00:00:00:01
[Audio : Une musique rythmée joue.]
[Visuel : De courtes vidéos se succèdent : maisons neuves à vendre, intersection animée dans un centre-ville, grands immeubles de logements et vue aérienne d’une ville à l’aube. L’écran devient blanc puis mauve, et le texte « Demandez à un expert » apparaît.]
00:00:05:15
JOELLE HAMILTON : Aujourd’hui, on aborde un sujet qui peut paraître technique, mais qui en dit long sur la situation financière des ménages canadiens : les prêts hypothécaires en souffrance.
00:00:15:07
[Visuel : Une femme aux longs cheveux bruns portant un chandail noir est assise à un bureau sur lequel se trouvent une tablette électronique, un clavier ainsi qu’une tasse. Derrière elle, le mur est bleu royal. Le texte « Joelle Hamilton, Communications et Marketing, SCHL » apparaît dans le coin inférieur gauche.]
JOELLE HAMILTON : Vous avez peut-être vu les manchettes récentes sur la hausse des prêts en souffrance, mais qu’est-ce que ça signifie réellement? Sommes-nous en situation de crise? Y a-t-il raison de s’inquiéter? Et pourquoi les chiffres sont différents d’une source à l’autre? Allons voir de plus près.
00:00:32:03
[Visuel : L’écran devient mauve. Le texte « Que sont les prêts hypothécaires en souffrance? » apparaît.]
[Audio : Une musique rythmée joue, puis s’estompe.]
00:00:37:00
[Visuel : Une femme aux cheveux blonds est assise dans un bureau, devant une fenêtre. Elle porte une veste sans manches de couleur taupe par-dessus un haut noir. Le texte « Tania Bourassa-Ochoa, Économiste en chef adjointe, SCHL » apparaît dans le coin inférieur gauche.]
TANIA BOURASSA-OCHOA : La plupart du temps, le stress financier lié aux paiements hypothécaires s’intensifie peu à peu. Au début, les propriétaires font leur paiement à temps, selon l’échéancier. Mais au fur et à mesure que la pression augmente, on pourrait manquer un paiement. On parle alors d’un retard de paiement.
00:00:56:15
[Visuel : Un graphique s’affiche à l’écran. Il présente une chronologie montrant 30, 60, et 90 jours avec des icônes simples.]
TANIA : Il y a plusieurs étapes : 30, 60, 90 jours de retard. Ce sont les premières étapes d’une situation de prêt en souffrance.
00:01:09:21
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA : Si les paiements sont en retard depuis plus de 90 jours, on dit généralement que le prêt est « en souffrance ».
00:01:17:08
[Visuel : De courtes vidéos se succèdent : un homme effectue des calculs sur une calculatrice et consulte des factures, une femme est assise seule à une table dans une pièce sombre et étudie des relevés de comptes, un homme et une femme examinent des papiers étalés sur une table tout en consulter un ordinateur portable.]
TANIA : Si les problèmes de paiement continuent, par exemple, un retard de 120 jours ou plus, la situation devient plus grave. Le cas le plus sérieux est l’insolvabilité.
00:01:29:03
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA: Lorsque quelqu’un ne peut plus s’acquitter de ses obligations financières. Les prêts hypothécaires en souffrance se situent entre les premiers signes, soit les retards de paiement, et le pire des scénarios, qui est celui de l’insolvabilité. Ils sont donc un indicateur important de la hausse du stress financier chez le ménage.
00:01:51:10
[Visuel : L’écran devient mauve. Le texte « Pourquoi les taux de prêts en souffrance sont-ils importants (et qu’est-ce qu’ils indiquent vraiment)? » apparaît.]
00:01:57:06
[Visuel : On montre de nouveau Joelle Hamilton.]
JOELLE : Les prêts hypothécaires en souffrance ne sont pas seulement des paiements manqués, ils sont un signe de stress financier.
00:02:03:23
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA : La plupart du temps, si un ménage arrive au point où son prêt hypothécaire est en souffrance, c’est qu’habituellement il a déjà essayé d’autres stratégies pour surmonter ses difficultés financières.
[Visuel : De courtes vidéos se succèdent : une femme présente quelqu’un chose sur un ordinateur à un couple, une femme assise seule à un bureau sort un document d’une grande enveloppe jaune, un homme montre du doigt quelque chose sur une tablette électronique à l’intention de la femme assise à ses côtés.]
00:02:18:02
TANIA : Alors, si on manque un paiement hypothécaire, ça veut souvent dire qu’on a épuisé tous nos filets de sécurité.
00:02:24:04
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA : Un prêt en souffrance peut avoir un effet sur la cote de crédit, limiter les possibilités d’emprunts futurs, ou encore empêcher de renouveler le prêt chez un autre prêteur. Si le problème ne se règle pas, ça peut aussi accroître le risque de saisie.
00:02:41:23
[Visuel : L’écran devient mauve. Le texte « Pourquoi les taux de prêts en souffrance sont-ils un “regard sur le passé”? » apparaît.]
00:02:48:01
[Visuel : On montre de nouveau Joelle Hamilton.]
JOELLE : Il est important de comprendre que le taux de prêt hypothécaire en souffrance est ce que les économistes appellent un « indicateur retardé ».
00:02:56:13
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA : Autrement dit, il nous en apprend davantage sur le stress financier qui s’est déjà accumulé dans le passé que sur ce qui s’en vient.
[Visuel : Deux personnes assises à une table étudient plusieurs graphiques colorés. Puis on montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
00:03:06:18
TANIA : D’habitude, les gens ne manquent pas un paiement hypothécaire dès que le problème financier survient. Payer l’hypothèque est la priorité absolue.
00:03:16:12
[Visuel : Un graphique s’affiche à l’écran. On y voit d’abord un symbole de dollar et une icône de flèche pointant vers le bas où il est écrit « Réduire les dépenses », puis une icône de banque et un symbole de dollar avec l’inscription « Puiser dans les économies », et enfin une icône de carte de crédit et le texte « Utiliser des cartes de crédit ou des marges de crédit ».]
00:03:17:12
TANIA : Ils vont ajuster leurs dépenses, ils vont puiser dans leurs économies, utiliser des cartes de crédit, ou même les marges de crédit.
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
00:03:27:03
TANIA : Le stress financier se fait souvent ressentir en premier sur les soldes de cartes de crédit ou des retards, par exemple, sur d’autres prêts comme les prêts automobiles. C’est seulement plus tard qu’on voit les effets sur les prêts hypothécaires. Donc, si les taux de prêts en souffrance augmentent, c’est comme si on regardait dans le rétroviseur d’une auto. Ça confirme que la pression monte depuis un certain temps.
00:03:53:06
[Visuel : L’écran devient mauve. Le texte « Pourquoi y a-t-il autant de chiffres différents sur les prêts en souffrance? » apparaît.]
[Audio : Une musique jazz joue, puis s’estompe.]
00:03:59:18
[Visuel : On montre de nouveau Joelle Hamilton.]
JOELLE : Si vous avez déjà consulté les données sur les prêts hypothécaires en souffrance, vous avez probablement remarqué quelque chose de curieux : il y en a plusieurs. En effet, on a au Canada plusieurs ensembles de données différents qui rendent compte des différentes parties du marché.
00:04:15:20
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA : Chaque ensemble de données nous offre une perspective différente du stress financier des ménages. Donc, il faut bien comprendre ce que chaque ensemble représente.
00:04:26:07
[Visuel : À gauche de Tania Bourassa-Ochoa, le texte « Données de l’Association des banquiers canadiens » apparaît pendant quelques secondes puis disparaît.]
TANIA : Les données de l’Association des banquiers canadiens comprennent celles des neuf grandes banques canadiennes à charte. Ces données représentent près de 80 % des prêts hypothécaires en cours de remboursement. Cet ensemble de données est celui qui est le plus cité et il existe depuis le plus longtemps. Il est donc utile pour suivre les tendances au fil du temps ou quand on veut faire des comparaisons historiques, par exemple. Mais il n’inclut pas les coopératives de crédit ni les prêteurs non bancaires. Donc, ça ne reflète pas nécessairement l’ensemble du marché hypothécaire.
00:05:02:10
[Visuel : À gauche de Tania Bourassa-Ochoa, le texte « Données d’Equifax Canada » apparaît pendant quelques secondes puis disparaît.]
TANIA: Equifax offre l’une des perspectives les plus globales du marché. Son ensemble de données couvre environ 85 à 90 % des prêts hypothécaires, y compris ceux offerts par les banques, les coopératives de crédit et plusieurs prêteurs non bancaires. D’ailleurs, la SCHL utilise souvent cet ensemble de données dans son rapport sur le secteur des prêts hypothécaires résidentiels.
00:05:20:23
[Visuel : Dans un bureau lumineux, une femme se tient debout, un marqueur à la main, devant un tableau blanc sur lequel se trouvent plusieurs indications. Assis à une table devant elle, un groupe de travail prend des notes. On change d’endroit, et un groupe discute autour d’une table de réunion.]
TANIA : Parce qu’il donne un portrait national et régional qui est assez complet.
00:05:33:22
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa. À gauche d’elle, le texte « Données de l’Enquête auprès des prêteurs hypothécaires non bancaires » apparaît pendant quelques secondes puis disparaît.]
TANIA: Cet ensemble de données porte en particulier sur les prêteurs autres que les grandes banques, y compris les coopératives de crédit, les sociétés de financement hypothécaires et les prêteurs non traditionnels. Ces derniers font souvent affaire avec des emprunteurs qui ont un profil de risque qui est plus élevé. Donc, les taux de prêts en souffrance ont tendance à être plus élevés dans cet ensemble de données. Ça ne veut pas nécessairement dire que ces données sont mauvaises, au contraire. C’est juste qu’elles vont mettre en évidence des parties du marché qui pourraient ne pas être incluses dans les autres ensembles de données.
00:06:13:13
[Visuel : L’écran devient mauve. Le texte « Pourquoi les trois sources sont-elles importantes? » apparaît.]
[Audio : Une musique rythmée joue, puis s’estompe.]
00:06:17:16
[Visuel : On montre de nouveau Joelle Hamilton.]
JOELLE : Alors, quel chiffre est le bon?
00:06:20:20
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA : Il n’y a pas un seul bon chiffre. Chaque ensemble de données raconte une partie différente de l’histoire. Si on examine seulement les données des banques, on pourrait sous-estimer le stress chez les emprunteurs qui ont un risque plus élevé. Si on ne tient compte que des prêteurs non bancaires, on pourrait surestimer les tensions globales sur le marché. Et donc, en prenant les trois ensembles de données, on a une compréhension qui est beaucoup plus précise et beaucoup plus équilibrée sur ce qui se passe dans l’ensemble du système de logement.
00:06:55:01
[Visuel : Un homme et une femme discutent tout en marchant dans un couloir d’un immeuble de bureaux lumineux. On change d’endroit, et un homme travaille à un ordinateur portable posé sur une petite table blanche.]
TANIA : Les taux de prêts hypothécaires en souffrance sont l’un des signes les plus révélateurs du stress financier chez les ménages.
00:07:02:19
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA : Lorsqu’il varie, ça veut dire qu’il y a quelque chose d’important qui se cache sous la surface.
00:07:08:03
[Visuel : L’écran devient mauve. Le texte « Contexte international : la différence canadienne » apparaît.]
00:07:14:12
[Visuel : On montre de nouveau Joelle Hamilton.]
JOELLE : Il existe un autre élément important à prendre en compte lorsque l’on parle des prêts hypothécaires en souffrance au Canada : la comparaison de notre système avec ceux d’autres pays.
00:07:25:13
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA : Au Canada, nous avons ce qu’on appelle des hypothèques avec recours.
[Visuel : Un graphique s’affiche à l’écran. Il est séparé en deux : on retrouve la situation au Canada, avec le détail des prêts hypothécaires et des autres actifs, puis de l’autre côté, pour les autres pays, il n’y a que la notion de propriété qui entre en jeu.]
TANIA : Ça veut dire que si l’emprunteur fait défaut sur son prêt, le prêteur peut légalement chercher à recouvrir la dette avec d’autres actifs, et non seulement la propriété de l’emprunteur.
00:07:44:06
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA : Plusieurs autres pays ont des systèmes hypothécaires sans recours, ou alors les mécanismes de recours sont beaucoup plus faibles. Dans ces cas-là, les emprunteurs peuvent parfois se départir de leur prêt hypothécaire simplement en remettant les clés. Et donc, les conséquences financières sont moins importantes qu’au Canada.
00:07:52:00
[Visuel : Un couple transporte des boîtes dans un logement lumineux. On change d’endroit, et une main présente un porte-clés où se trouve une breloque représentant une maison à une autre main qui s’en empare.]
00:08:05:06
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA : C’est une différence importante. Au Canada, le recours crée une forte incitation à prioriser les paiements hypothécaires, même lorsque les finances sont serrées.
00:08:15:17
[Visuel : Un drapeau canadien flotte sur le terrain d’un quartier résidentiel où se trouvent plusieurs habitations.]
TANIA : C’est pourquoi, historiquement, le Canada a affiché des taux de prêts en souffrance très faibles comparativement à d’autres pays.
00:08:24:02
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA : Lorsque les analystes examinent les taux de prêts hypothécaires en souffrance, ils doivent prendre en compte trois éléments.
00:08:30:16
[Visuel : À gauche de Tania Bourassa-Ochoa, le texte « Le niveau actuel par rapport aux moyennes historiques » apparaît pendant quelques secondes puis disparaît.]
TANIA : Premièrement, le niveau actuel par rapport aux moyennes historiques.
[Visuel : Toujours à gauche de Tania Bourassa-Ochoa, le texte « La tendance – est-ce que les taux augmentent ou diminuent? » apparaît pendant quelques secondes puis disparaît.]
TANIA : Deuxièmement, la tendance : Est-ce que les taux augmentent ou diminuent?
[Visuel : Toujours à gauche de Tania Bourassa-Ochoa, le texte « Le rythme du changement – à quelle vitesse est-ce que les taux évoluent? » apparaît pendant quelques secondes puis disparaît.]
TANIA : Et finalement, le rythme du changement : À quelle vitesse est-ce que les taux évoluent? Le contexte nous permet d’éviter de mal interpréter ce que les chiffres nous disent. Les prêts en souffrance sont l’un des signes les plus clairs de stress financier chez le ménage. Lorsque les taux évoluent, dans un sens ou dans l’autre, ça nous indique que quelque chose d’important se produit.
00:09:04:23
[Visuel : L’écran devient mauve. Le texte « Contexte important + perspective humaine » apparaît.]
00:09:08:23
[Visuel : On montre de nouveau Joelle Hamilton.]
JOELLE : Derrière chaque point de donnée se trouvent un ménage, une famille et une personne réelle.
00:09:15:14
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA : Le stress financier peut avoir de graves conséquences sur le plan émotionnel. Des mesures de soutien sont offertes aux personnes qui ont de la difficulté à rembourser leurs dettes ou à boucler leur budget.
00:09:19:16
[Visuel : Un couple aux cheveux gris est assis sur un canapé et discute avec un homme en complet assis face à lui. On change d’endroit, et un homme s’entretient avec un jeune couple dans un bureau. On montre une autre courte vidéo où une femme parle à un homme devant un ordinateur portable.]
TANIA : Entre autres, on peut consulter un conseiller en crédit, sans but lucratif.
00:09:33:11
[Visuel : On montre de nouveau Tania Bourassa-Ochoa.]
TANIA: Ou encore, bénéficier des ressources de protection des consommateurs, comme l’Agence de la consommation en matière financière du Canada.
00:09:42:10
[Visuel : On montre de nouveau Joelle Hamilton.]
JOELLE : Le taux des prêts hypothécaires en souffrance n’est pas seulement une statistique, c’est aussi un signal, une alerte. Ça nous aide à comprendre les pressions financières réelles que subissent les ménages canadiens.
00:09:55:04
[Visuel : L’écran devient blanc, puis mauve, et le texte « Abonnez-vous à notre chaîne YouTube » apparaît. Fondu au blanc. Le logo de la SCHL apparaît, puis celui du gouvernement du Canada s’ajoute.]
[Audio : Une musique douce joue, puis s’estompe.]
00:10:14:02