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Rapport sur l’offre de logements, automne 2026

Découvrez les plus récentes analyses sur l’offre de logements dans les principales régions métropolitaines du Canada. Prenez connaissance des facteurs qui influencent le marché de l’habitation actuel ainsi que des principaux défis et risques auxquels le Canada est confronté pour rétablir l’abordabilité du logement.

Faits saillants

  • L’écart dans l’offre de logements à Vancouver pour rétablir l’abordabilité aux niveaux d’avant la pandémie n’a pas changé en 2026. L’abordabilité s’est améliorée en raison de l’affaiblissement du marché de la revente et de la construction plus forte que prévu. Toutefois, ces facteurs ont été contrebalancés par la hausse anticipée de la croissance démographique et les prévisions de ralentissement des mises en chantier.
  • La construction de logements pour propriétaires-occupants fait place à l’aménagement de logements locatifs. En effet, les appartements destinés à la location représentent maintenant environ 60 % des mises en chantier d’habitations, contre moins de 20 % il y a 10 ans. De plus en plus de promoteurs privilégient les ensembles résidentiels soutenus par des politiques et du financement axés sur la location. Ils délaissent ainsi les logements pour propriétaires-occupants, qui ont eu de la difficulté à se vendre ces dernières années.
  • La faiblesse de la construction de copropriétés constitue un risque croissant à long terme pour l’abordabilité de la propriété. En effet, l’offre de logements pour propriétaires-occupants est principalement alimentée par les appartements en copropriété dans la région de Vancouver. La baisse continue des mises en chantier de copropriétés fera diminuer le nombre d’achèvements à l’avenir et exercera probablement une pression accrue sur les stocks disponibles.

Le déficit de logements demeure stable

L’écart entre le nombre prévu et le nombre requis de logements à Vancouver est demeuré stable en 2026. D’une part, l’amélioration de l’abordabilité attribuable à l’affaiblissement du marché de la revente et aux prix sur le marché locatif a contribué à réduire l’écart. D’autre part, la croissance démographique prévue et les projections de ralentissement de la croissance de l’offre de logements ont eu l’effet contraire.

Les unités locatives deviennent la principale source de logements neufs

Le marché de l’habitation de Vancouver est de plus en plus axé sur l’aménagement de logements locatifs. Les appartements locatifs ont représenté environ 60 % des mises en chantier en 2026, contre moins de 20 % en 2016. Ces logements ont augmenté de près de 36 % par rapport à 2025.

Les promoteurs continuent de privilégier les ensembles de logements locatifs parce qu’ils comportent moins de risques que les copropriétés dans les conditions actuelles du marché. Plusieurs facteurs ont contribué à assurer la viabilité des ensembles de logements locatifs : les incitatifs municipaux, les politiques de zonage propres aux logements locatifs, l’allègement des droits d’aménagement et les programmes de financement favorables. Pendant ce temps, les ventes sur plan et le financement continuent d’être très problématiques pour les copropriétés.

Ce changement semble susceptible de se poursuivre. Les mises en chantier en attente, toujours élevées, sont concentrées sur le marché locatif, en particulier dans la ville de Vancouver. Par conséquent, les achèvements de logements locatifs devraient être nombreux pendant encore plusieurs années à Vancouver, ce qui pourrait continuer d’atténuer la pression sur le marché locatif.

La faiblesse de la construction de copropriétés menace l’offre future de logements pour propriétaires-occupants

Bien que la construction reste forte dans le segment locatif, elle continue de diminuer du côté des logements pour propriétaires-occupants. Le nombre de mises en chantier d’appartements en copropriété a été limité en 2025. Durant les six premiers mois de 2026, il a chuté de 40 % supplémentaire. Cette période représente donc le premier trimestre le plus faible pour la construction de copropriétés depuis 2011.

Le marché des copropriétés est encore restreint par la faiblesse des ventes sur plan, les coûts de construction élevés et la croissance des stocks de logements achevés et invendus. D’importantes concentrations de logements invendus sont apparues à Surrey, dans la ville de Vancouver et à Burnaby, où la croissance des stocks a été particulièrement forte. Bien que l’écart demeure stable, les problèmes d’abordabilité sont encore importants. Le rythme actuel des mises en chantier à Vancouver demeure inférieur de 5 000 à 7 000 logements à ce qui est nécessaire pour rétablir les niveaux d’abordabilité d’avant la pandémie d’ici 2036. De plus, comme Vancouver avait déjà des problèmes d’abordabilité en 2019, il reste encore beaucoup à faire pour améliorer l’abordabilité pour les ménages à faible revenu.

Cette faiblesse crée un risque pour l’abordabilité à long terme. Les copropriétés ont toujours été la principale source de logements pour propriétaires-occupants à Vancouver. Si le peu de mises en chantier de copropriétés aujourd’hui se traduit par une baisse des achèvements à l’avenir, la concurrence sera probablement accrue pour les futurs acheteurs. Ceux-ci devront en effet composer avec l’offre limitée de logements pour propriétaires-occupants. Cette situation exercerait une nouvelle pression à la hausse sur les prix, même si l’offre de logements locatifs continue de croître.

Figure 1 : Les mises en chantier de logements locatifs sont en hausse et correspondent maintenant aux mises en chantier de copropriétés
Mises en chantier selon le mode d’occupation, RMR de Vancouver

Source : SCHL

Mises en chantier selon le mode d’occupation, RMR de Vancouver
Période Logements en copropriété Logements locatifs Moyenne des mises en chantier de copropriétés (2016 à 2022) Moyenne des mises en chantier de logements locatifs (2016 à 2022)
T4 2016 12 620 6 177 12 165 5 815
T1 2017 12 380 5 133 12 165 5 815
T2 2017 11 939 4 914 12 165 5 815
T3 2017 10 636 4 890 12 165 5 815
T4 2017 13 471 4 027 12 165 5 815
T1 2018 14 146 4 767 12 165 5 815
T2 2018 13 035 5 143 12 165 5 815
T3 2018 13 006 5 132 12 165 5 815
T4 2018 10 260 5 620 12 165 5 815
T1 2019 10 142 4 992 12 165 5 815
T2 2019 13 689 5 720 12 165 5 815
T3 2019 14 458 6 072 12 165 5 815
T4 2019 15 261 6 060 12 165 5 815
T1 2020 13 553 6 377 12 165 5 815
T2 2020 9 971 5 537 12 165 5 815
T3 2020 10 776 4 992 12 165 5 815
T4 2020 10 788 5 207 12 165 5 815
T1 2021 12 914 5 813 12 165 5 815
T2 2021 15 373 5 914 12 165 5 815
T3 2021 13 621 6 295 12 165 5 815
T4 2021 13 178 6 269 12 165 5 815
T1 2022 10 891 5 762 12 165 5 815
T2 2022 9 113 6 823 12 165 5 815
T3 2022 8 991 8 374 12 165 5 815
T4 2022 9 917 9 369 12 165 5 815
T1 2023 12 074 10 041 12 165 5 815
T2 2023 14 330 10 772 12 165 5 815
T3 2023 16 878 9 961 12 165 5 815
T4 2023 17 245 10 330 12 165 5 815
T1 2024 17 595 10 880 12 165 5 815
T2 2024 14 933 10 240 12 165 5 815
T3 2024 13 332 10 168 12 165 5 815
T4 2024 13 539 9 743 12 165 5 815
T1 2025 11 187 9 295 12 165 5 815
T2 2025 12 611 9 124 12 165 5 815
T3 2025 13 824 9 276 12 165 5 815
T4 2025 13 019 8 825 12 165 5 815
T1 2026 13 454 9 803 12 165 5 815
T2 2026 10 613 10 564 12 165 5 815

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Faits saillants

  • Le nombre de logements manquants par rapport à la construction prévue au Canada n’a pratiquement pas changé depuis l’an dernier. Par rapport à notre estimation de 2025, cet écart a rétréci à Toronto et à Calgary et il est demeuré inchangé à Vancouver. Cependant, il s’est élargi à Ottawa et à Montréal.
  • La construction devrait ralentir plus vite que la demande, de sorte que le Canada sera loin des quelque 417 000 à 469 000 logements dont le pays a besoin chaque année pour rétablir l’abordabilité au niveau d’avant la pandémie d’ici 2036.
  • La construction insuffisante durant le ralentissement actuel du marché est un risque important. L’amélioration de l’abordabilité à court terme qui est observée depuis 2023 pourrait être difficile à maintenir si la construction résidentielle ne suit pas le rythme de la demande future. Bien que le marché locatif se soit détendu, l’offre de logements pour propriétaires-occupants se heurte à d’importants défis.

Le marché du logement entre dans une nouvelle ère au Canada. La croissance démographique ralentit, les marchés locatifs sont mieux équilibrés, l’abordabilité s’améliore et beaucoup de logements sont achevés dans de nombreuses villes. Il y a toutefois un risque important : que le Canada ne construise pas assez de logements pendant le ralentissement actuel du marché et n’arrive pas à répondre à la demande lorsqu’elle se redressera. Le Canada serait alors bien loin des 417 000 à 469 000 logements dont le pays a besoin chaque année pour rétablir l’abordabilité au niveau d’avant la pandémie d’ici 2036.

Selon nos projections actuelles, l’écart entre le nombre requis et le nombre de logements prévus au Canada est encore imposant à long terme : de 187 000 à 238 0001 logements additionnels devraient être construits chaque année au cours de la prochaine décennie. Nous avons préparé un tableau de bord qui compare en détail divers scénarios de ce déficit, y compris ceux présentés dans le rapport de 2025.

Le Canada a besoin de plus de logements par année pour rétablir l’abordabilité au niveau d’avant la pandémie d’ici 2036

Tableau 1 : Les écarts dans l’offre pour atteindre les niveaux d’abordabilité d’avant la pandémie d’ici 2036 montrent d’importantes différences régionales
Région Statu quo Limite supérieure Limite inférieure Écart dans l’offre (sup.) Écart dans l’offre (inf.)
Toronto 42 000 68 000 62 000 26 000 20 000
Ottawa 11 000 38 000 33 000 27 000 22 000
Montréal 22 000 78 000 64 000 56 000 42 000
Vancouver 20 000 27 000 25 000 7 000 5 000
Calgary 19 000 24 000 23 000 5 000 4 000
Edmonton 15 000 15 000 15 000 0 0
Canada 231 000 469 000 417 000 238 000 187 000

Remarques : Le statu quo désigne les mises en chantier annuelles prévues si les tendances actuelles se poursuivent. Les limites supérieure et inférieure représentent le nombre de mises en chantier annuelles nécessaires pour atteindre les niveaux d’abordabilité de 2019 d’ici 2036. L’écart dans l’offre de logements correspond à la différence entre ces fourchettes et le nombre de logements qui devraient être construits dans le cadre du statu quo.

Le nombre de logements manquants par rapport à la construction prévue au Canada n’a pratiquement pas changé depuis l’évaluation de l’année dernière. Toutefois, cette estimation nationale masque d’importantes différences entre les marchés.

  • Le déficit de logements a diminué à Toronto, car la baisse des prix des habitations a amélioré l’abordabilité. Toutefois, la construction résidentielle a fortement fléchi, en particulier sur le marché des copropriétés. L’offre de logements pour propriétaires-occupants s’en est trouvée grandement limitée.
  • À Ottawa, le déficit de logements s’est accru en raison de la détérioration de l’abordabilité. Nous nous attendons à ce que la demande de logements augmente plus rapidement que l’offre malgré la vigueur de la construction. La plupart des logements neufs sont destinés au marché locatif, et la construction de copropriétés demeure faible.
  • Le déficit de logements a augmenté à Montréal, car la construction résidentielle future devrait être inférieure à l’activité nécessaire pour rétablir l’abordabilité. La construction résidentielle demeure vigoureuse, mais les logements neufs sont concentrés dans le marché locatif. La faible offre de copropriétés limite les options pour les propriétaires-occupants.
  • À Vancouver, le déficit de logements est resté globalement le même. L’amélioration de l’abordabilité et le renforcement de la construction ont été contrebalancés par le ralentissement de la croissance future de l’offre et les pressions démographiques continues. Le marché locatif est soutenu par une tendance grandissante : l’aménagement de logements locatifs est favorisé au détriment de l’aménagement de logements pour propriétaires-occupants. Toutefois, la faiblesse de la construction de copropriétés constitue un risque à long terme pour l’abordabilité de la propriété.
  • À Calgary, le déficit de logements a été réduit de près de la moitié grâce à la forte construction résidentielle. Les problèmes d’abordabilité persistent, surtout pour les ménages à faible revenu et les propriétaires-occupants potentiels.
  • À Edmonton, il n’y a aucun écart mesurable entre le nombre requis et le nombre prévu de logements, car la construction résidentielle a largement suivi le rythme de la croissance démographique.

Figure 1 : Les mises en chantier par 10 000 habitants montrent que Calgary et Edmonton dominent les principaux marchés

Les mises en chantier par 10 000 habitants montrent que Calgary et Edmonton dominent les principaux marchés
Année Calgary Edmonton Montréal Ottawa Toronto Vancouver
S1 2019 31 32 31 27 24 58
S1 2020 26 34 26 36 28 35
S1 2021 44 40 40 46 28 55
S1 2022 51 48 32 36 29 41
S1 2023 47 32 13 29 37 58
S1 2024 62 51 20 22 31 46
S1 2025 80 64 28 39 18 42
S1 2026 61 51 30 37 19 41

Il y a cependant des thèmes communs aux plus grands marchés de l’habitation du Canada, en particulier ceux qui ont un important écart dans l’offre, comme Toronto, Vancouver, Montréal et Ottawa :

  • La croissance actuelle de l’offre de logements est de plus en plus alimentée par les ensembles résidentiels déjà en construction, tandis que les mises en chantier diminuent dans de nombreux marchés.
  • Le marché locatif se rééquilibre à mesure que la construction de logements destinés à la location fait augmenter l’offre et ralentir la croissance des loyers.
  • Le manque de logements pour propriétaires-occupants s’accentue, d’autant plus que la construction de copropriétés s’affaiblit.

Compte tenu de ces tendances, l’amélioration de l’abordabilité à court terme qui est observée depuis 2023 pourrait être difficile à maintenir si la construction résidentielle ne suit pas le rythme de la demande future.

La nécessité d’accroître l’offre va au-delà du ralentissement actuel du marché.

Nous évaluons l’abordabilité sur un horizon de 10 ans. Cependant, les promoteurs fondent leurs décisions sur les attentes à court terme concernant la demande, l’écoulement, les conditions de financement et la rentabilité. Nous nous attendons à ce que le ralentissement de la croissance démographique fasse diminuer le nombre de mises en chantier à court terme. Toutefois, l’accélération de la formation des ménages, la croissance des revenus et l’amélioration de l’abordabilité devraient soutenir davantage la demande de logements au cours de la prochaine décennie. Le principal risque est que l’offre de logements neufs soit insuffisante lorsque la demande se redressera.

Au cours des deux prochaines années, nous prévoyons que la demande de logements sera plus faible que durant la période suivant la pandémie. La baisse des cibles d’immigration et du nombre de résidents temporaires devrait ralentir la croissance démographique. Ainsi, la demande de logements locatifs et de logements pour propriétaires-occupants diminuera. On s’attend aussi à ce que les acheteurs et les investisseurs restent prudents en raison des faibles prévisions de croissance des prix.

Figure 2 : La croissance démographique restera faible à moyen terme
Indice de population : 2025=100

Source : Ajustements de la SCHL au scénario M1 de Statistique Canada.

La croissance démographique restera faible à moyen terme
(Indice de population : 2025=100)
Année Canada Toronto Montréal Vancouver Calgary Edmonton Ottawa-Gatineau
2025 100 100 100 100 100 100 100
2026 100 100 99 99 100 100 101
2027 100 101 99 100 100 101 101
2028 100 102 99 100 101 102 102
2029 101 103 100 101 102 103 103
2030 102 105 100 103 103 105 105
2031 103 107 101 104 105 106 106
2032 104 108 101 105 107 108 107
2033 105 110 102 106 108 109 108
2034 105 112 102 107 110 111 109
2035 106 114 103 109 112 112 109
2036 107 116 103 110 114 114 110

Toutefois, le nombre de logements nécessaires augmentera à long terme. En effet, la croissance démographique devrait se rétablir dans la plupart des grandes villes, et la hausse des revenus soutiendra la demande de logements. Par conséquent, il faudra plus de logements. Certains ménages peuvent avoir retardé leur formation en raison de problèmes d’abordabilité. À mesure que les conditions s’amélioreront, une partie de cette demande refoulée émergera de nouveau.

Le rythme de la construction résidentielle déterminera si nous arrivons ou non à répondre à la demande future de logements. Les coûts de construction demeurent élevés. Les conditions de financement sur plan demeurent difficiles dans certains cas. Les promoteurs continuent d’hésiter à lancer de nouveaux projets immobiliers vu la faiblesse du marché des copropriétés.

Parallèlement, plusieurs mesures stratégiques contribuent à soutenir l’offre de logements. Les programmes de financement gouvernementaux, les droits d’aménagement réduits ou différés et les réformes du zonage améliorent la viabilité financière de certains ensembles résidentiels, en particulier pour les logements destinés à la location.

Ces tendances indiquent que la demande de logements se renforcera probablement au fil du temps, tandis que l’offre pourrait réagir plus lentement. Pour rétablir l’abordabilité, il faudra non seulement plus de logements, mais aussi la bonne combinaison de logements pour répondre aux besoins futurs.

L’importante construction de logements locatifs masque la construction insuffisante de logements pour propriétaires-occupants

Figure 3 : Les mises en chantier historiques dans les principaux marchés montrent une évolution vers les logements locatifs

Remarque : Les principaux marchés sont Vancouver, Calgary, Edmonton, Toronto, Ottawa, Montréal et Halifax.

Les mises en chantier historiques dans les principaux marchés montrent une évolution vers les logements locatifs
Année Appartements en copropriété Appartements locatifs Logements avec entrée privée
1999 15 097 3 148 50 441
2000 17 069 3 082 53 076
2001 19 806 6 478 59 654
2002 24 156 9 616 81 059
2003 33 589 9 522 77 085
2004 37 741 10 022 77 964
2005 38 658 8 321 71 981
2006 38 930 8 336 71 291
2007 37 360 7 961 68 761
2008 51 323 7 969 51 142
2009 22 730 6 489 43 372
2010 31 953 6 539 54 303
2011 43 922 8 719 51 954
2012 56 846 9 518 53 843
2013 43 728 10 066 51 204
2014 41 267 12 041 52 151
2015 50 218 19 124 50 152
2016 43 425 18 535 49 831
2017 47 057 21 876 53 609
2018 51 014 25 332 44 903
2019 47 719 28 877 39 989
2020 46 452 32 566 42 553
2021 52 588 41 128 49 187
2022 52 217 41 806 47 898
2023 57 130 45 279 40 118
2024 45 737 47 929 45 385
2025 34 259 69 475 43 967

Les logements destinés à la location représentent maintenant les deux tiers de tous les appartements mis en chantier dans les principaux marchés. Les données actuelles sur le marché locatif indiquent une normalisation du marché plutôt qu’une offre excédentaire généralisée. La hausse des taux d’inoccupation et le ralentissement de la croissance des loyers aident les marchés locatifs à mieux équilibrer l’offre et la demande après des années de conditions exceptionnellement serrées. Cet assouplissement est particulièrement évident dans les segments des logements neufs et des fourchettes de prix supérieures du marché.

Parallèlement, la construction de copropriétés et de logements avec entrée privée a fortement diminué dans les grandes villes, notamment à Toronto, Vancouver, Ottawa et Montréal. Ces logements ont toujours fortement alimenté l’offre sur le marché de la propriété et sur le marché locatif secondaire. De plus, les logements manquants, selon nos estimations, sont de plus en plus concentrés dans le segment de la propriété.

Par conséquent, le risque à long terme le plus important n’est peut-être pas la construction excessive de logements locatifs. C’est peut-être plutôt l’offre insuffisante de copropriétés et de logements avec entrée privée, qui ne laissera pas assez d’options aux propriétaires-occupants lorsque la demande reprendra de la vigueur.

Malgré une certaine amélioration des conditions du marché, les enjeux de logement persistent au Canada

Bon nombre des forces qui aggravent les pressions sur l’abordabilité du logement s’atténuent. Toutefois, nous nous attendons à ce que l’affaiblissement de la demande de logements se combine à un ralentissement encore plus important de la construction.

Au Canada, il manque annuellement entre 187 000 et 238 000 logements pour rétablir l’abordabilité au niveau d’avant la pandémie d’ici 2036. Pour que l’abordabilité s’améliore au cours de la prochaine décennie, il faut construire environ deux fois plus de logements que ce qui est projeté en ce moment.

1 La fourchette reflète diverses hypothèses sur la façon dont les propriétaires-occupants et les locataires réagissent à la baisse des prix des logements. La limite inférieure reflète le niveau le plus faible de réactivité plausible sur le plan statistique.

Faits saillants

  • Parmi les grands marchés de l’habitation au Canada, Edmonton reste l’un des plus abordables. On n’y trouve aucun écart mesurable entre le nombre requis et le nombre prévu de logements. L’abordabilité a été maintenue puisque l’offre de logements a suivi le rythme de la croissance démographique. Cependant, les ménages à faible revenu ont encore du mal à trouver un logement abordable.
  • Le marché est en transition : la croissance rapide des mises en chantier fait place à l’achèvement des ensembles résidentiels. En effet, les mises en chantier d’habitations ont diminué au premier semestre de 2026. Parallèlement, le nombre d’achèvements est demeuré élevé, car les promoteurs ont terminé des projets lancés pendant le récent boom de la construction.
  • La construction d’appartements en copropriété a augmenté en 2026. Contrairement à ce qui passe sur d’autres grands marchés de l’habitation, la construction de copropriétés reste vigoureuse à Edmonton. Comme la demande est stable et soutenue par l’abordabilité relative de ce segment, les promoteurs ont continué de mettre en chantier des appartements en copropriété. En revanche, l'affaiblissement du marché des appartements locatifs a fait diminuer les mises en chantier de logements locatifs.

Le marché d’Edmonton reste généralement abordable, mais les ménages à faible revenu ont encore du mal à trouver un logement qui correspond à leurs moyens

Edmonton reste l’un des rares grands marchés de l’habitation au Canada qui n’a aucun écart mesurable entre la construction prévue et le nombre de logements requis pour rétablir l’abordabilité aux niveaux d’avant la pandémie. La construction a généralement suivi le rythme de la demande, ce qui a aidé la région à maintenir une meilleure abordabilité que la plupart des grandes régions métropolitaines.

Il n’est pas nécessaire d’accroître l’offre de logements du marché à Edmonton. Toutefois, les ménages à faible revenu sont toujours aux prises avec des problèmes tels l’itinérance, comme l’indique notre rapport de 2025 sur les estimations des écarts dans l’offre de logements.

Le marché passe de la croissance des mises en chantier à l’achèvement des ensembles résidentiels

Le marché de l’habitation d’Edmonton a ralenti au premier semestre de 2026, après deux années de construction records. Le nombre total de mises en chantier a diminué de 20 % par rapport aux niveaux de 2025. Malgré cette baisse, la construction résidentielle reste supérieure aux moyennes historiques.

Ce ralentissement reflète l’affaiblissement des conditions du marché, en particulier sur le marché locatif. La hausse des taux d’inoccupation, l’augmentation du délai de location et l’incertitude économique généralisée ont incité les promoteurs à se montrer plus sélectifs dans le lancement de nouveaux projets.

En même temps, le volume de logements en construction reste important. Le nombre d’appartements achevés a augmenté de 30 %, tandis que le nombre de logements en construction a atteint un sommet record de 17 900. Par conséquent, les achèvements resteront élevés à court terme, même si le lancement de projets immobiliers ralentit.

La construction de copropriétés reste résiliente

Contrairement à d’autres grands marchés, Edmonton a connu une hausse des mises en chantier d’appartements en copropriété. Par rapport à la même période en 2025, ces mises en chantier ont augmenté de 14 % au premier semestre de 2026. Pendant ce temps, les stocks de copropriétés achevées invendues ont diminué de près de moitié.

Les appartements en copropriété représentaient presque le quart des mises en chantier d’appartements, comparativement à environ 3 % seulement en 2023. Ces appartements sont toujours une option intéressante pour de nombreux accédants à la propriété ou encore pour les propriétaires d’une maison individuelle qui veulent passer à un logement plus petit. Pour que le segment des copropriétés continue de croître à Edmonton, les unités doivent demeurer à des prix attrayants pour ces acheteurs.

Figure 1 : L’abordabilité des appartements en copropriété stimule les mises en chantier
Mises en chantier d’appartements en copropriété, RMR d’Edmonton

Source : SCHL

Mises en chantier d’appartements en copropriété, RMR d’Edmonton
Trimestre Appartements en copropriété
T1 2016 3 782
T2 2016 3 542
T3 2016 2 732
T4 2016 2 228
T1 2017 2 482
T2 2017 2 510
T3 2017 2 953
T4 2017 2 770
T1 2018 2 290
T2 2018 2 013
T3 2018 2 104
T4 2018 2 115
T1 2019 2 197
T2 2019 2 315
T3 2019 3 007
T4 2019 2 906
T1 2020 3 191
T2 2020 3 519
T3 2020 2 778
T4 2020 3 464
T1 2021 3 027
T2 2021 2 517
T3 2021 1 976
T4 2021 1 014
T1 2022 1 019
T2 2022 1 444
T3 2022 1 469
T4 2022 1 474
T1 2023 1 292
T2 2023 604
T3 2023 817
T4 2023 1 308
T1 2024 1 360
T2 2024 1 464
T3 2024 1 169
T4 2024 1 101
T1 2025 1 237
T2 2025 1 583
T3 2025 2 366
T4 2025 2 340
T1 2026 2 383
T2 2026 2 406

Faits saillants

  • Au cours de la dernière année, l’écart entre le nombre prévu et le nombre requis de logements pour rétablir l’abordabilité aux niveaux d’avant la pandémie d’ici 2036 a rétréci à Calgary. L’écart a diminué parce que la construction résidentielle a dépassé la demande.
  • Le marché est en transition : le boom des mises en chantier d’habitations fait place à une importante phase d’achèvements. D’une part, les mises en chantier ont reculé en raison du ralentissement du marché. D’autre part, les achèvements reflètent la réalisation de projets lancés pendant la récente période de mises en chantier record à Calgary.
  • Les conditions du marché locatif se sont assouplies. Toutefois, la demande de logements pour propriétaires-occupants reste résiliente et façonne la construction résidentielle. Les mises en chantier d’appartements destinés à la location ont considérablement baissé. En revanche, les mises en chantier d’appartements en copropriété ont augmenté et les stocks de copropriétés invendues ont fortement diminué.

Le nombre de logements supplémentaires requis diminue

Calgary est l’un des rares grands marchés de l’habitation au Canada où l’écart dans l’offre de logements a rétréci afin de rétablir l’abordabilité aux niveaux d’avant la pandémie. Des années de mises en chantier records ont permis à l’offre de dépasser la demande. Par conséquent, Calgary a maintenant besoin de 4 000 à 5 000 logements supplémentaires par année au cours de la prochaine décennie pour rétablir l’abordabilité.

Le marché passe de la croissance rapide des mises en chantier à l’achèvement des ensembles résidentiels

Après trois années de mises en chantier records, le marché de l’habitation de Calgary a ralenti au premier semestre de 2026. Le nombre total de mises en chantier a baissé de plus de 20 %, et l’activité a reculé pour tous les types de logements. Malgré cette diminution, le nombre de mises en chantier en 2026 était supérieur aux moyennes historiques récentes.

Les achèvements ont augmenté de 9 % par rapport à l’an dernier, principalement en raison d’une hausse d’environ 32 % du côté des appartements. Parallèlement, les logements en construction sont demeurés nombreux, près des récents sommets records.

Les achèvements actuels découlent des décisions d’aménagement prises il y a deux ou trois ans, lorsque le marché de l’habitation était beaucoup plus serré. En comparaison, la baisse des mises en chantier qu’on observe aujourd’hui reflète la hausse récente des taux d’inoccupation, la croissance des stocks, l’augmentation des coûts de construction et l’incertitude économique généralisée. Par conséquent, nous nous attendons à ce que la croissance de l’offre ralentisse une fois que les logements en construction seront achevés.

La construction de logements locatifs ralentit, tandis que la demande de logements pour propriétaires-occupants reste résiliente

Les logements destinés à la location ont stimulé le récent boom de la construction à Calgary, mais ce segment est maintenant à l’origine du ralentissement du marché. Les mises en chantier de logements locatifs ont diminué de plus de 30 %, alors qu’elles représentaient toujours près de 60 % de toutes les mises en chantier.

Les signes de détente du marché locatif sont de plus en plus répandus. Les promoteurs signalent une hausse du nombre de logements non loués, un recours accru aux incitatifs et des loyers demandés inchangés ou inférieurs, comme le montre notre mise à jour de mi-année sur le marché locatif. Certains projets ont été retardés, remaniés ou annulés en raison de l’affaiblissement des conditions de location.

Parallèlement, la demande de logements pour propriétaires-occupants est restée forte. Les mises en chantier d’appartements en copropriété ont augmenté de 4 %. Les stocks de copropriétés invendues achevées ont diminué de 59 %, et plusieurs projets de copropriétés ont été lancés au deuxième trimestre de 2026. La demande de logements pour propriétaires-occupants relativement abordables demeure vigoureuse, même si les conditions du marché locatif s’assouplissent.

L’affaiblissement de la demande de logements locatifs fait baisser les mises en chantier tandis que les achèvements augmentent

Figure 1 : Mises en chantier par mode d’occupation, RMR de Calgary

Source : SCHL

ises en chantier par mode d’occupation, RMR de Calgary
S1 Année Copropriété Propriété absolue Locatif Pour 10 000 habitants
S1 2021 2 216 3 962 697 44
S1 2022 2 164 4 196 1 765 51
S1 2023 1 720 3 950 2 436 48
S1 2024 3 425 5 001 2 752 62
S1 2025 3 499 5 533 5 680 80
S1 2026 3 089 4 312 3 950 61

Figure 2 : Achèvements par mode d’occupation, RMR de Calgary

Source : SCHL

Achèvements par mode d’occupation, RMR de Calgary
S1 Année Copropriété Propriété absolue Locatif Pour 10 000 habitants
S1 2021 497 2 794 1 477 31
S1 2022 782 3 165 2 276 39
S1 2023 1 484 3 833 1 325 39
S1 2024 2 294 4 426 4 886 64
S1 2025 2 116 5 339 4 155 63
S1 2026 2 119 4 786 5 762 68

Faits saillants

  • Toronto doit encore augmenter ses mises en chantier annuelles d’au moins 50 % au cours de la prochaine décennie pour rétablir l’abordabilité aux niveaux d’avant la pandémie. Malgré les récentes baisses des prix et le ralentissement de la croissance des loyers, l’écart entre le nombre de logements requis et la construction prévue demeure un obstacle à l’amélioration durable de l’abordabilité.
  • Cet écart est particulièrement prononcé sur le marché de la propriété, où la construction résidentielle demeure exceptionnellement faible.
  • L’offre de logements neufs est devenue principalement alimentée par les logements destinés à la location. Du point de vue des mises en chantier, les appartements locatifs ont dépassé les appartements en copropriété pour la première fois depuis des décennies. Les appartements locatifs sont donc le seul segment important qui a crû au premier semestre de 2026.

L’écart dans l’offre diminue légèrement, mais il faut plus de logements pour améliorer l’abordabilité de façon durable

L’abordabilité du logement à Toronto s’est récemment améliorée. En effet, la baisse des prix des habitations et le ralentissement de la croissance des loyers ont réduit la pression sur le budget des ménages. Ainsi, l’écart entre le niveau d’abordabilité actuel et celui d’avant la pandémie s’est quelque peu rétréci.

Ces facteurs reflètent le ralentissement actuel du marché et non une amélioration durable de l’abordabilité. Toronto doit encore augmenter le rythme de ses mises en chantier annuelles d’au moins 50 % au cours de la prochaine décennie pour rétablir l’abordabilité aux niveaux de 2019.

Au premier semestre de 2026, les mises en chantier d’habitations rajustées selon la population étaient à leur plus bas depuis 1996, si on exclut 2025. Le nombre de logements autorisés en attente de construction a diminué de 50 % par rapport au sommet de 2023. Les mises en chantier de copropriétés ont aussi largement stagné. Les mises en chantier d’habitations sont en baisse à Toronto, alors qu’il en faut de 21 000 à 26 000 de plus chaque année pour améliorer l’abordabilité de façon durable.

Le déficit de logements est le plus grand dans le segment de le propriété

L’offre de logements neufs demeure limitée pour les deux principaux types de propriétés résidentielles. Les mises en chantier de logements en avec entrée privée ont touché des creux records après plus de deux décennies de baisse. La construction d’appartements en copropriété s’est aussi effondrée en raison de la faiblesse des ventes sur plan, du désintérêt des investisseurs et de l’importante offre sur le marché de la revente. Dans la ville de Toronto, seulement 156 logements en copropriété ont été mis en chantier au premier semestre de 2026. La moyenne était plutôt de 7 000 logements par année au cours des 10 années précédentes.

La construction sur le marché locatif est le moteur de l’offre de logements neufs

Au premier semestre de 2026, les mises en chantier d’appartements destinés à la location ont augmenté de 82 % par rapport à 2025. C’est la seule catégorie de logements dont les mises en chantier se sont accrues. Cette hausse s’explique par le soutien des programmes de financement gouvernementaux, les incitatifs municipaux et la conversion de futurs immeubles de copropriétés en logements locatifs.

Pour la première fois depuis 1994, les mises en chantier d’appartements locatifs ont surpassé les mises en chantier d’appartements en copropriété. L’augmentation de la construction de logements locatifs a contribué à équilibrer le marché locatif de Toronto. Il en a d’ailleurs été question dans notre Mise à jour sur le marché locatif de mi-année 2026. Cependant, une importance source d’offre sur le marché locatif secondaire diminuera au cours des prochaines années, étant donné la baisse des achèvements de copropriétés. Cette situation exercera une pression renouvelée sur les loyers et les taux d’inoccupation, qui ont montré des signes d’assouplissement.

Comme le montre la figure 1, la baisse des mises en chantier de copropriétés n’est pas contrebalancée par le nombre record de mises en chantier de logements locatifs. Toronto doit stimuler davantage l’offre de logements locatifs et la croissance du segment des logements pour propriétaires-occupants.

Figure 1 : Les mises en chantier records de logements locatifs ne suffisent pas à compenser la perte de mises en chantier d’appartements en copropriété
Mises en chantier selon le mode d’occupation, RMR de Toronto*

*Somme mobile sur quatre trimestres
Source : SCHL

Mises en chantier selon le mode d’occupation, RMR de Toronto
Trimestre Propriété absolue Locatif Copropriété
T2 2000 25 354 523 9 080
T2 2001 27 141 717 14 309
T2 2002 28 683 1 023 11 948
T2 2003 29 321 1 992 12 854
T2 2004 29 265 1 592 12 861
T2 2005 25 591 1 420 15 590
T2 2006 21 613 1 295 17 472
T2 2007 21 289 1 319 10 691
T2 2008 20 248 1 525 17 178
T2 2009 12 302 712 20 112
T2 2010 14 802 2 559 10 646
T2 2011 15 536 1 296 18 351
T2 2012 18 154 2 388 23 002
T2 2013 16 689 864 22 410
T2 2014 14 116 1 077 18 725
T2 2015 13 269 2 107 17 128
T2 2016 16 288 3 709 22 548
T2 2017 18 591 2 009 17 722
T2 2018 14 917 3 244 22 452
T2 2019 8 910 3 539 23 305
T2 2020 10 100 5 730 17 264
T2 2021 10 884 3 833 24 153
T2 2022 11 186 4 629 27 390
T2 2023 10 391 9 521 31 445
T2 2024 8 554 7 172 28 463
T2 2025 7 842 6 039 13 883
T2 2026 6 386 12 062 8 289

Faits saillants

  • À Ottawa, l’écart dans l’offre de logements demeure important malgré la vigueur récente de la construction. Par rapport à notre estimation de l’an dernier, la région a maintenant besoin d’encore plus de mises en chantier d’habitations par année pour rétablir l’abordabilité aux niveaux d’avant la pandémie d’ici 2036. Ce changement découle de la détérioration de l’abordabilité.
  • Ce sont maintenant les logements destinés à la location qui dominent la construction à Ottawa. La majorité des logements mis en chantier, achevés et en construction se trouvent en effet sur le marché locatif. Les mises en chantier d’appartements en copropriété sont demeurées limitées par la faiblesse des ventes sur plan et les problèmes de financement.
  • Ottawa a l’un des stocks de mises en chantier en attente les plus élevés au Canada. Le nombre total de logements achevés devrait donc demeurer élevé à court terme. Cependant, comme les mises en chantier en attente sont concentrées sur le marché locatif, l’écart pourrait encore se creuser à Ottawa dans le segment des logements pour propriétaires-occupants.

L’offre de logements demeure élevée, tandis que l’écart d’abordabilité se creuse

À Ottawa, on estime qu’il manquera toujours beaucoup de logements malgré la construction toujours vigoureuse. Même si les mises en chantier sont nombreuses actuellement, elles sont encore inférieures au rythme annuel nécessaire pour rétablir l’abordabilité aux niveaux de 2019 d’ici 2036. L’écart s’est élargi en raison d’une baisse de l’abordabilité attribuable à la hausse des taux hypothécaires et au ralentissement de la croissance du revenu.

Ottawa a besoin de 22 000 à 27 000 mises en chantier annuelles supplémentaires au cours de la prochaine décennie pour rétablir l’abordabilité aux niveaux de 2019.

Les logements locatifs dominent l’offre future à Ottawa

L’offre de logements neufs à Ottawa est devenue principalement alimentée par les logements destinés à la location. Les logements locatifs représentaient 54 % des mises en chantier en 2026, contre seulement 12 % pour les appartements en copropriété. Les appartements locatifs constituaient aussi 64 % des logements achevés et 69 % des logements en construction, en hausse par rapport à 53 % l’année précédente et à 30 % en 2023.

Le virage vers le logement locatif reflète la conjoncture du marché. Les mises en chantier d’appartements locatifs ont augmenté de 3 % d’une année à l’autre, tandis que celles d’appartements en copropriété ont diminué de 49 %. Les coûts de construction élevés, les difficultés de financement, la faiblesse des ventes sur plan et les problèmes d’abordabilité continuent d’empêcher de nombreux projets de copropriétés d’atteindre les seuils de vente requis pour aller de l’avant. Les nouveaux logements en copropriété du centre-ville peuvent coûter à peu près le même prix que les maisons en rangée de banlieue, lesquelles offrent une superficie habitable beaucoup plus grande.

L’offre de logements locatifs devrait continuer d’augmenter à court terme, comme l’indique notre Mise à jour des Perspectives du marché de l'habitation de 2026. De plus, les mises en chantier de logements locatifs en attente ont atteint un sommet record à Ottawa. Toutefois, ces mises en chantier en attente indiquent aussi que de nombreux projets approuvés sont retardés parce que les promoteurs attendent une amélioration des conditions de financement, une baisse des coûts ou une plus grande certitude sur le marché.

La forte construction soutient l’offre à court terme, mais les problèmes persistent dans le segment des propriétés résidentielles

Le nombre de logements en construction à Ottawa demeure l’un des plus élevés au Canada. Il a même atteint un sommet historique. Les achèvements au premier semestre de 2026 étaient 22 % plus nombreux qu’un an plus tôt.

Les gouvernements prennent aussi des mesures pour soutenir l’aménagement futur de logements. Ottawa a récemment approuvé sa participation au Programme de réduction des redevances d’aménagement de l’Ontario, qui réduira les droits applicables à la construction résidentielle. De plus, un nouveau règlement de zonage à l’échelle de la ville permet l’aménagement de plein droit d’un maximum de quatre logements sur la plupart des terrains résidentiels viabilisés, augmente la densité permise et simplifie les approbations près des corridors de transport en commun.

Ces mesures devraient contribuer à soutenir la croissance de l’offre à long terme. Toutefois, comme la construction à Ottawa est concentrée dans le segment locatif, les problèmes d’abordabilité des logements pour propriétaires-occupants pourraient persister. Cette situation est probable à moins qu’un plus grand nombre de projets de logements en copropriété et de logements avec entrée privée aillent de l’avant.

Figure 1 : La faible demande d’appartements en copropriété pèse toujours sur les mises en chantier, tandis que la construction de logements locatifs demeure près des niveaux records
Mises en chantier selon le mode d’occupation, RMR d’Ottawa

Source : SCHL

Mises en chantier selon le mode d’occupation, RMR d’Ottawa
Trimestre Propriété absolue Locatif Copropriété
T1 20153 7065631 279
T2 20153 6206521 170
T3 20153 5477701 065
T4 20153 732708800
T1 20163 861809924
T2 20164 072746548
T3 20164 185943505
T4 20164 149745679
T1 20174 3237771 032
T2 20174 3141 1591 028
T3 20174 4731 2631 268
T4 20174 8081 5341 481
T1 20184 8181 609944
T2 20185 4021 484968
T3 20185 8341 162964
T4 20185 6121 772898
T1 20195 4181 8341 239
T2 20195 2401 5281 410
T3 20195 1572 0921 144
T4 20195 4761 3391 026
T1 20206 1561 2281 197
T2 20206 1771 4661 259
T3 20206 8471 0512 464
T4 20207 1541 2162 915
T1 20217 1561 4083 083
T2 20217 6791 4983 332
T3 20217 2381 4232 441
T4 20217 1111 3622 702
T1 20226 7411 4522 448
T2 20226 4821 4282 213
T3 20226 2182 9393 475
T4 20225 7042 8842 891
T1 20235 2393 1453 084
T2 20234 3713 3622 951
T3 20233 6312 3142 621
T4 20233 3062 9532 986
T1 20243 4282 8572 441
T2 20243 3222 6742 508
T3 20243 5093 3811 726
T4 20243 7952 7291 370
T1 20253 9973 3641 400
T2 20253 8084 3532 050
T3 20253 5144 0411 623
T4 20253 4475 9111 506
T1 20263 4616 0251 514
T2 20263 7305 995949

Faits saillants

  • Montréal a encore besoin de plus de logements pour rétablir l’abordabilité au niveau d’avant la pandémie d’ici 2036. Malgré la hausse des mises en chantier, des logements en construction et des achèvements, l’écart entre le nombre requis et le nombre prévu de logements pour atteindre le niveau d’abordabilité d’avant la pandémie s’est élargi cette année. De fait, l’abordabilité s’est détériorée depuis 2019, les prix ayant augmenté plus rapidement que les revenus.
  • Les logements locatifs continuent de dominer la construction. L’augmentation de l’offre qui en résulte permet à certains locataires de souffler à court terme. Cependant, il y a encore beaucoup de besoins en matière de logement qui ne sont pas satisfaits pour les locataires à faible revenu et sur le marché de la propriété.
  • La construction d’appartements en copropriété demeure limitée par la faible faisabilité financière des ensembles résidentiels et la demande restreinte de copropriétés neuves. Les prix des copropriétés nouvellement construites sont toujours de 20 à 40 % supérieurs à ceux des logements comparables sur le marché de la revente.

Le nombre de logements supplémentaires demeure important malgré la vigueur de la construction

Le nombre de logements supplémentaires requis reste grand à Montréal. Dans cette région métropolitaine de recensement (RMR), il faudrait encore plus que tripler le taux annuel actuel de mises en chantier d’habitations pour rétablir l’abordabilité aux niveaux d’avant la pandémie d’ici 2036. Malgré la croissance des mises en chantier, des logements en construction et des achèvements en 2026, l’écart pour atteindre le niveau d’abordabilité de 2019 s’est élargi. En effet, la croissance des prix a réduit l’abordabilité plus que la croissance de l’offre n’a pu l’améliorer.

L’abordabilité s’est considérablement détériorée depuis 2019. Le rapport coût-revenu à Montréal est passé de 34 à 48 %, son plus haut niveau depuis les années 1990. La hausse prévue des taux hypothécaires et le ralentissement de la croissance du revenu pourraient entraîner une diminution supplémentaire de l’abordabilité. Cette probabilité serait atténuée si les mises en chantier d’habitations augmentaient de 42 000 à 56 000 par année au cours de la prochaine décennie.

La construction de logements locatifs alimente de plus en plus l’offre de logements neufs

Les logements locatifs demeurent la principale source de logements neufs à Montréal. Ils ont représenté un pourcentage record de 86 % de toutes les mises en chantier d’habitations au premier semestre de 2026. Les mises en chantier d’appartements en copropriété et de logements pour propriétaires-occupants avec entrée privée sont quant à elles restées près de leurs creux pluriannuels. Les ensembles de logements destinés à la location continuent de bénéficier des programmes de financement gouvernementaux et des incitatifs municipaux qui les ont aidés à demeurer viables malgré les coûts de construction et les taux d’intérêt élevés.

La forte construction des dernières années se traduit par un nombre record d’achèvements de logements locatifs en 2026. Nous nous attendons à ce que les taux d’inoccupation continuent d’augmenter à court terme, à mesure que les ensembles résidentiels seront achevés.

Toutefois, l’offre de logements neufs est concentrée dans les fourchettes de prix supérieures, car les loyers doivent encore être assez élevés pour soutenir les coûts de construction. Par conséquent, les faibles taux d’inoccupation des logements locatifs abordables pourraient persister même si l’offre globale augmente sur le marché locatif. Les mises en chantier en attente ont aussi diminué au cours des derniers mois, en particulier sur l’île de Montréal. La hausse actuelle de l’offre pourrait donc être temporaire vu que le nombre de logements en production ira en diminuant. L’abordabilité risque ainsi de se détériorer davantage.

La faible construction d’appartements en copropriété limite les options de logements pour propriétaires-occupants

Les logements pour propriétaires-occupants demeurent limités par la faiblesse de l’aménagement de copropriétés. Au cours des 10 dernières années, les copropriétés ont représenté plus de 60 % des mises en chantier de logements pour propriétaires-occupants. En 2026, elles représentaient 40 % de ces mises en chantier, car moins de projets de copropriétés ont été lancés.

Les mises en chantier de copropriétés restent près de leurs creux pluriannuels. Les nouveaux ensembles résidentiels, surtout au centre-ville de Montréal, ont diminué parce que la demande de copropriétés neuves s’est amoindrie. Les prix des copropriétés neuves sont jusqu’à 40 % plus élevés que ceux des logements comparables sur le marché de la revente.

Nous prévoyons que la construction de copropriétés demeurera faible à court terme en raison des problèmes de viabilité pour les promoteurs, qui ont de la difficulté à équilibrer les coûts de construction et les prix que le marché pourra absorber. Par conséquent, l’offre de logements pour propriétaires-occupants demeurera probablement limitée.

Figure 1 :  Les mises en chantier de logements locatifs dominent la construction à Montréal, car la viabilité de la construction de copropriétés continue de s’affaiblir
Mises en chantier selon le mode d’occupation, RMR de Montréal*

*Somme mobile sur quatre trimestres
Source : SCHL

Mises en chantier selon le mode d’occupation, RMR de Montréal
Trimestre Propriété absolue Copropriété Locatif
T2 2010 9 514 9 167 3 786
T3 2010 9 372 10 236 3 206
T4 2010 9 161 10 559 3 037
T1 2011 8 597 10 577 3 028
T2 2011 8 163 11 115 2 678
T3 2011 7 991 11 657 3 261
T4 2011 7 736 12 829 3 198
T1 2012 7 535 12 885 2 377
T2 2012 7 162 13 243 2 571
T3 2012 7 079 13 111 2 317
T4 2012 6 837 12 076 2 479
T1 2013 6 314 11 712 2 650
T2 2013 5 833 10 778 2 249
T3 2013 5 169 9 868 2 151
T4 2013 4 649 8 908 2 776
T1 2014 4 528 9 645 3 026
T2 2014 4 336 10 285 3 488
T3 2014 4 552 9 812 3 895
T4 2014 4 470 10 586 4 256
T1 2015 4 349 9 407 4 126
T2 2015 4 164 7 880 5 040
T3 2015 3 970 8 653 6 805
T4 2015 3 967 7 932 7 357
T1 2016 4 029 7 650 8 227
T2 2016 4 253 7 760 8 104
T3 2016 4 298 7 395 7 575
T4 2016 4 415 6 803 7 076
T1 2017 4 469 8 025 7 592
T2 2017 4 437 7 720 8 186
T3 2017 4 584 7 621 8 269
T4 2017 4 640 9 463 10 653
T1 2018 4 734 9 186 10 642
T2 2018 4 870 10 266 11 856
T3 2018 4 752 9 025 12 050
T4 2018 4 652 8 880 11 468
T1 2019 4 471 8 413 12 730
T2 2019 4 297 8 856 13 142
T3 2019 4 311 8 788 14 159
T4 2019 4 435 7 436 13 241
T1 2020 4 578 7 300 13 153
T2 2020 4 274 6 536 12 242
T3 2020 4 521 7 389 13 380
T4 2020 4 531 6 789 15 954
T1 2021 4 961 7 703 17 682
T2 2021 5 502 7 615 20 202
T3 2021 5 263 8 013 19 686
T4 2021 5 063 7 254 20 026
T1 2022 4 648 6 323 18 349
T2 2022 4 214 6 716 18 202
T3 2022 3 747 6 106 17 216
T4 2022 3 160 6 198 14 791
T1 2024 1 650 3 145 10 273
T2 2024 1 772 3 494 13 415
T3 2024 1 772 1 863 13 212
T4 2024 1 888 1 869 13 813
T1 2025 2 070 2 136 15 876
T2 2025 2 235 1 532 17 122
T3 2025 2 449 1 663 20 300
T4 2025 2 607 2 027 23 143
T1 2026 2 527 1 705 23 088
T2 2026 2 549 1 767 24 176

Faits saillants

  • Malgré des années de construction records et l’assouplissement récent des conditions du marché locatif, les problèmes d’abordabilité demeurent importants à Halifax. En raison de l’augmentation de la croissance démographique, les achèvements n’ont pas suivi la hausse récente de la demande.
  • À Halifax, il est très difficile de continuer à accroître l’offre de logements. Les contraintes relatives à la capacité de financement et de construction pèsent sur les plans des promoteurs. De plus, les limites des infrastructures liées à l’eau, à la gestion des déchets et au transport restreignent la taille des projets et créent des risques pour la croissance future de l’offre.

La construction record améliore les conditions du marché de l’habitation, mais l’abordabilité demeure un défi

Des années de construction résidentielle élevée améliorent les conditions du marché locatif de Halifax. Les achèvements records d’appartements ont accru l’offre de logements disponibles, ce qui a contribué à la hausse des taux d’inoccupation et au ralentissement de la croissance des loyers. Les logements locatifs dominent le marché : ils représentent maintenant 78 % de toutes les mises en chantier d’habitations et 89 % de toutes les unités en construction.

Ces gains ont atténué les pressions sur de nombreux locataires. Toutefois, des problèmes d’abordabilité persistent, surtout pour les ménages à faible revenu qui n’ont pas les moyens de se payer les logements de construction récente.

Du côté des logements pour propriétaires-occupants, l’abordabilité reste aussi un enjeu. En effet, les revenus n’ont pas suivi la croissance des prix observée depuis 2019 dans ce segment. Comme la plupart des logements en construction sont destinés au marché locatif, le nombre total élevé de mises en chantier d’habitations peut cacher une offre décroissante de logements pour propriétaires-occupants. L’accession à la propriété pourrait ainsi devenir moins abordable. Les futurs acheteurs se feront concurrence pour une offre limitée de logements après des années de baisse des mises en chantier.

Le prochain défi de Halifax : maintenir l’offre future de logements

Le risque le plus important pour les perspectives d’abordabilité à long terme de Halifax est le suivant : sa capacité de maintenir la création de logements une fois que les logements actuellement en production seront achevés. Les logements en construction ont atteint un sommet record de 14 400 au premier semestre de 2026. En 2021, ce nombre était de moins de 5 900. Ces ensembles résidentiels continueront de soutenir la croissance de l’offre à court terme.

Cependant, plusieurs indicateurs pointent vers un ralentissement potentiel de la croissance future de l’offre. En plus de la capacité de financement et de construction, les limites des infrastructures – surtout les systèmes d’aqueduc et de traitement des eaux usées – restreignent la construction de nouveaux ensembles de logements. Les limites des infrastructures influencent de plus en plus le nombre de logements pouvant être construits et leur emplacement, en particulier près des principaux corridors de transport.

Par conséquent, pour assurer l’abordabilité à long terme à Halifax, il ne suffira pas de conserver des niveaux élevés de construction résidentielle. Il faudra aussi miser sur l’expansion des infrastructures pour soutenir la croissance démographique future et la construction de logements. Sans la croissance continue de l’offre de logements locatifs et pour propriétaires-occupants ainsi que des infrastructures sous-jacentes, les récentes améliorations de l’abordabilité seront probablement difficiles à maintenir.

Figure 1 : La construction récente est limitée par la capacité de financement, de construction et des infrastructures
Mises en chantier par tranche de 10 000 habitants, RMR de Halifax

Source : SCHL, nombre total de mises en chantier d’habitations

Mises en chantier par tranche de 10 000 habitants, RMR de Halifax
Année Total des mises en chantier par tranche de 10 000 habitants
2016 22
2017 30
2018 26
2019 37
2020 23
2021 34
2022 43
2023 35
2024 65
2025 61
2026 40

Voir les éditions précédentes du Rapport sur l'offre de logements.

Consultez le Tableau de bord du modèle de logement intégré de la SCHL

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Notre économiste en chef et nos économistes en chef adjoints dirigent une équipe nationale composée d’économistes, d’analystes et de chercheurs spécialisés dans le domaine du logement qui s’efforcent d’améliorer la compréhension des tendances économiques, des marchés de l’habitation et de leur incidence sur l’abordabilité.

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      Date de publication : 10 septembre 2026

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