
EN BREF
- Le nouvel ensemble de 32 logements pour personnes âgées établit un équilibre entre la vie autonome et les liens sociaux. Il offre un environnement sûr et abordable où les personnes âgées peuvent vieillir chez elles.
- L’ensemble résidentiel répond aux besoins importants et urgents qui ont été relevés en matière de logement, à Happy Valley-Goose Bay, lors d’une évaluation menée en 2022.
- L’aménagement intègre le savoir autochtone aux programmes et services, y compris le premier jardin de guérison en forêt du Labrador.
« Je suis plutôt fonceuse », explique Jackie Compton-Hobbs, directrice générale de la Happy Valley-Goose Bay Housing Coalition.
À la fin de l’année dernière, en collaboration avec des partenaires, des parties prenantes et des sympathisants de la collectivité, la coalition a inauguré 32 appartements pour personnes âgées autonomes. L’ensemble de logements est le premier du genre à Happy Valley-Goose Bay. Un ensemble de logements avec services de soutien pour personnes âgées est à l’étude, et un centre de soins palliatifs est également envisagé. La combinaison de ces ensembles résidentiels appuie la vision de la coalition, qui souhaite un continuum complet de soins pour les personnes âgées de la région.
Combler un écart en matière de logement
Happy Valley-Goose Bay est une ville d’un peu plus de 8 000 habitants. Elle est située à l’extrémité ouest du lac Melville, au centre du Labrador, près du fleuve Churchill. Selon le Recensement de 2021, près de la moitié de ses résidents sont Autochtones Inuits, Métis et membres des Premières Nations. L’économie de la ville repose sur les services publics, le transport et la logistique, ainsi que sur des liens avec les industries des ressources de la région. On y trouve aussi la 5e Escadre Goose Bay, une base des Forces canadiennes, et un centre de services régionaux pour le centre du Labrador et les collectivités environnantes.
Comme dans de nombreuses petites collectivités, l’offre de logements est limitée. La croissance démographique et le vieillissement du parc de logements ont entraîné des coûts de logement élevés et des options limitées pour de nombreux résidents.
Jackie Compton-Hobbs, défenseure de longue date du logement, et son équipe travaillent à régler ce problème. En 2022, Jackie a été présidente du conseil consultatif sur le logement de la ville. Grâce au soutien de collègues, de défenseurs du logement et du conseil d’administration, elle a contribué à transformer le conseil en un organisme sans but lucratif constitué en société. Ce faisant, elle a ouvert la voie à des possibilités de financement.
La Happy Valley-Goose Bay Housing and Homelessness Coalition, dirigée par des Autochtones, faisait partie des quatre organismes qui ont participé à une évaluation des besoins de logement. Coordonné par le Labrador Friendship Centre, le rapport a révélé que les personnes âgées sont parmi les groupes présentant les plus grands besoins en matière de logement abordable et de services de soutien.
« De nombreuses personnes âgées vivent dans des logements qui ne répondent plus à leurs besoins physiques, explique Jackie. Il n’est souvent plus pratique de demeurer dans ces logements, en raison des coûts ou des défis liés à leur entretien. Cette situation peut aussi exposer les personnes âgées à l’isolement et à l’insécurité en matière de logement. »
Quelques options de logements avec services de soutien étaient offertes, mais rien pour soutenir les personnes âgées qui recherchent une vie autonome ou souhaitent vieillir chez elles. La coalition vise à combler cet écart.

Terrains prêts à la mise en chantier
Au moment de choisir un emplacement pour l’aménagement de logements pour personnes âgées, la coalition a accordé la priorité à un environnement paisible, axé sur la nature et facilement accessible du centre de la ville. La capacité du site à soutenir plusieurs ensembles résidentiels était aussi essentielle.
Le nouveau lotissement West of Hefler, à Happy Valley, s’est avéré idéal. Jackie entretenait une relation professionnelle avec le promoteur.
« Nous avons travaillé sur quelques autres projets, comme Habitat pour l’humanité et dans d’autres secteurs de la collectivité, explique Jackie. Je lui ai dit, vous savez, vous avez tout ce terrain là-haut… une bonne occasion de construire des logements pour personnes âgées. »
Jackie dit que le promoteur était d’accord.
La coalition a obtenu 32 terrains et a rapidement mis sur pied une équipe principale comprenant le promoteur, le conseiller de projet, l’entrepreneur et l’ingénieur.
En collaboration avec des bailleurs de fonds gouvernementaux, des partenaires communautaires et des conseillers du secteur, la coalition a élaboré un concept allant au-delà d’un ensemble résidentiel. En effet, elle voulait une collectivité où les personnes âgées pourraient s’épanouir, tisser des liens et croître.
À mesure que l’ensemble résidentiel progressait, Jackie se rendait compte que les partenariats étaient essentiels.
Les partenaires gouvernementaux ont aidé à traiter les permis et les demandes, tandis que les fournisseurs locaux ont fourni des ressources et une expertise. Les organismes communautaires ont appuyé la vision globale de la création d’options de logement sûres et inclusives pour les personnes âgées.
Conception réfléchie
Chaque logement, d’une superficie d’environ 900 pieds carrés, compte deux chambres et une salle de bains. Chacun a beaucoup d’espace pour permettre aux personnes âgées de vivre confortablement et de recevoir des membres de leur famille.
Chaque logement est conçu judicieusement pour répondre aux besoins des personnes âgées :
- disposition sans obstacle pour permettre une bonne mobilité
- portes avant et arrière privées pour plus d’intimité et de commodité
- proximité des services essentiels, y compris les soins de santé, les pharmacies et les épiceries. Le tout à distance de marche
Favoriser les liens, réduire l’isolement
Parmi les services et les mesures de soutien sur place, on compte un espace partagé où les résidents peuvent se réunir, cuisiner et participer à des programmes et à des ateliers conçus pour promouvoir les liens et réduire l’isolement.
« Nous comptons offrir des programmes comme une journée d’artisanat, une journée bingo, des présentations sur la santé mentale, des choses comme ça », explique Jackie.
À quelques pas de leur porte d’entrée, les résidents peuvent accéder à un jardin de guérison en forêt grâce à un sentier de randonnée et à de l’équipement récréatif extérieur.
« C’est le premier jardin de guérison en forêt jamais aménagé au Labrador », explique-t-elle.
Le sentier de 1,3 kilomètre comprend une passerelle autochtone ainsi qu’un belvédère et des bancs.
L’objectif est de rapprocher les résidents de la nature et d’encourager l’activité physique et le bien-être.
Des plans sont en cours d’élaboration pour l’installation d’une serre où les résidents pourront cultiver des plantes et des légumes, ainsi qu’une rocaille et un jardin de papillons.
Jackie prévoit que tous ces aménagements connaîtront beaucoup de succès.

Créer des possibilités de logement
Les logements ont été achevés en 2025, et ils ont tous été attribués presque immédiatement.
Les résidents se sont rapidement établis dans leur nouvel environnement et s’y sont adaptés.
« Les personnes âgées qui se sont exprimées étaient toutes positives, heureuses et enthousiastes, explique Jackie. Un homme m’a dit que si sa santé était aussi bonne que cet appartement, tout irait bien! Je n’ai aucun problème à signaler. »
L’abordabilité des logements a aussi été bien accueillie.
Linda, une nouvelle résidente, payait un loyer beaucoup plus élevé dans son ancienne habitation, et les services publics venaient s’ajouter. La sécurité était aussi une préoccupation. Elle attache une grande importance à l’intimité et à la tranquillité d’esprit dans son nouveau logement.
Avant d’emménager, certaines personnes âgées ont vendu leur habitation, qui a été achetée par de jeunes résidents.
« Des possibilités de logement se sont ouvertes au sein de la collectivité [élargie] », explique Jackie.
Leçons apprises
Entre les demandes de financement, les évaluations environnementales et la modélisation énergétique, Jackie retient que c’est beaucoup de travail.
Voici ce qu’elle recommande à toute personne qui souhaite créer un ensemble résidentiel semblable :
- Mettre sur pied une équipe spécialisée pour aider à traiter les demandes de financement.
- Avoir des fonds disponibles pour combler l’intervalle, dans l’attente d’approbation des demandes. Les fonds d’exploitation sont aussi utiles.
« Il n’y a pas que l’exploitation. Il y a tous les autres coûts qui vont de pair… les taxes foncières, l’assurance, les matériaux d’entretien. » - Qu’on parle de choisir des rampes et des pas de porte ou encore une terrasse en béton ou en bois, il est très utile de posséder un peu de connaissances en construction.
Raison d’être et collectivité
L’aménagement est la première étape du plan à long terme de la coalition.
Il y a quelques années, Jackie a invité un représentant de l’organisme de placement philanthropique North Pine Foundation à visiter Happy Valley. Après avoir visité le terrain, la fondation a appuyé la vision du continuum de soins par du financement. Ce dernier a aidé la coalition à tirer parti d’un soutien supplémentaire en vue d’un ensemble de logements avec services de soutien pour personnes âgées.
« Je suis plutôt fonceuse, explique Jackie en présentant le plan d’étage de l’ensemble de 20 logements. Nous savons déjà que, si nous avions un ensemble de logements avec services de soutien ici aujourd’hui, nous pourrions aider les personnes âgées qui ont besoin de soins de niveaux 1 et 2. »
Il a aussi été question d’un centre de soins palliatifs. Il s’inscrirait dans une approche communautaire complète répondant à divers besoins des personnes âgées et leur offrant un éventail de niveaux de soins.
À la base, le plan est axé sur la collectivité.
« Ici, après une chute de neige, on voit des personnes âgées pelleter les entrées, explique Jackie. Des voisins qui s’entraident et qui discutent ensemble; c’est exactement le type de collectivité que nous voulons pour nos personnes âgées. »
FAITS SAILLANTS
- L’ensemble de logements pour personnes âgées de Happy Valley-Goose Bay a reçu du soutien du Fonds pour le logement abordable. Ces fonds offrent aux organismes partenaires des prêts à faible taux d’intérêt, des prêts-subventions ou encore des contributions. Ils servent à la construction de logements abordables ainsi qu’à la rénovation et à la réparation de logements abordables et communautaires existants.
- La Happy Valley-Goose Bay Housing Coalition est un organisme sans but lucratif dirigé par des Autochtones. Sa mission est d’éliminer l’itinérance en sensibilisant les gens et en soutenant des possibilités de logements sûrs et de qualité. Elle favorise des solutions collaboratives à Happy Valley-Goose Bay au moyen d’une approche axée sur le logement d’abord.
- Le comité directeur de l’évaluation des besoins de logement, menée en 2022, était composé du Labrador Friendship Centre, de la Happy Valley-Goose Bay Housing and Homelessness Coalition, du Labrador Affairs Secretariat et de la société d’habitation de Terre-Neuve-et-Labrador.
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