Toutefois, depuis 2023, les problèmes d’abordabilité fondés sur les nouveaux prêts hypothécaires ont diminué dans les trois marchés :
- Whitehorse et Yellowknife : La baisse des taux d’intérêt a atténué quelque peu les pressions sur l’abordabilité, mais la hausse des prix des habitations a largement contrebalancé ces gains, de sorte que les exigences en matière de revenu sont demeurées relativement inchangées. La croissance continue du revenu a néanmoins contribué à une légère amélioration de l’abordabilité.
- Iqaluit : L’abordabilité s’y est améliorée le plus par rapport à 2023, mais Iqaluit est encore le marché le moins abordable des trois centres. Le ralentissement de la croissance des prix des habitations et la baisse des taux d’intérêt ont réduit les coûts d’achat, tandis que la croissance du revenu a amélioré davantage l’abordabilité.
Ces mesures de l’abordabilité fondées sur les prêts hypothécaires excluent les coûts des services publics dans tous les marchés, car aucune donnée comparable sur les coûts des services publics n’était disponible. Les coûts des services publics sont souvent plus élevés dans le Nord, surtout dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut. Cette situation est en partie attribuable aux réseaux isolés, à la dépendance au diesel pour la production d’électricité et aux climats plus froids qui augmentent les besoins de chauffage.
De nombreuses communautés des territoires se heurtent aussi à un accès limité à l’assurance habitation et à des primes plus élevées, ce qui limite davantage la disponibilité des logements et augmente le risque financier pour les propriétaires-occupants. Par conséquent, ces mesures de l’abordabilité sous-estiment probablement le fardeau global des coûts du logement et les défis plus vastes avec lesquels doivent composer les propriétaires-occupants dans le Nord par rapport au reste du Canada.
Les problèmes d’abordabilité des logements locatifs privés sont restés généralement inchangés depuis 2023 : de nombreux ménages n’ont toujours pas les moyens de louer un logement sur le marché privé
Les logements locatifs du marché privé sont demeurés inabordables pour de nombreux ménages en 2025 (Figure 7) :
- Whitehorse et Yellowknife : Un ménage sur cinq.
- Iqaluit : Près d'un ménage sur deux.
Bien que la proportion de ménages n’ayant pas les moyens de louer un logement sur le marché privé soit demeurée globalement inchangée depuis 2023, les tendances en matière d’abordabilité ont varié selon le type de logement. À Whitehorse et à Yellowknife, les pressions se sont aggravées pour les ménages qui louent des logements de deux chambres, car les loyers ont augmenté plus rapidement que les revenus. À Iqaluit, la croissance du revenu a dépassé celle des loyers pour tous les types de logements. Toutefois, Iqaluit est resté le marché le moins abordable, car les loyers élevés y représentent une plus grande part du revenu.
Le revenu moyen des ménages autochtones est inférieur à celui des ménages non autochtones, ce qui a probablement aggravé les problèmes d’abordabilité. En 2021, une plus grande part des ménages locataires autochtones que non autochtones sur le marché privé consacrait 30 % ou plus de son revenu au logement dans les trois centres.
Les ménages ont abouti dans des logements de taille non convenable en raison de l’offre limitée
La proportion de logements de taille non convenable, c’est-à-dire surpeuplés, était plus élevée à Yellowknife et à Iqaluit que la moyenne nationale, qui était de 5,4 % lors du dernier recensement. À l’inverse, le taux était légèrement inférieur à Whitehorse. Depuis, le surpeuplement dans ces trois centres s’est probablement aggravé plus rapidement qu’à l’échelle nationale, en raison d’un déséquilibre accru entre la croissance des ménages et les achèvements de logements.
Bien que Statistique Canada n’ait pas encore publié les dernières données du recensement, des données locales plus récentes indiquent que le surpeuplement s’est intensifié à Yellowknife. La proportion de ménages ayant un logement de taille non convenable est passée de 6,6 % en 2019 à 8,0 % en 2024.14
Il n’y a pas de données comparables et à jour sur le surpeuplement à Whitehorse. La croissance des ménages a toutefois dépassé celle des achèvements de logements dans une plus grande mesure que de 2016 à 2021, alors que le surpeuplement était déjà en hausse. On peut en déduire qu’un plus grand nombre de ménages ont dû partager un logement ou vivre dans un logement moins convenable, bien que le problème soit probablement moins pire qu’à Yellowknife.
Même si aucune donnée n’était disponible pour Iqaluit, d’autres indicateurs laissent entendre que le surpeuplement est demeuré un grave problème. Le taux d’inoccupation quasi nul sur le marché locatif privé et la pression persistante dans le secteur du logement social ont limité les options de logement. En janvier 2025, près de la moitié des ménages de Nunavut Housing Corporation vivaient dans des logements surpeuplés. Les listes d’attente sont aussi demeurées longues.15
Selon le Recensement de 2021, le surpeuplement était constamment plus répandu chez les ménages autochtones. Les disparités étaient les plus faibles à Whitehorse et les plus grandes à Iqaluit.
Les logements hors marché demeurent un élément essentiel du système de logement
Logements sociaux
Compte tenu de l’offre encore plus limitée, le logement social a continué de soutenir de nombreux ménages dans les trois centres. Selon le Recensement de 2021, la proportion de ménages occupant un logement social dans les trois marchés dépassait le taux national, qui était d’environ un ménage sur neuf :
- Whitehorse et Yellowknife : Plus d’un ménage autochtone sur trois vivait dans un logement subventionné, soit environ le double de la proportion des ménages non autochtones.
- Iqaluit : Environ quatre ménages autochtones sur cinq vivaient dans des logements subventionnés, ce qui est légèrement inférieur à la proportion de ménages non autochtones.
À Yellowknife et à Iqaluit, les seuils de revenu maximal pour les logements sociaux sont restés inférieurs au revenu minimal requis pour louer un logement du marché moyen. Par conséquent, certains ménages peuvent gagner trop pour être admissibles à un logement social tout en ayant un revenu insuffisant pour se payer un logement du marché.
Tableau 2 : Seuils de revenu ($) pour les logements du marché et les logements subventionnés
Légende :
- Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention couvre les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché
- Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention est trop bas pour couvrir tous les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché
| Région |
Type de logement |
Revenu requis pour louer un logement du marché |
Seuil de revenu maximal pour les logements sociaux/subventions |
| Whitehorse |
1 chambre |
52 760 |
Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention couvre les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché 66 500 |
| 2 chambres |
67 000 |
Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention couvre les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché 75 500 |
| 3 ou 4 chambres |
90 520 |
Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention couvre les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché 102 500 |
| Yellowknife |
1 chambre |
68 400 |
Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention est trop bas pour couvrir tous les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché 60 396 |
| 2 chambres |
84 000 |
| 3 ou 4 chambres |
97 000 |
Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention est trop bas pour couvrir tous les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché 70 104 |
| Iqaluit |
1 chambre |
107 000 |
Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention est trop bas pour couvrir tous les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché 132 000 |
| 2 chambres |
121 000 |
| 3 chambres |
142 000 |
Sources : SCHL, gouvernement du Yukon, NWT Housing Corporation, Nunavut Housing Corporation
Remarque : La colonne « Revenu requis pour louer un logement du marché privé » utilise les loyers du marché évalués en 2025 et calcule le revenu minimal requis pour que les frais de logement correspondent à 30 % ou moins du revenu du ménage. Le vert (cercle vide) indique que les seuils de revenu pour les logements hors marché dépassent le revenu minimal requis pour louer un logement au taux moyen du marché, tandis que le rouge (cercle plein) indique que les seuils sont inférieurs à au moins un niveau d’abordabilité du marché.
Bien que la part de logements subventionnés dans l’ensemble des centres ait dépassé la part nationale de 4 %, la disponibilité limitée a entraîné des difficultés pour de nombreux ménages :
- À Whitehorse, les logements sociaux représentaient environ le quart du marché locatif (786 logements). Le taux d’inoccupation est demeuré pratiquement nul en 2024, tandis que plus de 200 ménages étaient sur la liste d’attente pour un logement ayant un loyer proportionné au revenu. L’évaluation des besoins en matière de logement à Whitehorse en 2026 (en anglais seulement) indique un besoin important de logements sociaux supplémentaires au cours des cinq prochaines années.
- Les logements sociaux représentaient environ 12 % du parc locatif de Yellowknife (313 logements). L’évaluation des besoins en matière de logement dans les territoires en 2026 (en anglais seulement) a révélé que les listes d’attente pour les logements publics dépassaient 300 ménages à Yellowknife, ce qui indique que le taux d’inoccupation est resté près de zéro.
- À Iqaluit, les logements publics administrés par la Nunavut Housing Corporation représentaient environ le cinquième du parc locatif total. Certains de ces logements n’étaient pas habitables sans réparations importantes. En février 2025, il y avait 36 logements publics vacants, tandis que les listes d’attente dépassaient 400 ménages.
Logements pour le personnel du gouvernement et autres logements fournis par l’employeur
Les autres formes courantes de logements hors marché dans les territoires comprennent les logements pour le personnel du gouvernement et d’autres logements fournis par l’employeur. Ces formes de logement sont souvent liées à l’emploi, ce qui réduit la demande sur le marché locatif privé. Elles favorisent aussi la stabilité du logement dans le Nord, où les coûts du logement sont élevés et l’offre est limitée.
À Iqaluit, ces segments de logements représentaient environ les deux tiers du parc locatif. Des données comparables n’étaient pas disponibles pour Whitehorse et Yellowknife.