Série technique 97-111

Économie de l'eau dans les habitations : Un examen des produits, des procédés et des pratiques

Introduction

Bien que le Canada soit bien pourvu en eau, la demande d'eau potable et la pression exercée sur les usines d'épuration sont telles que l'on doute de pouvoir encore longtemps répondre à cette demande. On reconnaît de plus en plus que l'économie de l'eau peut alléger cette situation sans pour autant entraîner une baisse du niveau de service offert.

Au Canada, environ 40 % de toute l'eau produite par les municipalités sert à des fins domestiques; et les Canadiens ne sont devancés que par les Américains au chapitre de la consommation d'eau par habitant. Compte tenu de la forte consommation dans le secteur résidentiel et des économies qu'il semble possible de réaliser, la SCHL a commandé cette étude afin d'examiner et de critiquer les perspectives actuelles d'économie de l'eau en milieu résidentiel au Canada.

Programme de recerche

Les objectifs particuliers de l'étude étaient les suivants

Résultats

Le rapport d'étude fait état de méthodes d'économie de l'eau actuellement utilisées dans les habitations au Canada et aux États Unis. Il ne s'agit pas seulement de techniques et de pratiques présentes sur le marché, mais aussi de programmes et de mandats gouvernementaux. L'étude a aussi porté sur les problèmes que soulève le chevauchement des compétences en matière de planification et de conservation de la ressource.

L'étude conclut que le succès ou l'échec éventuel des initiatives d'économie de l'eau dépendra de l'interaction entre les questions technologiques, les mandats de compétence et les efforts de communication conçus pour sensibiliser les consommateurs et pour favoriser l'acceptation des techniques d'économie de l'eau sur le marché. En outre, l'étude fait ressortir un besoin réel de recherche fondamentale sur les conséquences économiques des mesures visant à économiser l'eau. En comprenant mieux le lien entre ces éléments, on sera en mesure de mieux financer les aspects recherche, développement, démonstration et mise en oeuvre.

On trouvera ci-dessous un résumé des principaux résultats.

Questions de compétence

Au Canada, les gouvernements fédéral et provinciaux établissent le cadre global des lianes de conduite concernant l'eau. Au fédéral, c'est la Politique fédérale relative aux eaux qui régit les questions relatives à cette ressource. Cette politique n'aborde que superficiellement l'économie de l'eau en milieu résidentiel.

Les provinces sont responsables de la réglementation et de la distribution de l'eau et, par conséquent, disposent de la latitude requise pour élaborer et mettre en oeuvre des stratégies d'économie à l'échelle provinciale. Lors de cette étude, aucune province ne s'était encore dotée d'un programme complet d'économie de l'eau. Outre l'autorité législative en matière de ressources en eau, les provinces ont aussi compétence sur le niveau administratif suivant, ce qui leur donne d'autres occasions de promouvoir l'économie de l'eau dans des secteurs comme les permis d'utiliser l'eau, l'information et la recherche, les codes du bâtiment et de la plomberie ainsi que les approbations au chapitre de l'aménagement.
Les municipalités ont un contact plus étroit avec la plupart des consommateurs d'eau, et c'est à ce niveau que la majorité des économies sont possibles. Cela dit, comme les municipalités ne peuvent pas adopter de mesures législatives dans ce domaine, leur efficacité à cet égard est limitée.

Dans les municipalités, les initiatives d'économie de l'eau portent habituellement sur les secteurs suivants structures de tarification et comptage, repérage et colmatage des fuites, pose gratuite de dispositifs économiseurs d'eau, accords de mise en oeuvre, etc. L'outil le plus efficace pour les municipalités est l'information du public, laquelle permet de sensibiliser les gens aux problèmes. L'étude fait également état du fait que l'intérêt du public à l'endroit des questions d'environ nement pourrait aussi rehausser l'enthousiasme au sujet de l'économie de l'eau.

Les municipalités doivent toutefois relever un important défi, à savoir la séparation de leur responsabilité en matière de production et de traitement de l'eau, une situation qui entraîne des décisions qui ne sont pas toujours à l'avantage de l'économie de l'eau.

Analyse de l'utilisation dans les résidences

Le cadre ci-contre illustre la répartition de l'utilisation de l'eau dans un milieu résidentiel type. Ces données montrent que les efforts de réduction doivent viser la salle de bains, puis être axés sur la modification des appareils consommateurs d'eau. Le rapport d'étude définit et commente les différents types d'appareils et de dispositifs consommateurs d'eau ainsi que les méthodes susceptibles de faire réaliser des économies d'eau. On mentionne notamment les toilettes à faible consommation d'eau, les pommes de douche à débit réduit, les robinets réducteurs de pression et la réutilisation de l'eau.

Utilisation en milieu résidentiel
Toilettes 40%
Douche et baignoire 35%
Lavage du linge et de la vaisselle 20%
Cuisson et consommation 5%

En milieu résidentiel, l'utilisation de l'eau à l'extérieur, à des fins horticoles, offre aussi des possibilité d'économie. Une part importante de l'eau utilisée à l'extérieur se perd par évaporation ou à la suite du ruissellement causé par un arrosage excessif ou d'autres méthodes inefficaces. Le rapport d'étude définit et commente divers équipements d'arrosage à faible consommation d'eau et examine les principes d'un aménagement paysager qui nécessite peu d'entretien. Entre autres techniques et équipement, on mentionne les hygromètres, l'irrigation goutte à goutte, l'arrosage automatique, l'aménagement paysager requérant un faible entretien et les citernes.

Codes, normes et règlements

Les codes, les normes et les règlements peuvent entraver la mise en oeuvre de stratégies d'économie de l'eau. L'étude explore une variété de sujets. Elle fait notamment état d'une comparaison entre les normes régissant actuellement les appareils de plomberie au Canada et aux États-Unis ainsi que d'un examen des répercussions des appareils de plomberie à faible consommation d'eau sur les réseaux d'égout publics et privés. Elle porte aussi sur les questions relatives à la mise en application du code de plomberie, donne un aperçu de l'harmonisation des normes et passe en revue la recherche-développement technique.

Le rapport d'étude signale qu'il importe d'harmoniser les normes canadiennes et américaines si l'on veut mettre en marché des techniques efficientes d'économie de l'eau. Le succès du processus d'harmonisation dépend de la volonté des partisans de l'économie de l'eau à accorder des fonds importants à la CSA en vue d'accélérer l'élaboration de normes cohérentes et harmonisées pour ainsi permettre l'essai, à un coût raisonnable, des techniques offertes. En modifiant le Code canadien de la plomberie, on facilitera les initiatives d'économie de l'eau de même que les initiatives de communication destinées à informer les services de génie municipaux.

Conséquences pour le secteur du logement

Le rapport d'étude met en lumière d'excellentes possibilités qui, lorsqu'on en profitera, se traduiront par d'importantes réductions de la consommation d'eau dans les habitations. Il est réaliste d'espérer des réductions de consommation de l'ordre de 10 à 15 % en faisant appel aux techniques courantes. On dispose de techniques encore plus avancées pour réduire la consommation domestique moyenne jusqu'à 50 % sans pour autant modifier les habitudes de vie de façon perceptible.

Le rapport souligne que certains obstacles à la mise en place de techniques destinées à réduire davantage la consommation d'eau dans le secteur résidentiel sont plus le fait d'attitudes et de tracasseries administratives que de difficultés techniques. Le rapport indique aussi que, compte tenu des préoccupations grandissantes manifestées à l'égard de la durabilité des infrastructures requises pour amener l'eau aux consommateurs, l'économie de cette ressource est devenue une priorité pour un nombre croissant de municipalités canadiennes.
La tarification va jouer un rôle de plus en plus important dans la gestion de la demande. Jusqu'ici, le coût de l'eau au Canada a été l'un des plus faibles au monde; c'est pourquoi on a sous- estimé cette ressource et on en a abusé. Le temps est venu, on s'en rend compte maintenant, de tenir compte du coût de revient complet de tous les services municipaux, y compris l'alimentation en eau, dans le contexte de l'augmentation des coûts et de la diminution du soutien offert par les autres paliers de gouvernement. Des modes de tarification nouveaux, se traduisant par une hausse des prix pour le consommateur, pouffaient restreindre l'utilisation d'eau dans tous les secteurs et diminuer la pression sur les usines de traitement.

Les gouvernements fédéral et provinciaux peuvent inciter la population à économiser l'eau en modifiant les lois et en établissant des attitudes de principe appropriées. Au bout du compte, toutefois, ce sont les municipalités qui joueront le rôle le plus déterminant pour la réussite des efforts communautaires. Elles sont le mieux placées pour sensibiliser les gens à l'importance d'économiser l'eau et pour promouvoir un changement d'attitude chez les consommateurs relativement à l'eau.

Directeur de projet: Alvin J. Houston

Rapport de recherche: Economie de l'eau dans les habitations: Un examen des produits, des procédés et des pratiques (1991)
Consultant de recherche : REIC Consultants Ltd.

Il est possible de se procurer un rapport complet de ce projet
de recherche au Centre canadien de documentation sur l'habitation
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Cette publication contient les renseignements les plus à jour dont dispose la SCHL, lesquels ont été examinés par des experts du secteur de l'habitation. Toutefois, la  SCHL n'assume aucune responsabilité pour les dommages, les blessures, les coûts et les pertes pouvant découler de l'utilisation de ces renseignements.

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