Qu’est-ce que le Mouvement des centres d’amitié?
Le Mouvement des centres d’amitié est un mouvement autochtone communautaire historique en milieu urbain. Il est fondé sur l’autodétermination et la résurgence culturelle des Autochtones. Aujourd’hui, il s’exprime par un réseau de prestation de services aux Autochtones en milieu urbain au Canada composé de plus de 100 centres d’amitié et de 6 associations provinciales et territoriales. Le Mouvement des centres d’amitié est un réseau de la société civile autochtone en milieu urbain et une infrastructure de prestation de services au Canada.
Ce que les centres d’amitié offrent
Les centres d’amitié sont des carrefours culturels autochtones en milieu urbain situés dans les villes et villages du Canada. Ils offrent des services sociaux et des services de soutien globaux adaptés à la culture, et ils aident les Autochtones en milieu urbain à participer pleinement à l’économie canadienne.
Les domaines clés comprennent :
- l’accès à la culture, aux cérémonies et à l’apprentissage des langues autochtones;
- la santé et la guérison;
- les logements et les maisons d’hébergement;
- les études, l’emploi et la formation;
- les programmes de formation au rôle de parent;
- les mesures de soutien pour les enfants et les jeunes;
- les programmes de justice;
- les mesures de soutien pour les aînés et les personnes âgées autochtones.
Comprendre les défis liés à la prestation de services aux Autochtones en milieu urbain
L’Association nationale des centres d’amitié (ANCA) a mené des recherches pour explorer les obstacles auxquels se heurtent les centres d’amitié lorsqu’ils offrent un soutien de première ligne aux Autochtones de leurs communautés qui éprouvent des problèmes de logement ou qui sont en situation d’itinérance. Voici certaines des activités que comprenait la recherche :
- Une analyse documentaire et contextuelle.
- Des discussions en personne et virtuelles avec le personnel de première ligne des centres d’amitié de partout au pays.
- Un sondage en ligne.
L’ANCA utilisera les résultats pour orienter l’élaboration de stratégies et d’outils. Ces stratégies et outils visent à habiliter le personnel de première ligne des centres d’amitié dans le contexte du Cadre et plan d’action pour le logement et la lutte contre l’itinérance de l’ANCA.
Principaux défis auxquels sont confrontés les Autochtones et le personnel des centres d’amitié
Les défis auxquels se heurtent les Autochtones en situation d’itinérance ou d’insécurité en matière de logement sont multidimensionnels et ancrés dans les déplacements historiques et continus. Les résultats de l’étude indiquent que les membres des communautés autochtones en milieu urbain rencontrent des obstacles systémiques, comme le racisme et la stigmatisation envers les Autochtones, lorsqu’ils tentent de relever des défis en matière de logement. Les employés des centres d’amitié qui soutiennent ces membres de la communauté indiquent qu’ils manquent de ressources et qu’ils sont victimes d’épuisement professionnel et d’usure de compassion. Ils ont souligné que les personnes qu’ils aident doivent avoir accès à des services de soutien holistiques et adaptés à la culture qui tiennent compte des caractéristiques individuelles (comme le genre, le stade de la vie et la santé mentale) et des considérations géographiques (comme l’emplacement, le climat et l’environnement).
Recommandations de l’ANCA
À la lumière des constatations, l’organisation a formulé plusieurs recommandations, notamment :
- adapter une approche empreinte de compassion et axée sur les droits de la personne pour soutenir les membres de la communauté vivant dans des campements;
- prioriser l’établissement de relations dans la prestation de services;
- offrir des services de soutien adaptés à la culture qui rétablissent et renforcent les liens communautaires.
Services fournis
- Le personnel des centres d’amitié participants a indiqué qu’une approche intersectionnelle de la prestation de services est nécessaire pour les fournisseurs de services autochtones et non autochtones. Cette approche aide à relever les défis uniques visant les femmes, les personnes âgées, les jeunes et d’autres membres de la communauté.
- Le personnel de première ligne des centres d’amitié a indiqué que les Autochtones qu’il soutient sont victimes de racisme dans le réseau des maisons d’hébergement et lorsqu’ils accèdent à des soins de santé et à d’autres services de fournisseurs non autochtones.
- Les mesures de soutien offertes varient selon le centre d’amitié, mais comprennent généralement :
- les liens avec le logement, comme les logements de transition, les minimaisons et les maisons d’hébergement;
- la fourniture d’équipement, de vêtements et de nourriture;
- les liens avec des mesures de soutien globales axées sur la culture.
- Le personnel de première ligne des centres d’amitié a souligné le besoin de mesures de soutien communautaire qui sont adaptées à la culture, sans jugement et adaptables pour répondre aux besoins des Autochtones dans « tous les milieux ».
- Les centres d’amitié dans plusieurs communautés soutiennent des personnes qui vivent dans des campements. Leur personnel souligne l’importance d’une approche axée sur les relations, qui comprend notamment :
- apprendre à connaître les personnes vivant dans des campements;
- répondre à leurs besoins immédiats, comme l’accès à des douches portables et l’offre de cartes de buanderie.
Défis rencontrés par les centres d’amitié
- La stigmatisation, les préjugés et le syndrome « pas dans ma cour » à l’égard des Autochtones sont des obstacles auxquels se heurte le personnel des centres d’amitié dans ses efforts pour soutenir les membres de la communauté qui vivent dans la précarité du logement ou qui sont sans logement et habitent dans des campements.
- Les centres d’amitié adaptent les mesures de soutien aux besoins de leur communauté et soulignent que les défis varient d’une région à l’autre du pays. Certains centres d’amitié ont dû adapter leurs services pour soutenir les membres de la communauté lors d’évènements climatiques imprévisibles, comme des vagues de chaleur ou des feux de forêt. Par conséquent, les centres d’amitié ont élargi leur rôle afin de soutenir les membres des communautés autochtones en milieu urbain locales et les personnes qui ont dû se déplacer à cause des changements climatiques.
Défis rencontrés par le personnel de première ligne
- Le personnel de première ligne des centres d’amitié est aux prises avec un épuisement professionnel croissant, car la demande de services augmente sans hausse correspondante du personnel et des ressources. Les participants ont souligné l’investissement durable dans le bien-être du personnel, notamment :
- la rémunération équitable;
- les services de soutien en santé mentale;
- le perfectionnement professionnel.
Ces investissements sont essentiels au maintien de la force du Mouvement des centres d’amitié.
- Les participants ont souligné que le fardeau des services de première ligne est exacerbé par l’insuffisance des mesures gouvernementales pour régler les problèmes systémiques qui touchent leurs communautés. En voici quelques exemples :
- Des investissements dans des logements abordables sûrs et accessibles.
- Des systèmes de transport en commun suffisants.
- Du financement durable pour les infrastructures autochtones en milieu urbain, comme les centres d’amitié.

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