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Rapport sur le logement dans le Nord

Analyse des conditions de logement à Whitehorse, Yellowknife et Iqaluit, notamment des tendances en matière de demande, d'offre et d'abordabilité, et du rôle du logement hors marché.

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Aperçu

  • Les conditions économiques ont varié dans les territoires, ce qui reflète les effets inégaux des chocs du secteur minier qui ont commencé en 2024. La croissance du produit intérieur brut (PIB) est restée faible au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest, tandis que les conditions économiques du Nunavut étaient vigoureuses après une croissance exceptionnellement forte en 2024. Les dépenses publiques ont continué de soutenir l’activité économique et la demande de logements partout dans le Nord.
  • Dans l’ensemble, la demande de logements a diminué en 2025, car la croissance démographique a ralenti après avoir fortement augmenté en 2024. En 2025, le Yukon a connu le plus important ralentissement vu la baisse du nombre de résidents non permanents. Au Nunavut1, le taux de natalité élevé a masqué la diminution de la population en âge de travailler dans un contexte de forte dépendance aux travailleurs temporaires.
  • Les problèmes d’abordabilité sur le marché de la propriété et le marché locatif privé se sont atténués depuis 2023 dans les trois centres. Toutefois, le logement était encore beaucoup moins abordable en 2025 qu’en 2021.2 L’offre extrêmement limitée a aussi continué de limiter les options de logement du marché et hors marché.
  • L’offre est demeurée une grande contrainte, car l’investissement dans la construction résidentielle est resté inférieur aux niveaux de 2021. Les pressions étaient les plus fortes à Iqaluit et les moins fortes à Whitehorse. Les mises en chantier par habitant sont demeurées inférieures à celles du reste du Canada. Cet écart s’explique par les coûts de construction élevés, les terrains viabilisés limités et les problèmes logistiques et de main-d’œuvre.
  • La baisse des taux d’intérêt a généralement soutenu la demande sur le marché de la propriété partout au Canada. Toutefois, les tendances des ventes dans le Nord ont fini par être façonnées par les contraintes locales liées à la population en âge de travailler et à l’offre. Les ventes ont rebondi à Whitehorse et à Yellowknife en 2025 grâce à l’embauche au sein du secteur public des capitales. En revanche, les ventes ont diminué à Iqaluit en raison de la baisse du nombre de résidents en âge de travailler.
  • Malgré l’affaiblissement de la demande, les marchés locatifs sont restés exceptionnellement tendus dans les trois capitales des territoires en raison de la pénurie de logements persistante. Les tendances récentes ont varié : les taux d’inoccupation ont augmenté à Whitehorse, tandis qu’ils ont baissé à Yellowknife et à Iqaluit.

Pleins feux sur la recherche

Cette section donne un aperçu des nouvelles recherches commandées par la SCHL qui présentent des exemples d’innovations en matière de logement dirigées par des Autochtones et réalisées en partenariat avec des Autochtones, y compris des projets dans le Nord canadien.

  • L’approche la plus prometteuse est la conception communautaire et la construction de logements adaptés aux besoins particuliers des communautés des Premières Nations, des Métis et des Inuits. Ces besoins sont influencés par l’expertise communautaire, les pratiques culturelles, l’emplacement géographique et le climat.
  • Le Nord présente des défis uniques et des occasions d’innovation. Il faut notamment miser sur une conception mieux adaptée aux régions et des solutions de logement écoénergétiques qui correspondent aux conditions du Nord et de l’Arctique.
  • La conception écoénergétique et adaptée au climat est une caractéristique clé de plusieurs projets dans le Nord. Par exemple, l’établissement de soins de longue durée pour personnes âgées de Kivalliq à Rankin Inlet (au Nunavut) intègre l’orientation du bâtiment, des stratégies de rendement thermique, l’éclairage naturel naturel et des systèmes de chauffage passifs et mécaniques. Ces caractéristiques visent à améliorer le rendement du bâtiment et le confort thermique dans les conditions de l’Arctique.
  • La surveillance du rendement des bâtiments aide à améliorer la durabilité à long terme des logements dans les collectivités du Nord. Au Nunavut, des ensembles de logements ont été utilisés pour évaluer le rendement des enveloppes du bâtiment dans les conditions de l’Arctique, y compris la gestion de l’humidité et le rendement des systèmes de toiture. Ces constatations aident à éclairer les stratégies futures de conception des logements et de réparation des toitures.
  • Les avantages de la conception et de la construction de logements dirigées par des Autochtones vont au-delà de l’offre de logements. Ces projets peuvent favoriser le développement économique et le renforcement des capacités à l’échelle locale, tout en respectant et en intégrant les droits issus de traités et les valeurs culturelles et spirituelles.

Pour plus de détails, veuillez consulter la Recherche en action. Une analyse plus détaillée est présentée dans le rapport complet rédigé par David T. Fortin, un architecte métis de Red River.

Vous voulez connaître le point de vue d’un expert à propos du Rapport sur le logement dans le Nord?

Joignez-vous à Aled ab Iorwerth, économiste en chef adjoint à la SCHL, dans notre balado Sous notre toit. Nous analyserons l’offre de logements, l’abordabilité et le rôle du logement hors marché dans les collectivités nordiques.

Écoutez le balado

Annexe : Méthode d’analyse des coûts

Les estimations des coûts de construction dans le présent rapport couvrent les centres nordiques de Yellowknife et de Whitehorse, ainsi qu’un emplacement de comparaison au sud, soit Calgary. Nous produisons des estimations trimestrielles pour la période allant du premier trimestre de 2021 au quatrième trimestre de 2025. Elles sont présentées sous forme de coûts de construction résidentielle de base totaux par pied carré.

Les coûts de base comprennent généralement la main-d’œuvre, les matériaux, l’équipement et les travaux de sous-traitance nécessaires à la construction physique de la structure résidentielle et aux améliorations connexes du site. Les estimations excluent les coûts accessoires, comme les services professionnels, les approbations, les droits d’aménagement, le financement et les autres dépenses non liées à la construction.

Nos estimations sont fondées sur deux archétypes de bâtiments tirés du Catalogue de conception de logements de la SCHL : Maison en rangée – Raccordée aux services municipaux et Quadruplex – Raccordé aux services municipaux. L’archétype Maison en rangée – Raccordée aux services municipaux est composé de 3 maisons en rangée côte à côte comptant chacune 2 logements (6 logements au total), tandis que l’archétype Quadruplex – Raccordé aux services municipaux représente un immeuble résidentiel de 4 logements.

La désignation « Raccordé aux services municipaux » désigne les logements raccordés aux systèmes municipaux d’aqueduc et de traitement des eaux usées. Ce modèle diffère des modèles « Non raccordés aux services municipaux », qui reposent sur des systèmes de viabilisation non raccordés aux services municipaux et dont les coûts de construction sont généralement beaucoup plus élevés dans les marchés du Nord. Par conséquent, les estimations présentées dans le présent rapport sous-estiment probablement les coûts de construction moyens dans les régions où les logements non raccordés aux services municipaux sont plus courants.

Selon les Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement d’Environnement et Changement climatique Canada, 73 % de la population du Yukon était desservie par des systèmes municipaux de traitement des eaux usées en 2023, un taux inférieur à celui de la plupart des provinces, y compris l’Alberta (89 %). Il n’existe pas de données comparables pour les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut.

Sources des coûts de construction

Nos estimations intègrent 3 indices des coûts de construction. Ces indices ne couvrent pas Iqaluit.

Marshall & Swift Construction Cost Index et Location Index 

  • Largement utilisé dans les évaluations et les demandes d’assurance en Amérique du Nord, cet indice mesure la variation des coûts des intrants de construction, y compris les matériaux, la main-d’œuvre et l’équipement pour tous les types de bâtiments.

RSMeans Historical Cost Index

  • Dérivé des données sur les coûts de construction de RSMeans, cet indice suit l’évolution historique des coûts de construction agrégés au fil du temps.

Indice des prix de la construction de bâtiments (IPCB) de Statistique Canada

  • Cet indice suit l’évolution des prix demandés par les entrepreneurs dans les grandes régions métropolitaines et reflète les variations réelles du marché dans les coûts de construction au Canada.

Les trois sources de données sont publiées chaque trimestre, ce qui permet de tenir compte des fluctuations des coûts de construction à moyen terme, de la volatilité du marché et des variations saisonnières. Une méthodologie de la moyenne pondérée est appliquée à l’aide de trois principales composantes des coûts :

  • Matériaux (40 %)
  • Main-d’œuvre (40 %)
  • Logistique et primes pour régions éloignées (20 %)

Ces pondérations reflètent la contribution relative de chaque composante aux coûts de construction totaux en fonction des pratiques du secteur et des conditions des projets dans le Nord.

Indice d’emplacement

Les facteurs liés à l’emplacement appliqués dans cette analyse sont fondés sur un rapport d’un consultant externe et ont été validés par rapport aux données de Marshall & Swift. L’examen indique que les coûts de construction à Whitehorse représentent environ 86 à 90 % de ceux à Yellowknife. Nous avons appliqué des indices d’emplacements fixes reflétant ces coûts relatifs pour toutes les périodes, Yellowknife ayant été attribué 100 et Whitehorse 85. L’utilisation de facteurs constants améliore la comparabilité d’un trimestre à l’autre tout en reflétant les écarts de coûts régionaux.

Yellowknife, au premier trimestre de 2025, sert de point de référence, les indices de temps et d’emplacement étant fixés à 100. Les coûts de construction à Whitehorse ont été rajustés par rapport à cette référence à l’aide du facteur d’emplacement et des indices de coûts temporels.

Conformément à la méthode des coûts de construction du Catalogue de conception de logements de la SCHL, nous présentons les estimations des coûts sous forme de fourchette avec un écart d’environ 20 % entre la limite inférieure et la limite supérieure.

Nous avons inclus Calgary comme région de comparaison au sud pour les grands centres urbains du Nord. Bien que les archétypes de l’Alberta (utilisés pour les estimations des coûts de Calgary) sélectionnés pour cette analyse soient ceux qui ressemblent le plus aux modèles territoriaux, il y a quand même des différences dans la conception et les spécifications. Par conséquent, les comparaisons de coûts entre Calgary et les centres du Nord doivent être interprétées avec prudence. Veuillez consulter le Catalogue de conception de logements : Conceptions pour les détails des spécifications.

Nous avons choisi l’Alberta comme région de comparaison du sud en raison de sa proximité avec les territoires. Les renseignements sur le marché indiquent aussi qu’il s’agit d’une source importante de main-d’œuvre et de matériaux pour les territoires en provenance des provinces. Parmi les deux principaux marchés de l’Alberta, nous avons choisi Calgary comme marché de référence plutôt qu’Edmonton. Le volume plus élevé d’activités de construction à Calgary améliore la fiabilité des estimations des coûts. Dans les prochains numéros du Rapport sur le logement dans le Nord, nous prévoyons d’accroître le nombre de centres de comparaison dans le sud.

Avis de non-responsabilité

Nous avons préparé ce rapport en fonction des sources de données disponibles, y compris les renseignements des consultants externes, le jugement professionnel et les indices de coûts du secteur (Marshall & Swift, RSMeans et l’IPCB de Statistique Canada). Bien que des efforts raisonnables aient été déployés pour assurer l’exactitude et l’uniformité de l’analyse, les résultats ne sont fournis qu’à des fins indicatives et comparatives.

Nous excluons Iqaluit de cette analyse en raison de la faible confiance dans les estimations des coûts, car les indices des coûts de construction comparables ne couvrent pas ce marché. Nous visons à combler cette lacune dans les données et à inclure Iqaluit dans les prochains numéros du Rapport sur le logement dans le Nord.

Les hypothèses, les limites et les avis de non-responsabilité décrits dans l’Estimation sommaire des coûts de construction du Catalogue de conception de logements s’appliquent aussi à ces estimations.

Tableau 3 : Fourchette de coûts pour la Maison en rangée - Raccordée aux services municipaux ($) par pied carré
Trimestre Yellowknife Whitehorse Calgary
Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure
T1 2021 348 435 296 370 280 349
T2 2021 358 447 304 380 277 346
T3 2021 384 479 326 407 274 343
T4 2021 368 460 313 391 273 341
T1 2022 382 477 325 405 272 340
T2 2022 403 504 343 428 274 342
T3 2022 411 513 349 436 272 340
T4 2022 413 516 351 438 271 339
T1 2023 415 519 353 441 270 337
T2 2023 404 505 344 430 268 335
T3 2023 406 507 345 431 267 334
T4 2023 408 509 347 433 274 343
T1 2024 411 513 349 436 273 341
T2 2024 412 515 350 437 272 339
T3 2024 414 517 352 440 266 333
T4 2024 411 514 350 437 252 315
T1 2025 413 516 351 439 243 304
T2 2025 415 519 353 441 254 317
T3 2025 420 524 357 446 236 295
T4 2025 423 529 360 449 230 287
Tableau 4 : Fourchette de coûts pour le Quadruplex - Raccordé aux services municipaux ($) par pied carré
Trimestre Yellowknife Whitehorse Calgary
Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure
T1 2021 467 583 397 496 285 355
T2 2021 480 599 408 509 282 353
T3 2021 515 643 437 546 279 349
T4 2021 494 617 420 524 278 347
T1 2022 512 640 435 544 277 346
T2 2022 541 675 460 574 279 348
T3 2022 551 688 468 585 277 346
T4 2022 554 692 471 588 276 345
T1 2023 557 696 473 591 274 343
T2 2023 543 678 461 576 273 341
T3 2023 544 680 462 578 272 340
T4 2023 547 683 465 581 280 349
T1 2024 551 688 468 585 278 347
T2 2024 552 690 470 587 277 345
T3 2024 555 694 472 590 271 339
T4 2024 552 689 469 586 257 321
T1 2025 554 692 471 588 248 309
T2 2025 557 696 473 591 258 322
T3 2025 563 703 478 598 241 301
T4 2025 568 709 482 603 234 292

Remarque : Les conceptions et les spécifications précises des archétypes en Alberta diffèrent de celles des territoires. Les archétypes de l’Alberta ont été choisis en fonction de leur similarité avec les archétypes du Nord.

Contexte économique et démographique

Les chocs miniers de 2024 ont continué de façonner la croissance du produit intérieur brut (PIB), tandis que l’activité dans le secteur public a aidé à atténuer les répercussions économiques

Le PIB réel du Yukon a légèrement augmenté (0,6 %) en 2025 après avoir fortement baissé en 2024 (Figure 1). La croissance des secteurs des services et des biens non miniers a partiellement contrebalancé les baisses continues liées à l’exploitation minière. La hausse des dépenses territoriales (en anglais seulement) a stimulé la croissance du secteur public et l’activité du secteur privé.

Malgré tout, l’exploitation minière a continué de peser lourd sur l’économie après la rupture d’une installation de lixiviation (en anglais seulement) en juin 2024 et la fermeture de la mine d’or Eagle qui a suivi. Cette mine représentait environ 10 % du PIB du Yukon en 2023. Les secteurs liés à l’exploitation minière étaient toujours en perte de vitesse en 2025, la première année complète du territoire sans la contribution de la mine.

Le PIB réel des Territoires du Nord-Ouest a diminué de 2 % de plus en 2025. Il s’agit du taux le plus bas au Canada, car la faiblesse du secteur minier a continué de se propager dans toute l’économie. L’administration publique et les soins de santé ont partiellement contrebalancé le ralentissement grâce au grand secteur public du territoire.

Avant le ralentissement, l’exploitation minière représentait environ le cinquième du PIB des territoires. La faiblesse du secteur des diamants s’est intensifiée après que les prix se sont effondrés en 2024 et que les mines vieillissantes se sont rapprochées de leur fermeture. Les pressions financières au sein du secteur des diamants se sont accrues. Le propriétaire de la mine de diamants Ekati a demandé la protection des créanciers, tandis que plusieurs grandes mines devront fermer leurs portes au cours des prochaines années.

Le PIB réel du Nunavut est demeuré considérable en 2025, après avoir connu sa croissance la plus rapide en cinq ans en 2024. Les prix élevés de l’or, la production accrue des mines existantes (notamment celles d’Agnico Eagle) et les grands projets d’immobilisations, y compris les programmes de prolongation de la durée de vie des mines et d’exploration, ont soutenu la croissance en 2024.

L’exploitation minière s’est contractée en 2025, car Baffinland Iron Mines a réduit d’environ un tiers sa production à la mine de Mary River en raison de la baisse des prix du minerai de fer. L’activité dans le secteur public et la construction résidentielle ont contribué à soutenir l’économie dans son ensemble. 

Figure 1 : L’exploitation minière est le secteur qui a le plus influencé le PIB dans les économies des territoires
Contributions à la croissance globale du PIB (points de pourcentage), territoires et Canada, 2024 à 2025

Source : Statistique Canada (Tableau 36-10-0711-01 et Tableau 36-10-0434-03)

Remarque : Les colonnes montrent la contribution en points de pourcentage à la croissance globale du PIB. Le PIB de 2025 reflète les estimations préliminaires du printemps de Statistique Canada.

Contributions à la croissance globale du PIB (points de pourcentage), territoires et Canada, 2024 à 2025
Contribution Yukon Territoires du Nord-Ouest Nunavut Canada
2024 2025 2024 2025 2024 2025 2024 2025
Extraction minière, exploitation en carrière, et extraction de pétrole et de gaz -3,2 -1,2 -2,4 -1,4 3,8 -2,1 0,2 0,2
Autres secteurs 0,7 1,8 1,7 -0,6 3,4 2,2 1,8 1,4
Croissance totale du PIB -2,5 0,6 -0,7 -2,0 7,1 0,1 2,0 1,6

L’exposition du Nunavut aux tarifs douaniers correspond à celle du pays, tandis que le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest demeurent moins vulnérables

Parmi les provinces et territoires, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest sont les moins exposés aux tarifs douaniers américains. Au Nunavut, les effets devraient suivre les tendances nationales. Ce territoire est plus vulnérable puisque l’économie y est moins diversifiée qu’au Yukon et que dans les Territoires du Nord-Ouest.

Comme l’indique notre rapport Perspectives du marché de l’habitation de l’été 2026, les tarifs devraient peser sur les investissements et les exportations tout au long de 2026. La reprise devrait commencer en 2027, à mesure que la diversification du commerce progressera à l’échelle nationale. Toutefois, la faible diversité des exportations du Nunavut pourrait ralentir sa reprise.

La main-d’œuvre temporaire joue un rôle plus important dans les territoires qu’ailleurs au Canada, et elle a connu la croissance la plus rapide au Nunavut

Par rapport au reste du pays, une plus grande proportion de travailleurs des territoires vivait ailleurs au Canada tout en touchant un revenu dans les territoires, ce qui reflète la forte dépendance de la région à la main-d’œuvre temporaire :

  • Yukon : 14 %3
  • Territoires du Nord-Ouest : 21 %
  • Nunavut : 37 %
  • Provinces : 3 %

Ces proportions ont récemment augmenté dans l’ensemble des territoires, surtout au Nunavut, tout en demeurant stables dans les provinces. Bien que la dépendance à la main-d’œuvre temporaire puisse exercer des pressions à la hausse sur la demande de logements, elle peut aussi refléter un manque de logements disponibles. Le nombre limité d’options de logement peut compliquer l’installation permanente des travailleurs dans les territoires.

L’évolution de la taille de l’effectif et de l’emploi a façonné les taux de chômage

Les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut comptent particulièrement sur les travailleurs temporaires qui y entrent et en sortent. Par conséquent, leur population active a parfois diminué.4 Cette tendance n’a pas été observée ailleurs au Canada au cours des dernières années. Par conséquent, les tendances divergentes des taux de chômage ont été alimentées non seulement par les changements dans l’emploi, mais aussi par les changements dans la taille de la population active :

  • Yukon : Le taux de chômage (4,2 %) est demeuré pratiquement inchangé en 2025, après avoir augmenté en 2024 par rapport à un creux historique.5 Au cours de cette période, la croissance de la population active, alimentée par la migration et les résidents non permanents, a dépassé les gains d’emplois. La faiblesse de l’emploi s’est concentrée dans les secteurs de la production de biens, en particulier l’exploitation minière et la construction, mais les gains du secteur public ont contrebalancé certaines de ces pertes.6
  • Territoires du Nord-Ouest : Le taux de chômage est descendu à 5 % malgré la faiblesse économique. Bien que le nombre d’emplois soit demeuré inférieur à la moyenne sur 5 ans, la contraction de la population active a fait baisser le chômage. Le ralentissement de la croissance de l’emploi a reflété les pertes d’emplois liées au secteur minier à l’extérieur de Yellowknife. Dans la capitale, le nombre d’emplois a continué d’augmenter.
  • Nunavut : Le taux de chômage est monté à 10,6 %, malgré une conjoncture économique relativement solide. Cette situation s’explique en partie par un rebond de la population active après une baisse temporaire en 2024. L’exploitation minière a stimulé la création d’emplois, mais l’embauche dans le secteur public a stagné. Par conséquent, la croissance globale de l’emploi a été inférieure à la croissance de la population active.

Le taux de chômage des Autochtones était plus élevé que celui des non-Autochtones ans les trois territoires, mais les écarts sont demeurés inférieurs aux moyennes sur 5 ans. Au cours de la dernière année, l’écart n’a diminué que dans les Territoires du Nord-Ouest.

Les travailleurs autochtones continuent de gagner de 12 à 20 % de moins que les travailleurs non autochtones dans les territoires. L’écart était le plus faible au Yukon et le plus grand au Nunavut.7 Ces écarts salariaux ont rétréci au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest au cours des dernières années, mais se sont quelque peu élargis au Nunavut.

La croissance démographique a ralenti dans le Nord, à divers degrés

La croissance démographique dans les trois centres a ralenti en 2025, après une forte hausse en 2024. Cette année-là, Whitehorse et Yellowknife ont atteint des sommets records, tandis que le Nunavut8 s’est remis d’un ralentissement marqué (Figure 2).

Figure 2 : Différents facteurs démographiques ont façonné la croissance démographique dans les territoires
Composantes de la croissance démographique (par 1 000 habitants) à Whitehorse, à Yellowknife et au Nunavut

Source : Statistique Canada (Tableau 17-10-0008-01)

Remarque : Les variations démographiques sont exprimées par 1 000 habitants. Nous utilisons le Nunavut comme indicateur pour Iqaluit. La croissance démographique reflète les estimations démographiques au 1er juillet de chaque année.

Composantes de la croissance démographique (par 1 000 habitants) à Whitehorse, à Yellowknife et au Nunavut
Composante Whitehorse Yellowknife Nunavut
Moy. sur 5 ans 2024 2025 Moy. sur 5 ans 2024 2025 Moy. sur 5 ans 2024 2025
International 14,98 20,01 19,43 10,2 11,5 15,07 1,04 1,36 1,74
Interprov. 7,2 16,09 -4,22 -5,78 -1,76 1,26 -5,41 -3,89 -5,63
Intraprov. 2,29 2,96 2,22 4,59 3,32 0,92 S.O. S.O. S.O.
Naturel 2,97 2,78 2,85 6,48 6,34 5,54 14,47 11,95 11,83
Rés. non perm. 4,71 11,75 -1,06 4,01 11,21 5,58 0,95 2,36 2,08
Net+ 32,16 53,58 19,22 19,5 30,6 28,37 11,05 11,78 10,02

Le ralentissement de la croissance démographique en 2025 a probablement atténué la demande de logements, mais moins qu’à l’échelle du pays. La croissance dans les trois centres du Nord a continué de dépasser le taux national. Malgré cette vigueur relative, les changements apportés à l’immigration par le gouvernement fédéral en 2025 ont ralenti la croissance. Les répercussions ont varié d’un territoire à l’autre. L’incidence de cette politique sur la croissance globale dépendait de la proportion de résidents non permanents et de la force relative d’autres facteurs, comme la migration interprovinciale et la croissance naturelle.

  • Whitehorse : La part de résidents non permanents a chuté de près d’un point de pourcentage, pour s’établir à environ 4 %, la plus forte baisse parmi les territoires. Comme le Yukon compte une grande population étudiante, c’est ce territoire qui a été le plus touché par le resserrement de la politique fédérale sur les étudiants étrangers. À ce facteur s’est ajoutée la baisse du nombre de détenteurs de permis de travail.  Le Yukon a aussi connu une émigration nette vers les provinces, car la concurrence sur le marché du travail s’est intensifiée.
  • Yellowknife : Malgré le ralentissement de la croissance, la proportion de résidents non permanents est demeurée relativement stable, à près de 2 %. La migration interprovinciale s’est stabilisée près d’un solde migratoire nul après des années de sorties, grâce à la croissance continue de l’emploi dans la capitale.
  • Nunavut : La part de résidents non permanents est demeurée inférieure à 1 %. La croissance démographique a continué d’être alimentée par l’augmentation naturelle (les naissances moins les décès), soutenue par le taux de fécondité le plus élevé au Canada. Malgré tout, le Nunavut a continué de perdre des résidents en âge de travailler au profit d’autres régions du Canada en raison de graves problèmes d’abordabilité et de logement.9

Offre de logements

La reprise de l’investissement résidentiel demeure inégale

En 2025, l’investissement réel dans la construction résidentielle des territoires est demeuré inférieur aux niveaux de 2021 (Figure 3). La baisse y était plus importante que celle observée à l’échelle nationale. Dans l’ensemble du Nord, les tendances ont divergé en raison des différents moments auxquels les projets de logements publics et subventionnés ont été lancés. Le secteur privé a continué de composer avec des coûts de construction élevés, une disponibilité limitée des terrains et des conditions économiques et démographiques inégales.

Figure 3 : La reprise inégale laisse l’investissement réel dans la construction résidentielle inférieur aux niveaux de 2021
Croissance de l’investissement dans la construction résidentielle (indice : 2021=100)

Source : Statistique Canada. Tableau 36-10-0677-01. Comprend la construction de logements privés et sociaux.

Croissance de l’investissement dans la construction résidentielle (indice : 2021=100)
Indice 2021 2022 2023 2024 2025
Canada 100 95 87 86 88
Yukon 100 81 83 88 89
Territoires du Nord-Ouest 100 95 75 75 89
Nunavut 100 59 44 87 63

À Whitehorse et à Yellowknife, les mises en chantier d’habitations privées en 2025 ont été soutenues par des mesures stratégiques. Par exemple la simplification de la délivrance des permis (en anglais seulement) à Whitehorse a aidé à rattraper le retard dans les aménagements. De plus, les initiatives de changement de zonage en vue d’accroître la densification à Whitehorse (en anglais seulement) et à Yellowknife (en anglais seulement) ont servi à promouvoir l’aménagement intercalaire.

La conjoncture économique a aussi soutenu les mises en chantier, car la croissance démographique record des deux dernières années, combinée à l’amélioration des conditions d’emprunt, a stimulé la demande.

Ensemble, ces facteurs stratégiques et économiques ont probablement renforcé la confiance des constructeurs à l’égard de l’écoulement des logements neufs.

L’offre sur le marché privé devrait augmenter en 2026 dans les trois capitales territoriales. En effet, beaucoup de logements sont en construction à Whitehorse et à Iqaluit, et de nombreux permis ont été délivrés dans les trois centres en 2025. À mesure que ces ensembles résidentiels seront achevés, l’offre de logements du marché devrait augmenter.

Toutefois, la hausse de l’activité sur le marché privé en 2026 ne devrait pas réduire considérablement l’écart du nombre de mises en chantier par habitant entre les territoires et le reste du Canada.

L’investissement dans la construction de logements sociaux a continué de jouer un grand rôle dans les territoires

L’investissement hors marché représente une part importante de la construction résidentielle dans les territoires, surtout au Nunavut. Cette approche contribue à stimuler l’offre globale de logements neufs. En 2025, le logement social représentait environ 6 % de l’investissement dans la construction résidentielle au Canada. En comparaison, la proportion était de 35 % au Yukon, de 36 % dans les Territoires du Nord-Ouest et de 93 % au Nunavut.

Ce sont les Territoires du Nord-Ouest qui ont pris le plus grand virage vers l’activité privée en 2025. En effet, sa part hors marché de l’investissement total dans la construction résidentielle a fortement diminué, puisqu’elle était de 94 % en 2024. Le Nunavut, quant à lui, est demeuré largement axé sur le logement social. La récente volatilité dans les territoires reflète davantage le calendrier de construction des ensembles résidentiels publics et subventionnés que le renforcement du marché privé.

Les coûts de construction élevés, la faible disponibilité des terrains et d’autres défis continuent de nuire à l’offre dans le Nord

Du premier trimestre de 2021 au quatrième trimestre de 2025, les coûts de construction de base10 par pied carré ont suivi des tendances semblables à Yellowknife, à Whitehorse et à Calgary, la ville de comparaison du sud. Cependant, les coûts de construction étaient constamment plus élevés dans le Nord. Depuis 2021, les coûts de construction à Yellowknife et à Whitehorse sont environ 1,5 et 1,3 fois plus élevés qu’à Calgary, respectivement.

Au cours de la même période, le nombre de mises en chantier par habitant est demeuré plus faible qu’à Calgary dans les deux centres du Nord (Figure 4). On peut en déduire que les coûts de construction plus élevés dans ces centres territoriaux sont un facteur important qui limite l’offre de logements par rapport au sud du Canada.

Figure 4 : Le nombre de mises en chantier par habitant demeure plus faible dans le Nord en raison des coûts de construction plus élevés
Coûts de construction par pied carré et mises en chantier d’habitations par 10 000 habitants, par ville et par année

Source : SCHL, Statistique Canada, RSMeans, Marshall & Swift

Remarque : Les niveaux des coûts de construction sont fondés sur le coût moyen par pied carré du type de bâtiment Maison en rangée – Raccordée aux services municipaux tiré du Catalogue de conception de logements. Les niveaux des coûts de construction affichés à la Figure 4 reflètent le point médian des fourchettes.

Coûts de construction par pied carré et mises en chantier d’habitations par 10 000 habitants, par ville et par année
Métrique Whitehorse Yellowknife Calgary
2021 2022 2023 2024 2025 2021 2022 2023 2024 2025 2021 2022 2023 2024 2025
Mises en chantier par 10 000 habitants 122,1044 90,30756 74,1104 43,01574 75,7882 42,00146 25,71622 8,474198 46,2203 33,99647 97,49767 108,9989 116,5186 136,6235 150,7833
Coût de construction (par pi2) ($) 348,375 384,375 390,5 393,875 399,5 409,875 452,375 459,125 463,375 469,875 270,75 298,875 303,5 306,25 310,375

Nous ne publions pas d’estimations des coûts de construction pour Iqaluit, car plusieurs sources de données sous-jacentes ne couvrent pas ce centre. Nous travaillons à combler cette lacune dans les données afin d’inclure les estimations pour Iqaluit dans les prochains numéros du Rapport sur le logement dans le Nord.11

Comme l’indique l’Estimation sommaire des coûts de construction du Catalogue de conception de logements, les coûts de construction plus élevés dans les territoires reflètent les défis uniques de la construction dans le Nord. Par exemple, les conditions météorologiques difficiles entraînent des problèmes logistiques vu la courte saison de construction dans le Nord :

  • La période de livraison limitée des matériaux pourrait ne pas concorder avec le calendrier de construction, ce qui entraîne des exigences supplémentaires en matière d’organisation et d’entreposage.
  • De courtes saisons de construction peuvent aussi nécessiter des horaires accélérés et des heures supplémentaires à payer.
  • Le recours à des systèmes de transport spécialisés dans le Nord pour acheminer les matériaux et la main-d’œuvre, y compris les routes de glace en hiver, le transport aérien et les barges maritimes. Ces options peuvent être coûteuses et ne sont offertes que pendant certaines saisons.

La population et la main-d'œuvre restreintes du Nord exercent aussi des pressions indirectes sur les coûts :

  • La disponibilité limitée des métiers à l’échelle locale fait augmenter les primes aux travailleurs et la dépendance à la main-d’œuvre qualifiée temporaire. Les coûts augmentent donc compte tenu des besoins en matière de transport et d’hébergement, ainsi que des primes salariales pour attirer des travailleurs de l’extérieur de la région.
  • L’effritement des chaînes d’approvisionnement réduit l’accès aux matériaux de construction.

Au-delà des coûts de construction, les terrains aménagés et viabilisés limités restreignent aussi l’offre de logements à Whitehorse, à Yellowknife (en anglais seulement) et à Iqaluit, selon les récents plans de logement locaux et fédéraux.

  • Les conditions du terrain et du climat, en particulier le pergélisol, créent des défis pour l’aménagement du terrain dans les territoires. Les ensembles résidentiels nécessitent souvent une conception spécialisée des fondations (en anglais seulement) et, dans certains cas, de l’équipement d’excavation convenable pour le sol gelé.
  • Ces conditions rendent aussi les infrastructures essentielles plus difficiles et plus coûteuses à fournir, y compris les systèmes d’aqueduc et de traitement des eaux usées. Par conséquent, la disponibilité de terrains utilisables peut être retardée et l’aménagement de logements (en anglais seulement) peut être ralenti.

Ces facteurs font augmenter le montant des fonds de prévoyance des projets. Ils contribuent aussi à rendre les fourchettes de coûts de construction plus larges à Yellowknife et à Whitehorse qu’à Calgary.

Annexe : Méthode d’analyse des coûts

Les estimations des coûts de construction dans le présent rapport couvrent les centres nordiques de Yellowknife et de Whitehorse, ainsi qu’un emplacement de comparaison au sud, soit Calgary. Nous produisons des estimations trimestrielles pour la période allant du premier trimestre de 2021 au quatrième trimestre de 2025. Elles sont présentées sous forme de coûts de construction résidentielle de base totaux par pied carré.

Les coûts de base comprennent généralement la main-d’œuvre, les matériaux, l’équipement et les travaux de sous-traitance nécessaires à la construction physique de la structure résidentielle et aux améliorations connexes du site. Les estimations excluent les coûts accessoires, comme les services professionnels, les approbations, les droits d’aménagement, le financement et les autres dépenses non liées à la construction.

Nos estimations sont fondées sur deux archétypes de bâtiments tirés du Catalogue de conception de logements de la SCHL : Maison en rangée – Raccordée aux services municipaux et Quadruplex – Raccordé aux services municipaux. L’archétype Maison en rangée – Raccordée aux services municipaux est composé de 3 maisons en rangée côte à côte comptant chacune 2 logements (6 logements au total), tandis que l’archétype Quadruplex – Raccordé aux services municipaux représente un immeuble résidentiel de 4 logements.

La désignation « Raccordé aux services municipaux » désigne les logements raccordés aux systèmes municipaux d’aqueduc et de traitement des eaux usées. Ce modèle diffère des modèles « Non raccordés aux services municipaux », qui reposent sur des systèmes de viabilisation non raccordés aux services municipaux et dont les coûts de construction sont généralement beaucoup plus élevés dans les marchés du Nord. Par conséquent, les estimations présentées dans le présent rapport sous-estiment probablement les coûts de construction moyens dans les régions où les logements non raccordés aux services municipaux sont plus courants.

Selon les Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement d’Environnement et Changement climatique Canada, 73 % de la population du Yukon était desservie par des systèmes municipaux de traitement des eaux usées en 2023, un taux inférieur à celui de la plupart des provinces, y compris l’Alberta (89 %). Il n’existe pas de données comparables pour les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut.

Sources des coûts de construction

Nos estimations intègrent 3 indices des coûts de construction. Ces indices ne couvrent pas Iqaluit.

Marshall & Swift Construction Cost Index et Location Index 

  • Largement utilisé dans les évaluations et les demandes d’assurance en Amérique du Nord, cet indice mesure la variation des coûts des intrants de construction, y compris les matériaux, la main-d’œuvre et l’équipement pour tous les types de bâtiments.

RSMeans Historical Cost Index

  • Dérivé des données sur les coûts de construction de RSMeans, cet indice suit l’évolution historique des coûts de construction agrégés au fil du temps.

Indice des prix de la construction de bâtiments (IPCB) de Statistique Canada

  • Cet indice suit l’évolution des prix demandés par les entrepreneurs dans les grandes régions métropolitaines et reflète les variations réelles du marché dans les coûts de construction au Canada.

Les trois sources de données sont publiées chaque trimestre, ce qui permet de tenir compte des fluctuations des coûts de construction à moyen terme, de la volatilité du marché et des variations saisonnières. Une méthodologie de la moyenne pondérée est appliquée à l’aide de trois principales composantes des coûts :

  • Matériaux (40 %)
  • Main-d’œuvre (40 %)
  • Logistique et primes pour régions éloignées (20 %)

Ces pondérations reflètent la contribution relative de chaque composante aux coûts de construction totaux en fonction des pratiques du secteur et des conditions des projets dans le Nord.

Indice d’emplacement

Les facteurs liés à l’emplacement appliqués dans cette analyse sont fondés sur un rapport d’un consultant externe et ont été validés par rapport aux données de Marshall & Swift. L’examen indique que les coûts de construction à Whitehorse représentent environ 86 à 90 % de ceux à Yellowknife. Nous avons appliqué des indices d’emplacements fixes reflétant ces coûts relatifs pour toutes les périodes, Yellowknife ayant été attribué 100 et Whitehorse 85. L’utilisation de facteurs constants améliore la comparabilité d’un trimestre à l’autre tout en reflétant les écarts de coûts régionaux.

Yellowknife, au premier trimestre de 2025, sert de point de référence, les indices de temps et d’emplacement étant fixés à 100. Les coûts de construction à Whitehorse ont été rajustés par rapport à cette référence à l’aide du facteur d’emplacement et des indices de coûts temporels.

Conformément à la méthode des coûts de construction du Catalogue de conception de logements de la SCHL, nous présentons les estimations des coûts sous forme de fourchette avec un écart d’environ 20 % entre la limite inférieure et la limite supérieure.

Nous avons inclus Calgary comme région de comparaison au sud pour les grands centres urbains du Nord. Bien que les archétypes de l’Alberta (utilisés pour les estimations des coûts de Calgary) sélectionnés pour cette analyse soient ceux qui ressemblent le plus aux modèles territoriaux, il y a quand même des différences dans la conception et les spécifications. Par conséquent, les comparaisons de coûts entre Calgary et les centres du Nord doivent être interprétées avec prudence. Veuillez consulter le Catalogue de conception de logements : Conceptions pour les détails des spécifications.

Nous avons choisi l’Alberta comme région de comparaison du sud en raison de sa proximité avec les territoires. Les renseignements sur le marché indiquent aussi qu’il s’agit d’une source importante de main-d’œuvre et de matériaux pour les territoires en provenance des provinces. Parmi les deux principaux marchés de l’Alberta, nous avons choisi Calgary comme marché de référence plutôt qu’Edmonton. Le volume plus élevé d’activités de construction à Calgary améliore la fiabilité des estimations des coûts. Dans les prochains numéros du Rapport sur le logement dans le Nord, nous prévoyons d’accroître le nombre de centres de comparaison dans le sud.

Avis de non-responsabilité

Nous avons préparé ce rapport en fonction des sources de données disponibles, y compris les renseignements des consultants externes, le jugement professionnel et les indices de coûts du secteur (Marshall & Swift, RSMeans et l’IPCB de Statistique Canada). Bien que des efforts raisonnables aient été déployés pour assurer l’exactitude et l’uniformité de l’analyse, les résultats ne sont fournis qu’à des fins indicatives et comparatives.

Nous excluons Iqaluit de cette analyse en raison de la faible confiance dans les estimations des coûts, car les indices des coûts de construction comparables ne couvrent pas ce marché. Nous visons à combler cette lacune dans les données et à inclure Iqaluit dans les prochains numéros du Rapport sur le logement dans le Nord.

Les hypothèses, les limites et les avis de non-responsabilité décrits dans l’Estimation sommaire des coûts de construction du Catalogue de conception de logements s’appliquent aussi à ces estimations.

Tableau 3 : Fourchette de coûts pour la Maison en rangée - Raccordée aux services municipaux ($) par pied carré
Trimestre Yellowknife Whitehorse Calgary
Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure
T1 2021 348 435 296 370 280 349
T2 2021 358 447 304 380 277 346
T3 2021 384 479 326 407 274 343
T4 2021 368 460 313 391 273 341
T1 2022 382 477 325 405 272 340
T2 2022 403 504 343 428 274 342
T3 2022 411 513 349 436 272 340
T4 2022 413 516 351 438 271 339
T1 2023 415 519 353 441 270 337
T2 2023 404 505 344 430 268 335
T3 2023 406 507 345 431 267 334
T4 2023 408 509 347 433 274 343
T1 2024 411 513 349 436 273 341
T2 2024 412 515 350 437 272 339
T3 2024 414 517 352 440 266 333
T4 2024 411 514 350 437 252 315
T1 2025 413 516 351 439 243 304
T2 2025 415 519 353 441 254 317
T3 2025 420 524 357 446 236 295
T4 2025 423 529 360 449 230 287
Tableau 4 : Fourchette de coûts pour le Quadruplex - Raccordé aux services municipaux ($) par pied carré
Trimestre Yellowknife Whitehorse Calgary
Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure
T1 2021 467 583 397 496 285 355
T2 2021 480 599 408 509 282 353
T3 2021 515 643 437 546 279 349
T4 2021 494 617 420 524 278 347
T1 2022 512 640 435 544 277 346
T2 2022 541 675 460 574 279 348
T3 2022 551 688 468 585 277 346
T4 2022 554 692 471 588 276 345
T1 2023 557 696 473 591 274 343
T2 2023 543 678 461 576 273 341
T3 2023 544 680 462 578 272 340
T4 2023 547 683 465 581 280 349
T1 2024 551 688 468 585 278 347
T2 2024 552 690 470 587 277 345
T3 2024 555 694 472 590 271 339
T4 2024 552 689 469 586 257 321
T1 2025 554 692 471 588 248 309
T2 2025 557 696 473 591 258 322
T3 2025 563 703 478 598 241 301
T4 2025 568 709 482 603 234 292

Remarque : Les conceptions et les spécifications précises des archétypes en Alberta diffèrent de celles des territoires. Les archétypes de l’Alberta ont été choisis en fonction de leur similarité avec les archétypes du Nord.

Marché de la propriété

Les ventes ont rebondi à Whitehorse et à Yellowknife, mais ont diminué à Iqaluit

La Banque du Canada a commencé à réduire son taux directeur en juin 2024, ce qui a fait baisser les coûts d’emprunt et soutenu les ventes à l’échelle nationale. Toutefois, la baisse des coûts d’emprunt a eu une incidence différente sur les trois marchés. Les ventes ont rebondi à Whitehorse et à Yellowknife, tandis que la baisse du nombre de personnes en âge de travailler et les contraintes locales de l’offre ont continué de limiter l’activité à Iqaluit (figure 5) :

Whitehorse : Les ventes de logements ont augmenté de 21 %, ce qui correspond au sommet atteint en 2022, malgré une hausse des coûts d’emprunt. La forte croissance démographique des deux dernières années, le faible taux de chômage et les meilleures conditions d’emprunt ont stimulé la demande de logements pour propriétaires-occupants. Les acheteurs ont surtout ciblé les logements avec entrée privée au sol (maisons individuelles, jumelés et maisons en rangée). La proportion d’appartements en copropriété dans les ventes est demeurée à environ la moitié de son sommet récent, qui était d’environ 1 vente sur 4. La croissance continue de l’emploi dans le secteur public a aussi soutenu la demande d’options de logements pour propriétaires-occupants à prix élevé.

Le prix moyen des habitations a monté de 7,4 % et ainsi établi un nouveau record en 2025. Le renforcement des ventes, en particulier dans le segment des logements avec entrée privée à prix élevé, a poussé les prix à la hausse. Les maisons individuelles sont principalement responsables des gains. En revanche, les prix des appartements en copropriété sont demeurés relativement stables.

Yellowknife : Les ventes ont rebondi de 7,4 % et ainsi atteint la moyenne sur 5 ans, grâce à une croissance de l’emploi plus forte à Yellowknife qu’ailleurs dans le territoire. Les nouvelles inscriptions ont augmenté de 10,1 %, ce qui a fait augmenter les stocks et favorisé un plus grand nombre de transactions. Les ventes ont continué de suivre de près le rythme des nouvelles inscriptions, ce qui a maintenu les conditions du marché nettement plus serrées que la moyenne nationale.

Le prix moyen des habitations a augmenté de 5,8 % après être demeuré stable l’année précédente. La reprise des ventes et le resserrement du marché ont soutenu la croissance des prix.

Iqaluit : À Iqaluit, les transactions visant les propriétés se font dans le cadre d’un système de terres à bail. Les terrains résidentiels et commerciaux sont généralement loués plutôt que détenus en propriété absolue, et les baux sont cédés au moment du transfert. Les transferts de titres fonciers ont continué de diminuer pour s’établir à 20 en 2025, soit près de la moitié de la moyenne récente. La baisse du nombre de résidents en âge de travailler et la forte dépendance aux travailleurs temporaire ont limité la demande de logements pour propriétaires-occupants. Parallèlement, de graves contraintes en matière d’abordabilité et d’offre ont restreint davantage l’entrée sur le marché de la propriété.

Par conséquent, le prix de vente moyen n’a augmenté que de 1,9 %, le rythme le plus lent depuis 2021.12 La baisse des taux d’intérêt a probablement eu un effet limité sur la croissance des prix, car de nombreux ménages n’avaient toujours pas les moyens d’acheter une propriété.

Figure 5 : Les prix continuent d’augmenter malgré les tendances divergentes des ventes
Ventes résidentielles totales et prix moyen global des habitations par centre, par année

Sources : SCHL, ACI et Bureau des statistiques du Yukon.

Remarque : Les données désagrégées sur les ventes ne sont pas disponibles pour Yellowknife. Les données sur les ventes et les prix des logements à Iqaluit ne sont pas disponibles pour 2023.

Ventes résidentielles totales et prix moyen global des habitations par centre, par année
Métrique Whitehorse Yellowknife Iqaluit
2021 2022 2023 2024 2025 2021 2022 2023 2024 2025 2021 2022 2023 2024 2025
Toutes les ventes 562 627 608 525 634 394 311 247 285 306 49 44 S.O. 24 20
Ventes de maisons individuelles (si disponibles) 306 326 254 255 301 S.O. S.O. S.O. S.O. S.O. 33 33 S.O. 19 19
Prix moyen global ($) 561 056 569 442 522 720 574 139 616 654 447 673 458 216 491 716 495 550 524 178 615 387 692 832 S.O. 762 208 776 556

Marché locatif privé

Le marché locatif privé est resté tendu, malgré la baisse de la demande

Les taux d’inoccupation ont varié dans les trois centres, mais ils sont demeurés serrés. Ils ont augmenté à Whitehorse, mais sont demeurés très bas à Yellowknife et à Iqaluit. Malgré tout, la croissance des loyers est demeurée inférieure à celle du reste du Canada (Figure 6). Cette situation s’explique probablement par des problèmes d’abordabilité, car les coûts de la vie élevés ont réduit la capacité des ménages à absorber des hausses plus importantes.

Whitehorse : Le taux d’inoccupation est monté rapidement à 1,9 % et il a dépassé la moyenne sur 5 ans. Le ralentissement de la croissance démographique en 2025 a atténué la pression sur l’offre de logements locatifs qui persistait depuis 2021.

Les taux d’inoccupation ont augmenté principalement dans les segments des logements locatifs petits et abordables, comme les appartements, ce qui reflète la baisse de la population de résidents non permanents. Les taux d’inoccupation des logements locatifs à prix élevé, y compris les appartements en copropriété, les maisons en rangée et les maisons individuelles, sont demeurés serrés malgré une certaine expansion de l’offre. La demande de logements locatifs a été soutenue par le grand nombre de ménages qui n’avaient toujours pas les moyens d’acheter une propriété, tandis que l’emploi dans le secteur public a continué de croître.

La hausse du nombre de logements vacants a limité la capacité des propriétaires-bailleurs à augmenter les loyers. Le loyer médian a augmenté de 4,1 % pour atteindre 1 364 $, sa croissance la plus lente depuis 2019. Ce ralentissement est principalement attribuable à l’affaiblissement de la demande de petits logements. Le loyer des grands logements a continué d’augmenter fortement, car les nouveaux logements disponibles ont rapidement été loués.

Yellowknife : Le taux d’inoccupation est descendu à 1,3%, soit près de la moitié de la moyenne sur 5 ans. La forte croissance historique de la population en âge de travailler, soutenue par la création d’emplois, a continué de favoriser l’écoulement des logements neufs. Les taux d’inoccupation sont demeurés exceptionnellement bas malgré une autre année de forte croissance de l’offre de logements locatifs.

L’expansion record du parc de logements locatifs d’une chambre n’a pas vraiment atténué les conditions du marché, car les taux d’inoccupation n’ont augmenté que modérément. Entre-temps, le taux d’inoccupation des logements de deux chambres est descendu à seulement 0,8 %, malgré la forte croissance de l’offre l’année précédente.

Le loyer médian s’est accru de 4,1 % pour s’établir à 1 975 $. Bien que la croissance des loyers ait diminué par rapport à son sommet de 2024, le ralentissement s’est concentré dans le segment des logements de trois chambres et plus. Comme aucun logement de trois chambres ou plus n’a été ajouté au parc locatif, un plus grand nombre de ménages ont conservé leur logement cette année, ce qui a limité la croissance des loyers. En revanche, la croissance des loyers des logements de une chambre s’est accélérée, tandis que celle des logements de deux chambres a continué d’être le principal moteur de la croissance globale des loyers dans un contexte de taux d’inoccupation exceptionnellement bas.

Iqaluit : Le taux d’inoccupation est demeuré extrêmement bas, à 0,3 %, pour une troisième année consécutive en 2025. Ce taux ne représente que 6 logements vacants sur près de 2 000. Parallèlement, l’offre de logements locatifs a connu une autre année de croissance modeste.

Malgré la perte nette d’un grand nombre d’habitants parmi les populations qui tendent fortement à être locataires, les besoins de logement sous-jacents qui découlent du surpeuplement ont continué de garder la demande au-dessus de l’offre disponible. Par conséquent, pratiquement tous les types de logements sont demeurés presque entièrement occupés.

Le loyer médian dans l’ensemble des immeubles a atteint 3 025 $. La croissance des loyers a ralenti pour atteindre son rythme le plus faible depuis 2020. L'affaiblissement de la croissance des loyers a été observé dans toutes les catégories de logement. Les problèmes d’abordabilité en général, au-delà des coûts du logement, ont probablement ralenti la croissance des loyers, car de nombreux ménages avaient une capacité limitée à absorber d’autres hausses.

Figure 6 : La croissance du loyer médian a ralenti dans le Nord malgré des conditions très serrées
Taux d’inoccupation et croissance des loyers à Whitehorse, Yellowknife, Iqaluit et au Canada, par année

Sources : SCHL et Bureau des statistiques du Yukon

Remarque : Les taux d’inoccupation reflètent les immeubles de trois logements ou plus, à l’exception d’Iqaluit, où le taux d’inoccupation reflète tous les immeubles.

Taux d’inoccupation et croissance des loyers (%) à Whitehorse, Yellowknife, Iqaluit et au Canada, par année
Métrique Whitehorse Yellowknife Iqaluit Canada
2023 2024 2025 2023 2024 2025 2023 2024 2025 2023 2024 2025
Taux d’inoccupation (%) 1 1,3 1,9 3,4 1,9 1,3 0,32 0,31 0,31 2 2,2 3,1
Croissance des loyers (%) 4,2 4,8 4,1 2,9 5,6 3,9 3,1 4,1 2,5 7,1 8,9 7,1

Abordabilité et taille convenable des logements

La hausse du coût de la vie dans le Nord exerce des pressions supplémentaires au-delà des seuils d’abordabilité traditionnels

La hausse du coût de la vie quotidienne dans le Nord signifie que les ménages consacrent une plus grande part de leur revenu à des biens essentiels, comme la nourriture, le transport et les services publics. Par conséquent, les mesures de l’abordabilité fondées sur le loyer ou les charges hypothécaires peuvent sous-estimer les difficultés financières des ménages du Nord par rapport au reste du Canada.

L’abordabilité de la propriété s’est considérablement détériorée depuis 2021 et demeure pire pour les ménages autochtones

La croissance des salaires dans les trois marchés a continué d’être dépassée par celle du revenu requis pour rembourser un prêt hypothécaire existant depuis 2021. Le revenu requis pour rembourser un nouveau prêt hypothécaire a augmenté encore plus.13

Par conséquent, l’abordabilité de la propriété résidentielle s’est détériorée plus rapidement dans les trois centres qu’à l’échelle nationale, ce qui reflète la hausse des prix des habitations dans le Nord. Au cours de la même période, les prix ont plutôt baissé au Canada. Malgré l’accélération de la croissance des salaires des Autochtones, les écarts de revenu persistants ont rendu la propriété résidentielle encore moins accessible pour les ménages autochtones (Tableau 1).

 
Tableau 1 : Ratio mensualité hypothécaire/revenu du ménage (%) d’un nouveau prêt pour une habitation de prix moyen, T4 2021 et T4 2025
Légende :
  • Respecte les seuils d'abordabilité
  • Dépasse les seuils d'abordabilité
Ménage moyen Whitehorse Yellowknife Iqaluit Canada
2021 2025 2021 2025 2021 2025 2021 2025
Tous les ménages Respecte les seuils d'abordabilité 29 Dépasse les seuils d'abordabilité 35 Respecte les seuils d'abordabilité 16 Respecte les seuils d'abordabilité 24 Dépasse les seuils d'abordabilité 41 Dépasse les seuils d'abordabilité 56 Dépasse les seuils d'abordabilité 49 Dépasse les seuils d'abordabilité 50
Ménages autochtones Dépasse les seuils d'abordabilité 34 Dépasse les seuils d'abordabilité 40 Respecte les seuils d'abordabilité 19 Respecte les seuils d'abordabilité 28 Dépasse les seuils d'abordabilité 51 Dépasse les seuils d'abordabilité 70 Dépasse les seuils d'abordabilité 58 Dépasse les seuils d'abordabilité 59

Sources : SCHL, Statistique Canada, Equifax et Bureau des statistiques du Yukon

Remarque : Un ratio mensualité hypothécaire/revenu supérieur à 30 % est considéré comme Dépasse les seuils d'abordabilité. Les mensualités hypothécaires comprennent l’assurance prêt hypothécaire de la SCHL et supposent une mise de fonds de 5 %, avec des taux d’intérêt de 6,3 % en 2021 et de 4,18 % en 2025. Les prix des habitations reflètent le quatrième trimestre de l’année en question. À Iqaluit, un prix moyen pour toute l’année a été utilisé en raison du peu de données sur les ventes. Le revenu médian du ménage moyen correspond à la moyenne pondérée des revenus médians de tous les types de ménages.

Pour tous les types de ménages, il y en avait beaucoup moins qui pouvaient accéder à la propriété dans les trois marchés qu’en 2021 (Figure 7).

Figure 7 : L’abordabilité s’est améliorée depuis 2023, mais elle reste pire qu’en 2021
Proportion de ménages n’ayant pas les moyens de se payer certains logements du marché selon le seuil d’abordabilité du revenu de 30 %, par centre et par année

Sources : SCHL, Statistique Canada (Tableau 11-10-0012-01), Equifax et Bureau des statistiques du Yukon

Remarque : L’abordabilité du loyer du marché privé reflète le logement ayant le loyer médian le plus bas dans chaque région, soit un studio dans tous les cas. Les mensualités hypothécaires sont fondées sur la moyenne des nouvelles mensualités hypothécaires dans chaque territoire au quatrième trimestre de chaque année. Les données sur le revenu pour Iqaluit n’étaient pas disponibles; par conséquent, nous avons utilisé la répartition du revenu des ménages au Nunavut comme indicateur. Les coûts de location reflètent les conditions du marché à Iqaluit. Statistique Canada ne fournit des données sur le revenu des ménages que par fourchette de revenu. Lorsque les seuils d’abordabilité se situaient dans une fourchette, nous comptions les ménages dans toutes les fourchettes inférieures. Cette situation pourrait entraîner une légère sous-estimation des ménages dont le revenu est inférieur au seuil de revenu minimal. Les évaluations de l’abordabilité étaient fondées sur le revenu annuel minimal requis pour atteindre le seuil d’abordabilité de 30 %.

Proportion de ménages (%) n’ayant pas les moyens de se payer certains logements du marché selon le seuil d’abordabilité du revenu de 30 %, par centre et par année
Année Whitehorse Yellowknife Iqaluit
Marché locatif privé (%) Nouveau prêt hyp. moyen (%) Marché locatif privé (%) Nouveau prêt hyp. moyen (%) Marché locatif privé (%) Nouveau prêt hyp. moyen (%)
2021 19 32 19 25 44 38
2023 21 47 21 39 45 56
2025 (e) 21 47 21 39 45 52

Toutefois, depuis 2023, les problèmes d’abordabilité fondés sur les nouveaux prêts hypothécaires ont diminué dans les trois marchés :

  • Whitehorse et Yellowknife : La baisse des taux d’intérêt a atténué quelque peu les pressions sur l’abordabilité, mais la hausse des prix des habitations a largement contrebalancé ces gains, de sorte que les exigences en matière de revenu sont demeurées relativement inchangées. La croissance continue du revenu a néanmoins contribué à une légère amélioration de l’abordabilité.
  • Iqaluit : L’abordabilité s’y est améliorée le plus par rapport à 2023, mais Iqaluit est encore le marché le moins abordable des trois centres. Le ralentissement de la croissance des prix des habitations et la baisse des taux d’intérêt ont réduit les coûts d’achat, tandis que la croissance du revenu a amélioré davantage l’abordabilité.

Ces mesures de l’abordabilité fondées sur les prêts hypothécaires excluent les coûts des services publics dans tous les marchés, car aucune donnée comparable sur les coûts des services publics n’était disponible. Les coûts des services publics sont souvent plus élevés dans le Nord, surtout dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut. Cette situation est en partie attribuable aux réseaux isolés, à la dépendance au diesel pour la production d’électricité et aux climats plus froids qui augmentent les besoins de chauffage.

De nombreuses communautés des territoires se heurtent aussi à un accès limité à l’assurance habitation et à des primes plus élevées, ce qui limite davantage la disponibilité des logements et augmente le risque financier pour les propriétaires-occupants. Par conséquent, ces mesures de l’abordabilité sous-estiment probablement le fardeau global des coûts du logement et les défis plus vastes avec lesquels doivent composer les propriétaires-occupants dans le Nord par rapport au reste du Canada.

Les problèmes d’abordabilité des logements locatifs privés sont restés généralement inchangés depuis 2023 : de nombreux ménages n’ont toujours pas les moyens de louer un logement sur le marché privé

Les logements locatifs du marché privé sont demeurés inabordables pour de nombreux ménages en 2025 (Figure 7) :

  • Whitehorse et Yellowknife : Un ménage sur cinq.
  • Iqaluit : Près d'un ménage sur deux.

Bien que la proportion de ménages n’ayant pas les moyens de louer un logement sur le marché privé soit demeurée globalement inchangée depuis 2023, les tendances en matière d’abordabilité ont varié selon le type de logement. À Whitehorse et à Yellowknife, les pressions se sont aggravées pour les ménages qui louent des logements de deux chambres, car les loyers ont augmenté plus rapidement que les revenus. À Iqaluit, la croissance du revenu a dépassé celle des loyers pour tous les types de logements. Toutefois, Iqaluit est resté le marché le moins abordable, car les loyers élevés y représentent une plus grande part du revenu.

Le revenu moyen des ménages autochtones est inférieur à celui des ménages non autochtones, ce qui a probablement aggravé les problèmes d’abordabilité. En 2021, une plus grande part des ménages locataires autochtones que non autochtones sur le marché privé consacrait 30 % ou plus de son revenu au logement dans les trois centres.

Les ménages ont abouti dans des logements de taille non convenable en raison de l’offre limitée

La proportion de logements de taille non convenable, c’est-à-dire surpeuplés, était plus élevée à Yellowknife et à Iqaluit que la moyenne nationale, qui était de 5,4 % lors du dernier recensement. À l’inverse, le taux était légèrement inférieur à Whitehorse. Depuis, le surpeuplement dans ces trois centres s’est probablement aggravé plus rapidement qu’à l’échelle nationale, en raison d’un déséquilibre accru entre la croissance des ménages et les achèvements de logements.

Bien que Statistique Canada n’ait pas encore publié les dernières données du recensement, des données locales plus récentes indiquent que le surpeuplement s’est intensifié à Yellowknife. La proportion de ménages ayant un logement de taille non convenable est passée de 6,6 % en 2019 à 8,0 % en 2024.14

Il n’y a pas de données comparables et à jour sur le surpeuplement à Whitehorse.  La croissance des ménages a toutefois dépassé celle des achèvements de logements dans une plus grande mesure que de 2016 à 2021, alors que le surpeuplement était déjà en hausse. On peut en déduire qu’un plus grand nombre de ménages ont dû partager un logement ou vivre dans un logement moins convenable, bien que le problème soit probablement moins pire qu’à Yellowknife.

Même si aucune donnée n’était disponible pour Iqaluit, d’autres indicateurs laissent entendre que le surpeuplement est demeuré un grave problème. Le taux d’inoccupation quasi nul sur le marché locatif privé et la pression persistante dans le secteur du logement social ont limité les options de logement. En janvier 2025, près de la moitié des ménages de Nunavut Housing Corporation vivaient dans des logements surpeuplés. Les listes d’attente sont aussi demeurées longues.15

Selon le Recensement de 2021, le surpeuplement était constamment plus répandu chez les ménages autochtones. Les disparités étaient les plus faibles à Whitehorse et les plus grandes à Iqaluit.

Les logements hors marché demeurent un élément essentiel du système de logement

Logements sociaux

Compte tenu de l’offre encore plus limitée, le logement social a continué de soutenir de nombreux ménages dans les trois centres. Selon le Recensement de 2021, la proportion de ménages occupant un logement social dans les trois marchés dépassait le taux national, qui était d’environ un ménage sur neuf :

  • Whitehorse et Yellowknife : Plus d’un ménage autochtone sur trois vivait dans un logement subventionné, soit environ le double de la proportion des ménages non autochtones.
  • Iqaluit : Environ quatre ménages autochtones sur cinq vivaient dans des logements subventionnés, ce qui est légèrement inférieur à la proportion de ménages non autochtones.

À Yellowknife et à Iqaluit, les seuils de revenu maximal pour les logements sociaux sont restés inférieurs au revenu minimal requis pour louer un logement du marché moyen. Par conséquent, certains ménages peuvent gagner trop pour être admissibles à un logement social tout en ayant un revenu insuffisant pour se payer un logement du marché.

Tableau 2 : Seuils de revenu ($) pour les logements du marché et les logements subventionnés
Légende :
  • Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention couvre les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché
  • Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention est trop bas pour couvrir tous les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché
Région Type de logement Revenu requis pour louer un logement du marché Seuil de revenu maximal pour les logements sociaux/subventions
Whitehorse 1 chambre 52 760 Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention couvre les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché 66 500
2 chambres 67 000 Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention couvre les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché 75 500
3 ou 4 chambres 90 520 Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention couvre les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché 102 500
Yellowknife 1 chambre 68 400 Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention est trop bas pour couvrir tous les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché 60 396
2 chambres 84 000
3 ou 4 chambres 97 000 Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention est trop bas pour couvrir tous les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché 70 104
Iqaluit 1 chambre 107 000 Le seuil maximal de revenu donnant droit à une subvention est trop bas pour couvrir tous les ménages qui n'ont pas les moyens de payer un loyer du marché 132 000
2 chambres 121 000
3 chambres 142 000

Sources : SCHL, gouvernement du Yukon, NWT Housing Corporation, Nunavut Housing Corporation

Remarque : La colonne « Revenu requis pour louer un logement du marché privé » utilise les loyers du marché évalués en 2025 et calcule le revenu minimal requis pour que les frais de logement correspondent à 30 % ou moins du revenu du ménage. Le vert (cercle vide) indique que les seuils de revenu pour les logements hors marché dépassent le revenu minimal requis pour louer un logement au taux moyen du marché, tandis que le rouge (cercle plein) indique que les seuils sont inférieurs à au moins un niveau d’abordabilité du marché.

Bien que la part de logements subventionnés dans l’ensemble des centres ait dépassé la part nationale de 4 %, la disponibilité limitée a entraîné des difficultés pour de nombreux ménages :

  • À Whitehorse, les logements sociaux représentaient environ le quart du marché locatif (786 logements). Le taux d’inoccupation est demeuré pratiquement nul en 2024, tandis que plus de 200 ménages étaient sur la liste d’attente pour un logement ayant un loyer proportionné au revenu. L’évaluation des besoins en matière de logement à Whitehorse en 2026 (en anglais seulement) indique un besoin important de logements sociaux supplémentaires au cours des cinq prochaines années.
  • Les logements sociaux représentaient environ 12 % du parc locatif de Yellowknife (313 logements). L’évaluation des besoins en matière de logement dans les territoires en 2026 (en anglais seulement) a révélé que les listes d’attente pour les logements publics dépassaient 300 ménages à Yellowknife, ce qui indique que le taux d’inoccupation est resté près de zéro.
  • À Iqaluit, les logements publics administrés par la Nunavut Housing Corporation représentaient environ le cinquième du parc locatif total. Certains de ces logements n’étaient pas habitables sans réparations importantes. En février 2025, il y avait 36 logements publics vacants, tandis que les listes d’attente dépassaient 400 ménages.

Logements pour le personnel du gouvernement et autres logements fournis par l’employeur

Les autres formes courantes de logements hors marché dans les territoires comprennent les logements pour le personnel du gouvernement et d’autres logements fournis par l’employeur. Ces formes de logement sont souvent liées à l’emploi, ce qui réduit la demande sur le marché locatif privé. Elles favorisent aussi la stabilité du logement dans le Nord, où les coûts du logement sont élevés et l’offre est limitée.

À Iqaluit, ces segments de logements représentaient environ les deux tiers du parc locatif. Des données comparables n’étaient pas disponibles pour Whitehorse et Yellowknife.

Notes de bas de page

  1. Le Nunavut est utilisé comme indicateur pour Iqaluit en raison des limites des données.
  2. Dans le présent rapport, nous utilisons 2021 comme année de référence, car il s’agit de la dernière année de recensement disponible et de la première année pour laquelle nous avons des données détaillées sur les coûts de construction. L’année 2021 est donc une année de référence naturelle pour notre rapport.
  3. Statistique Canada (Tableau 14-10-0482-01)
  4. La population active désigne les personnes qui ont un emploi ou qui cherchent activement un emploi.
  5. Statistique Canada (Tableau 14-10-0446-01)
  6. Statistique Canada (Tableau 14-10-0202-01)
  7. Statistique Canada (Tableau 36-10-0696-01)
  8. Des données comparables n’étaient pas disponibles pour Iqaluit; par conséquent, des données à l’échelle du Nunavut ont été utilisées.
  9. Statistique Canada (Tableau 14-10-0482-01)
  10. Les coûts de base désignent les coûts directs de la construction d’un immeuble, y compris la main-d’œuvre, les matériaux et la viabilisation du site. Ils n’incluent pas les coûts comme l’acquisition du terrain, le financement ou les services professionnels.
  11. Voir la section Annexe : Méthode d’analyse des coûts pour en savoir plus sur la méthodologie et les sources de données.
  12. Les données sur les ventes et les prix des logements à Iqaluit ne sont pas disponibles en 2023. En raison de l’absence de données sur la moyenne annuelle pour 2023, la croissance des prix pour 2024 est présentée sous forme de taux annualisé sur la période de 2022 à 2024. Au cours de cette période de deux ans, le prix moyen des logements neufs a augmenté de 10 % au total. C’est l’équivalent d’un taux de croissance annuel moyen sur un an de 4,9 % en 2023 et en 2024.
  13. Equifax : Crédit hypothécaire et crédit à la consommation - données sur les tendances, calculs de la SCHL
  14. Bureau de la statistique des Territoires du Nord-Ouest
  15. Igluliuqatigiingniq Today and Tomorrow - Implementing the National Housing Strategy for Nunavut Housing Action Plan 2025-2028 (en anglais seulement)

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    Date de publication : 29 juillet 2026
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