Les propriétaires-bailleurs ont continué d’augmenter les loyers des logements occupés
La moyenne des loyers payés par tous les locataires a continué d’augmenter, surtout en raison de la hausse des loyers au moment du roulement des locataires. Dans les marchés où le taux de roulement demeure faible et où un taux d’augmentation légal des loyers est imposé, les propriétaires peuvent quand même procéder à de fortes hausses de loyers lorsque les logements se libèrent.
Au premier trimestre de 2026, le loyer moyen des logements de 2 chambres a continué de croître par rapport à l’an dernier, sauf à Toronto, où les hausses sont demeurées modestes2.
Hausse du taux d’inoccupation des logements récemment achevés
Le nombre d’appartements locatifs achevés a augmenté au début de 2026 par rapport à la même période en 2025. Selon l’Enquête sur les logements locatifs de la SCHL, les taux d’inoccupation les plus élevés étaient enregistrés dans les immeubles construits après 2020 et pour les logements situés à proximité d’établissements d’enseignement postsecondaire. Cependant, les conditions du marché demeurent serrées pour les immeubles moins récents où la location est plus stable et pour les logements de taille convenant aux familles. Les renseignements sur le marché donnent à penser que cette tendance s’est accentuée depuis notre enquête de l’automne.
Il y a donc un déséquilibre à court terme entre l’offre et la demande dans le segment des logements neufs de prix élevés. Les exploitants d’immeubles de logements locatifs rapportent qu’il faut plus de temps qu’avant pour louer les logements neufs. Dans certains cas, trouver un locataire pour un logement vacant peut prendre des mois.
Les appartements en copropriété offerts en location par les investisseurs qui en sont propriétaires font concurrence aux logements locatifs traditionnels. Cette concurrence est plus forte que d’habitude et c’est un autre facteur qui vient ralentir l’écoulement des logements dans les grands marchés. Même si elle est importante en ce moment, la concurrence provenant des appartements en copropriété diminuera au cours des prochaines années, avec la forte baisse prévue des achèvements de ce type de logement.
Cette concurrence élargit le choix dont disposent les locataires et leur donne une certaine marge de négociation. Les loyers moyens des logements occupés et des logements qui se libèrent continuent d’augmenter. Cependant, les taux d’inoccupation actuels semblent indiquer que les conditions sont devenues plus équilibrées sur le marché locatif des plus grands centres du Canada. Les loyers demandés sont à la baisse également, ce qui corrobore ce point de vue.
Ce constat soulève une question importante : à combien se situe le taux d’inoccupation dans un marché équilibré?
Redéfinir le taux d’inoccupation correspondant à un marché équilibré
Un taux d’inoccupation de 3 % est le seuil utilisé depuis longtemps dans le secteur de l’habitation pour mesurer l’équilibre du marché locatif. Toutefois, notre analyse montre que ce seuil ne fonctionne pas pour tous les marchés ni pour toutes les périodes. Les variations observées s’expliquent par des différences dans :
- la facilité de construction;
- les conditions économiques locales;
- la réglementation des loyers;
- la composition du parc locatif.
La fourchette d’équilibre des taux d’inoccupation est celle où la croissance des loyers corrigée de l’inflation est proche de zéro. Quand le taux d’inoccupation est inférieur à cette fourchette, le loyer moyen tend à augmenter plus rapidement que l’inflation, parfois même fortement. Quand le taux passe au-dessus de cette fourchette, la croissance des loyers a tendance à descendre sous le taux d’inflation3.
Selon notre analyse provisoire, le taux d’inoccupation dans la plupart des grands marchés se situe maintenant dans les fourchettes historiques associées à des conditions équilibrées, ou près de celles-ci. À Vancouver, il était juste au-dessus de sa fourchette d’équilibre en 2025, tandis qu’à Halifax, il se trouvait juste en dessous (figure 2).