Analyse sommaire
Le rapport met en lumière des innovations en matière de logement autochtone, notamment par le recours à la construction modulaire et préfabriquée, à la conception dirigée par les communautés et à des systèmes écoénergétiques. Il examine également le développement urbain autochtone et des modèles de gouvernance alternatifs, tels que des entités de logement appartenant aux communautés. Ces exemples démontrent que les projets dirigés par les Premières Nations, les Métis et les Inuits ont davantage de chances de réussir, puisqu’ils sont ancrés dans les objectifs d’autodétermination, les valeurs culturelles et des processus communautaires mis en œuvre tout au long des phases de conception et de construction.
Les projets d’ensembles de logements réalisés par les communautés facilitent la transmission intergénérationnelle des connaissances et permettent de renouer les compétences liées au territoire avec de nouvelles technologies et méthodes de conception. Ils démontrent que l’innovation n’est pas uniquement de nature technique, mais aussi culturelle. Celle-ci se concrétise par le rapprochement du savoir traditionnel et des sciences du bâtiment contemporaines afin de produire des solutions adaptées à la fois au contexte local et à l’environnement.
Ces projets montrent également que les approches novatrices en matière de logement doivent accorder la priorité à la résilience environnementale. Celle-ci peut être renforcée par l’adoption de stratégies adaptées au contexte, fondées sur des principes d’efficacité énergétique tels que :
- l’application adaptée de la conception passive;
- les concepts de bâtiments à consommation énergétique nette zéro;
- les systèmes autonomes (hors réseau), particulièrement adaptés aux régions éloignées et sensibles aux conditions climatiques.
Par ailleurs, les logements qui reflètent les pratiques traditionnelles favorisent le bien-être et renforcent les liens sociaux et spirituels au sein des communautés. Ces pratiques comprennent notamment :
- le soutien à un mode de vie multigénérationnel;
- l’aménagement d’espaces destinés aux cérémonies;
- le respect de l’esthétique culturelle.
M. Fortin souligne que les mécanismes de financement actuels ont tendance à être rigides, normalisés et insuffisants. Cette situation empêche les communautés des Premières Nations, des Métis et des Inuits de créer des logements adaptés à leur culture et dirigés à l’échelle locale.
Le rapport observe également que les processus de conception normalisés ou « uniformisés » ont tendance à accorder la priorité à la rentabilité plutôt qu’à la pertinence culturelle, à l’utilisation de matériaux locaux et aux retombées à long terme pour les communautés.
M. Fortin insiste sur le fait qu’un retour à des processus dirigés par les gouvernements ou à des pratiques architecturales conventionnelles ne peut résoudre les enjeux auxquels font face les communautés autochtones. Le rapport met plutôt en évidence la nécessité de modèles de financement et de production souples et dirigés par les communautés. Ces modèles permettent aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis de concevoir et de construire des logements qui reflètent leurs valeurs, leurs économies et leur contexte.
De nombreux projets présentés dans le rapport de M. Fortin mettent l’accent sur le développement des capacités locales par la mise en place de programmes de formation et l’embauche de membres de la communauté. Ces initiatives génèrent des possibilités économiques locales et élargissent la base de compétences techniques au sein des communautés des Premières Nations, des Métis et des Inuits.
M. Fortin souligne que les initiatives de renforcement des capacités devraient :
- intégrer les connaissances traditionnelles autochtones en matière de construction aux méthodes modernes, telles que les systèmes modulaires et préfabriqués;
- créer des solutions de logement évolutives, adaptées au contexte et résilientes face aux changements climatiques.
Il note également que les initiatives de renforcement des capacités doivent favoriser une participation équitable. Elles devraient notamment viser à corriger la sous-représentation des femmes et des jeunes dans les secteurs de la construction et des métiers spécialisés, conformément aux constats d’un rapport de 2020 de l’Association des femmes autochtones du Canada.
Le rapport conclut que l’innovation en matière de logement autochtone ne se limite pas aux techniques de construction, mais englobe également la manière dont les logements sont planifiés, financés et gérés. L’analyse de M. Fortin démontre que l’innovation guidée par les valeurs des Premières Nations, des Métis et des Inuits mène à des logements durables, équitables et représentatifs des populations et des territoires qu’ils servent. Ces valeurs comprennent notamment :
- l’autodétermination;
- le lien avec le territoire;
- la continuité culturelle;
- le bien-être collectif;
- la protection de l’environnement.