Les conditions à court terme se sont détendues, mais elles cachent des déséquilibres croissants
Le marché de l’habitation de Vancouver semblait s’être détendu en 2025. Par contre, ce relâchement des conditions s’explique plus par le moment où les choses se produisent que par l’atteinte d’un véritable équilibre. En effet, l’affaiblissement de la demande – causé par le ralentissement de la croissance démographique et l’incertitude macroéconomique généralisée – a coïncidé avec l’arrivée sur le marché d’une grande vague de logements. Le nombre d’achèvements a atteint un sommet record, alimenté par le volume élevé de logements mis en chantier ces dernières années. Cet afflux d’unités neuves a fait augmenter le taux d’inoccupation des logements locatifs, ralenti la croissance des loyers et contribué à l’affaiblissement de la hausse des prix de revente.
Parallèlement, l’offre s’est accrue sur le marché de la revente. Les nouvelles inscriptions ont augmenté pour différentes raisons. Certains propriétaires ont été confrontés à la hausse des taux au moment de renouveler leur prêt hypothécaire, et d’autres ont adapté leurs modalités de logement. En même temps, le nombre de ventes de logements existants est tombé à son plus bas niveau en 20 ans. Ces facteurs combinés ont assoupli les conditions actuelles du marché.
Toutefois, l’offre excédentaire à court terme cache des déséquilibres émergents. Les conditions actuelles du marché reflètent les décisions prises par le passé en matière de construction. Or, les volumes de la chaîne de production, qui alimenteront l’offre dans l’avenir, continuent de diminuer. En effet, le nombre annuel de mises en chantier d’habitations a accusé sa deuxième baisse d’affilée. Les annulations récentes de projets de construction réduiront l’offre dans plusieurs années, surtout dans le segment des copropriétés.
Cette divergence entre la situation à court et à long terme appelle à la prudence. Comme la construction prend plusieurs années, il faut éviter d’interpréter le marché détendu d’aujourd’hui comme étant le signe qu’il faut ralentir la construction.
La viabilité financière des projets de construction résidentielle est de plus en plus menacée
Les mises en chantier ont encore une fois chuté en 2025, en raison de l’affaiblissement de l’activité du côté des appartements. Le nombre absolu de mises en chantier de logements locatifs, tout comme leur part de la construction résidentielle, ont diminué. C’est contraire à la tendance qui est observée dans la plupart des grands centres. Les promoteurs se sont heurtés à la hausse des coûts de construction, y compris des coûts de la main-d’œuvre et des matériaux et des dépenses liées à la réglementation. En outre, la croissance des loyers a ralenti, les taux d’inoccupation ont monté et le temps nécessaire pour louer les logements s’est accru. Ces facteurs ont réduit les attentes en matière de revenus, tout en augmentant les seuils de viabilité pour les nouveaux ensembles de logements locatifs.
La construction d’appartements en copropriété a subi des pressions semblables. Les ventes sur plan sont demeurées faibles, car l’intérêt des investisseurs et des acheteurs a diminué pour les unités neuves, généralement plus chères que les logements existants. Pour préserver la viabilité financière des ensembles résidentiels, de nombreux promoteurs se sont éloignés du centre-ville à la recherche de terrains plus abordables.
La construction de logements du chaînon manquant s’est accrue
Malgré la baisse généralisée des mises en chantier d'habitations, la construction de logements du chaînon manquant a pris de la vigueur. Celle de logements avec entrée privée a augmenté par rapport à 2024, grâce à la forte croissance de la production de maisons jumelées à Burnaby. Dans ce secteur, l’autorisation en 2024 de l’ajout de logements sur ruelle et de logements accessoires par les propriétaires de maisons jumelées a contribué à cette hausse. Ces unités ont aidé à diversifier le parc de logements de faible hauteur dans la région.
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