Prévisions économiques : croissance au ralenti sur fond d’incertitude
Nos perspectives de l’économie canadienne ont peu changé depuis notre rapport de l'hiver des Perspectives du marché de l'habitation. On s’attend toujours selon notre scénario de référence à ce que la croissance en 2026 se situe à un taux modeste de 0,7 %. Les dépenses de consommation, les investissements publics et la reprise des exportations devraient soutenir la croissance. Cependant, l’affaiblissement de la construction résidentielle et la forte augmentation des importations devraient peser sur l’économie.
L’incertitude demeurera élevée tout au long de la période de prévision. Les tensions mondiales, en particulier la guerre entre les États-Unis et l’Iran, entraîneront probablement une hausse temporaire de l’inflation en 2026. L’incertitude persistante dans les échanges commerciaux entre les États-Unis et le Canada pèsera sans doute sur les décisions des entreprises en matière d’investissement et d’embauche.
La conjoncture économique variera d’une région à l’autre du Canada. L’Ouest canadien devrait être le moteur de la croissance nationale en 2026. Cette région profitera de la vigueur des prix des matières premières découlant de la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Le Centre du Canada est plus touché par les risques liés aux échanges commerciaux et sera probablement à la traîne. Les conditions au Canada atlantique demeurent les plus faibles. Après 2027, la croissance économique au pays devrait s’accélérer par rapport à 2026, mais elle demeurera modérée. L’économie se renforcera de manière de plus en plus généralisée au pays. Les différences entre les régions devraient alors s’amenuiser, grâce à la diversification du commerce et à la hausse des investissements des entreprises.
Ces conditions économiques sont la toile de fond des perspectives du marché de l’habitation au Canada. L’incertitude et la croissance modérée de l’économie et des revenus continuent de limiter la demande de logements à court terme.
Prévisions sur le marché de l’habitation : rajustements variables à la faible demande de logements, selon les régions
Jusqu’à présent en 2026, l’activité sur le marché de l’habitation a été plus faible que prévu, surtout les ventes et les prix. Elle a été minée par le ralentissement de la croissance démographique, l’incertitude économique persistante, les taux hypothécaires élevés et la lenteur de l’augmentation du revenu. Les acheteurs continuent de faire preuve de prudence. En conséquence, l’amélioration de l’abordabilité n’a pas suffi, à elle seule, à ramener les acheteurs en grand nombre sur le marché.
Lorsque la croissance de l’économie et des revenus se renforcera en 2027 et en 2028, la confiance des acheteurs devrait s’améliorer. La demande de logements devrait alors se rétablir graduellement, après avoir été faible. Selon les prévisions, les ventes se redresseront graduellement tout au long de la période de prévision. Elles resteront toutefois inférieures à leurs niveaux habituels des 10 dernières années.
Les conditions varieront d’une région à l’autre du pays. Le dynamisme du marché devrait maintenir les ventes à un niveau élevé dans les marchés des Prairies et du Québec. Mais en Colombie-Britannique et en Ontario, les ventes resteront probablement à des niveaux historiquement bas en raison des problèmes d’abordabilité et du ralentissement de la croissance démographique.
Les prix des habitations continueront de se rajuster devant la faiblesse de la demande et des ventes. Les prix devraient diminuer en 2026, puis augmenter légèrement par la suite. Dans l’ensemble, la très faible croissance démographique et la hausse limitée des revenus devraient maintenir l’augmentation des prix à un rythme modéré partout au pays.
Les marchés des Prairies connaîtront probablement la plus forte croissance des prix, car la demande demeure vigoureuse dans cette région. Quant au Québec, il devrait enregistrer de modestes hausses des prix en raison des conditions du marché, qui y sont plus équilibrées qu'ailleurs. La Colombie-Britannique et l’Ontario vont sans doute connaître la plus faible augmentation des prix, en raison du ralentissement de la croissance démographique, des problèmes d’abordabilité et de la hausse de l’offre.
La modération de la demande de logements aura aussi une incidence sur la construction résidentielle. Les mises en chantier d’habitations devraient encore diminuer, car les constructeurs continueront d'être aux prises avec des stocks invendus et des coûts de construction élevés. C’est surtout en Ontario et en Colombie-Britannique que l’on verra la construction descendre à des niveaux historiquement bas, particulièrement sur le marché des copropriétés. Les mises en chantier d’habitations dans les Prairies et au Québec diminueront aussi, par rapport aux sommets atteints récemment. La construction de logements locatifs devrait redescendre graduellement de son sommet historique de 2025. Il demeure important de maintenir un niveau soutenable de construction de logements locatifs pour répondre aux besoins dans l’avenir. C’est d’autant plus important que la demande actuellement comprimée par le manque d’abordabilité devrait se concrétiser vers la fin de l’horizon de prévision.
La détente du marché locatif au Canada devrait se poursuivre en 2026. L’offre de logements neufs augmente, surtout dans le segment des logements destinés à la location. Sa hausse aidera à faire monter les taux d’inoccupation et à ralentir la croissance du loyer moyen, surtout pour le prix des loyers demandés. Cet assouplissement des conditions est plus évident dans les grands marchés comme Toronto et Vancouver. En effet, ces marchés sont plus touchés que d’autres par le ralentissement de la croissance démographique et la hausse de l’offre de copropriétés sur le marché locatif secondaire. En revanche, les marchés des Prairies continueront probablement de connaître de modestes hausses de loyer, car la demande y est forte.
Malgré l’amélioration générale des conditions du marché locatif, l’abordabilité continue de poser problème. Les loyers demeurent élevés par rapport au revenu, surtout lorsque les logements changent de locataires.
Autre scénario
Des risques à la baisse persistent. L’inflation pourrait demeurer élevée si la guerre entre les États-Unis et l’Iran fait monter les prix du pétrole davantage et perturbe encore plus les chaînes d’approvisionnement, ou si les tensions commerciales s’intensifient. Ces perturbations pourraient affaiblir davantage la confiance et la croissance des revenus. Dans un tel scénario, la demande de logements demeurerait faible plus longtemps que prévu. Les ventes de logements, les prix et la construction se redresseraient plus lentement, et les marchés locatifs continueraient de se détendre, car l’offre dépasserait la demande.

Partager par courrier électronique