyennes historiques, et les prix augmenteront légèrement après avoir chuté en 2025. La construction de logements locatifs sera forte et continuera de stimuler l’offre de logements neufs, mais elle ralentira durant la période de prévision. À l’échelle régionale toutefois, la situation du marché de l’habitation variera beaucoup. La construction et les ventes de logements en Ontario et en Colombie-Britannique seront inférieures à leurs moyennes sur 10 ans. En revanche, elles resteront au‑dessus des moyennes historiques dans les Prairies et au Québec.
Le rapport des PMH, publié tous les ans par la SCHL, fournit un aperçu du marché et des prévisions pour l'ensemble du Canada et pour 18 grands centres urbains.
Citation :
« Nous prévoyons une croissance lente de l’économie canadienne en 2026, car beaucoup de ménages et d’entreprises demeurent prudents en raison de l’incertitude géopolitique et commerciale. Cette prudence pousse de nombreux ménages à retarder l’achat d’une habitation et rend les constructeurs plus hésitants à entreprendre de nouveaux projets, a déclaré Kevin Hughes, économiste en chef adjoint à la SCHL. Ces pressions auront des effets différents sur les marchés de l’habitation au pays. À Montréal et à Calgary, par exemple, les conditions locales seront meilleures qu’ailleurs, ce qui pourrait soutenir l’activité sur le marché de l’habitation. Mais à Toronto et à Vancouver, les conditions seront moins propices et pourraient ralentir davantage la demande et la construction de logements. »
Grandes régions métropolitaines de recensement (RMR) :
Toronto : Selon nos projections, les mises en chantier d’habitations resteront faibles en 2026, car celles de copropriétés continueront de ralentir. La baisse globale sera en partie atténuée par le nombre élevé de mises en chantier de logements collectifs. Toutefois, la hausse des taux d’inoccupation et la diminution de la croissance des loyers pourraient nuire à l’offre future de logements locatifs. Les ventes devraient augmenter en 2026, mais elles demeureront inférieures aux moyennes historiques.
Vancouver : Les mises en chantier d’habitations devraient poursuivre leur tendance à la baisse. Les coûts élevés de la construction et l’affaiblissement de la demande pèseront sur l’activité, surtout du côté des copropriétés. Avec l’achèvement et l’arrivée sur le marché des logements locatifs mis en chantier au cours des 4 dernières années, le taux d’inoccupation restera élevé à Vancouver. Il en résultera des pressions à la baisse sur la croissance des loyers et sur la construction de logements locatifs.
Montréal : Après avoir connu une croissance record en 2025, les mises en chantier d’habitations devraient rester élevées en 2026. La construction résidentielle continuera d’être stimulée par le segment des logements locatifs. La forte hausse de l’offre d’unités neuves fera monter le taux d’inoccupation sur le marché locatif.
Calgary : Selon les prévisions, la construction résidentielle à Calgary ralentira après une période de croissance rapide. Les mises en chantier d’habitations devraient donc diminuer par rapport aux sommets records des dernières années. À mesure qu’un nombre croissant de logements neufs entreront sur le marché, les taux d’inoccupation devraient augmenter et ainsi faire ralentir la croissance des loyers.
Edmonton : Les mises en chantier d’habitations à Edmonton diminueront quelque peu en raison de plusieurs facteurs : les stocks demeureront élevés, la croissance démographique ralentira et les conditions du marché seront de plus en plus équilibrées. Avec l’arrivée sur le marché de logements locatifs neufs, les taux d’inoccupation augmenteront dans la ville, ce qui modérera la croissance des loyers.
Ottawa : Le rythme des mises en chantier d’habitations ralentira en 2026, après avoir atteint un sommet historique en 2025. Le marché locatif continuera de s’affaiblir. En effet, la demande se repliera en raison de la baisse du nombre d’étudiants et de travailleurs étrangers dans la région.
Halifax : Les mises en chantier d’habitations devraient diminuer par rapport aux sommets historiques atteints récemment. Le marché de Halifax passera d’une croissance rapide, alimentée par la population, à des conditions plus modérées dans un contexte de ralentissement de la migration et de la construction. Les pressions démographiques sur la demande se relâcheront, mais la SCHL prévoit que la vigueur du marché de l’emploi à Halifax favorisera une modeste hausse des ventes et des prix des habitations.
Dans son rapport Perspectives du marché de l’habitation de 2026, la SCHL fournit aussi des prévisions mises à jour pour les RMR suivantes : Victoria, Regina, Saskatoon, Winnipeg, Hamilton, Kitchener - Cambridge - Waterloo, Windsor, St. Catherines - Niagara, London, Gatineau et Québec.
Lisez le rapport complet sur le site Web de la SCHL.
Regardez le balado de la SCHL sur ce rapport, disponible sur la chaîne YouTube.
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La SCHL joue un rôle essentiel de facilitateur national pour promouvoir la stabilité et la durabilité du système de financement de l’habitation du Canada. Ses produits d’assurance prêt hypothécaire favorisent l’accès à la propriété ainsi que la création et la préservation de logements locatifs. Ses recherches et ses données aident à éclairer les politiques en matière de logement. La SCHL facilite la coopération entre tous les ordres de gouvernement, le secteur privé et le secteur sans but lucratif. Ce faisant, elle contribue à faire progresser l’abordabilité et la compatibilité climatique du logement, ainsi que l’équité en matière de logement. La SCHL appuie activement le gouvernement du Canada dans la réalisation de son engagement à accroître l’abordabilité du logement.
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