Ce que nous entendons depuis des années, c’est que l’abordabilité du logement n’a jamais été aussi faible. Malgré les améliorations récentes, elle demeure un défi de taille selon le tout nouvel Indice composite d’abordabilité du logement de la SCHL. Cette affirmation générale dissimule toutefois l’ampleur de la diminution de l’abordabilité à Ottawa, à Montréal et à Halifax ces dernières années.
Il est clair que la crise ne se limite plus à Toronto et à Vancouver.
L’abordabilité dépend de plusieurs facteurs, en plus du coût des logements. Il faut entre autres que les ménages aient un revenu suffisant pour payer le loyer ou les mensualités hypothécaires. L’abordabilité dépend aussi des facteurs de l’offre et de la demande, qui peuvent faciliter ou compliquer la recherche d’un logement à un prix donné. Enfin, il faut tenir compte du revenu discrétionnaire dont les ménages disposent pour accroître leur budget de logement.
Il existe de nombreux indices d’abordabilité du logement au Canada, mais la plupart sont fondés sur un seul indicateur et donnent donc un portrait incomplet du problème. Bon nombre aussi ne portent que sur l’abordabilité de la propriété résidentielle, sans prendre en compte le marché locatif. Cette approche délaisse une composante majeure du marché canadien de l’habitation et néglige les interactions potentielles entre les segments de la propriété et de la location.
L’Indice composite d’abordabilité du logement de la SCHL comble ces lacunes (voir les notes méthodologiques ci-dessous) en offrant un portait plus global de l’abordabilité du logement au Canada.
Abordabilité de la propriété résidentielle : les plaques tectoniques régionales ont bougé en 2020
À l’échelle nationale, le nouvel indice montre qu’au deuxième trimestre de 2022, l’abordabilité de la propriété résidentielle est descendue à son plus bas niveau depuis les années 1990. Cependant, les conditions se sont quelque peu améliorées depuis.
En se limitant aux tendances récentes de l’abordabilité, on passe à côté de l’érosion lente et prolongée qui a commencé au début des années 2000. L’indice montre qu’après avoir culminé au deuxième trimestre de 2001, l’abordabilité de la propriété résidentielle a connu 3 vagues d’érosion distinctes : de 2001 à 2007, de 2015 à 2020, puis de 2020 à 2023.
Durant la deuxième moitié des années 1990, l’abordabilité dans les 7 centres analysés est demeurée supérieure à la moyenne à long terme pour l’ensemble de ces centres. Mais la situation a complètement changé de 2001 à 2007, puis de 2015 à 2020, car les marchés de Vancouver et de Toronto sont devenus de plus en plus inabordables pour les acheteurs. Ces deux premières périodes d’érosion de l’abordabilité de la propriété résidentielle sont entièrement attribuables à ces deux marchés.
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