Pour de nombreux ménages canadiens, un prêt hypothécaire représente l’engagement financier le plus important de leur vie.
La forte hausse des taux d’intérêt après 2022 a rappelé aux emprunteurs que les charges liées à leur prêt hypothécaire peuvent changer considérablement lors de son renouvellement. Au Canada, la plupart des emprunteurs renouvellent leur prêt hypothécaire toutes les quelques années. Par conséquent, les variations des taux d’intérêt peuvent se répercuter plus rapidement sur les ménages au Canada que dans certains autres pays. À l’heure actuelle, les prêts hypothécaires à court terme bénéficient de taux plus avantageux que ceux à long terme.
L’expérience récente a mis en évidence une caractéristique importante du marché canadien des prêts hypothécaires : les ménages assument une grande partie du risque associé aux variations des taux d’intérêt. Cette situation accroît l’exposition des emprunteurs aux hausses de taux, mais elle leur permet aussi de bénéficier plus rapidement des baisses de taux.
Au cours des dernières années, certains emprunteurs se sont tournés vers les prêts hypothécaires à taux variable, tandis que d’autres ont privilégié des prêts hypothécaires à taux fixe assortis d’un terme plus court. Consultez notre aperçu trimestriel des données pour observer cette tendance. Le terme hypothécaire désigne la période durant laquelle le taux d’intérêt et les conditions du prêt demeurent inchangés avant son renouvellement. Ces choix peuvent sembler techniques, mais ils prennent toute leur importance lorsque la conjoncture économique change.
Par ailleurs, selon l’Enquête auprès des consommateurs hypothécaires de la SCHL, les ménages canadiens qui ont renouvelé leur prêt hypothécaire étaient plus susceptibles de dire que les variations des taux d'intérêt avaient alourdi leur fardeau financier (35 %). Les résultats révèlent aussi que 25 % des emprunteurs regrettent certaines caractéristiques du prêt hypothécaire qu'ils ont choisi. Avant la poussée inflationniste de 2022, des décennies de faibles taux d’intérêt et de croissance économique stable faisaient souvent en sorte que le risque lié au renouvellement d’un prêt hypothécaire semblait modeste. La récente volatilité de l’inflation a toutefois rappelé aux ménages canadiens que ce risque est bien réel.
Si l’économie devient moins stable au cours des prochaines années, le choix du terme hypothécaire pourrait avoir une incidence plus importante que ne le croyaient auparavant de nombreux emprunteurs.
De plus en plus de ménages canadiens privilégient des termes hypothécaires plus courts
Avant la récente hausse des taux d’intérêt, la plupart des prêts hypothécaires étaient assortis d’un terme standard de 5 ans. Depuis, bon nombre de ces prêts sont arrivés à échéance et ont dû être renouvelés à des taux d’intérêt plus élevés que ceux initialement consentis aux emprunteurs.
Par conséquent, les prêts hypothécaires à taux variable ont gagné des parts de marché depuis 2022. Les emprunteurs ont aussi délaissé les prêts à taux fixe assortis de termes de 5 ans ou plus au profit de prêts à taux fixe avec un terme plus court. Ce changement a été particulièrement marqué chez les emprunteurs non assurés (voir le graphique A). Les prêts hypothécaires non assurés tendent d’ailleurs à être assortis de termes plus courts (voir le graphique B).
Ces changements dans le choix des produits hypothécaires ont une incidence qui va au-delà du coût d’emprunt. Ils influencent le degré d’exposition des ménages aux futures variations des taux d’intérêt et la façon dont le risque de taux d’intérêt est réparti dans l’ensemble du marché des prêts hypothécaires.
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