La Société canadienne d’hypothèques et de logement, en collaboration avec Statistique Canada, publie aujourd’hui les chiffres relatifs aux besoins impérieux en matière de logement tirés du Recensement de 2016. Les données indiquent que la proportion des ménages canadiens se trouvant dans cette situation est demeurée stable depuis 2006. En 2016, elle s’établissait à 12,7 %, ce qui représente 1,7 million de ménages.

Tableaux de données de Statistique Canada sur les besoins impérieux en matière de logement

Figure 1 – Proportion historique des ménages éprouvant des besoins impérieux en matière de logement, Canada (sources : Recensements 1991 - 2016, ENM 2011)

Figure 1 – Proportion historique des ménages éprouvant des besoins impérieux en matière de logement, Canada (sources : Recensements 1991 - 2016, ENM 2011)

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Proportion historique des ménages éprouvant des besoins impérieux en matière de logement, Canada (sources : Recensements 1991-2016, ENM 2011)
1991 1996 2001 2006 2011 2016
Canada 13,6 % 15,6 % 13,7 % 12,7 % 12,5 % 12,7 %

Les besoins impérieux en matière de logement sont un indicateur utilisé au Canada1 pour désigner les ménages qui ne vivent pas dans un logement acceptable et sont incapables de s’en procurer un. Il s’agit de ménages habitant un logement considéré comme n’étant pas de qualité convenable ou de taille convenable ou qui est inabordable.

  • Un logement est de qualité convenable si, de l'avis de ses occupants, il ne nécessite pas de réparations majeures.
  • Un logement est de taille convenable si le nombre de chambres est suffisant compte tenu de la taille et de la composition du ménage, au sens des définitions figurant dans la Norme nationale d'occupation (NNO)2.
  • Un logement est abordable si les frais de logement3 représentent moins de 30 % du revenu avant impôt du ménage qui l’occupe.

Un ménage éprouve des besoins impérieux en matière de logement s’il occupe une habitation qui n’est pas de taille ou de qualité convenable, ou qui est inabordable, et si son revenu ne lui permet pas de se procurer un logement acceptable4 sur le marché local.

Tableau 1 – Nombre et proportion des ménages éprouvant des besoins impérieux de logement, Canada, provinces et territoires5 (sources : Recensements 2006 et 2016, ENM 2011)
Nombre de ménages ayant des besoins impérieux Proportion des ménages ayant des besoins impérieux
2006 2011 2016 2006 2011 2016
Canada 1 494 395 1 552 140 1 693 775 12,7 % 12,5 % 12,7 %
Terre-Neuve-et-Labrador 27 310 22 945 22 495 14,2 % 11,4 % 10,5 %
Île-du-Prince-Édouard 6 430 4 945 4 875 12,6 % 9,2 % 8,5 %
Nouvelle-Écosse 43 760 46 285 49 450 12,1 % 12,5 % 12,8 %
Nouveau-Brunswick 29 360 29 570 27 715 10,3 % 9,9 % 9,0 %
Québec 324 590 348 485 305 590 10,6 % 10,8 % 9,0 %
Ontario 627 530 616 930 748 310 14,5 % 13,4 % 15,3 %
Manitoba 46 920 43 405 51 130 11,3 % 10,3 % 11,4 %
Saskatchewan 40 835 47 355 51 755 11,8 % 13,2 % 13,4 %
Alberta 119 050 137 485 164 275 10,1 % 10,7 % 11,4 %
Colombie-Britannique 221 470 247 285 260 220 14,6 % 15,4 % 14,9 %
Yukon 1 875 1 885 2 160 16,3 % 14,6 % 15,2 %
Territoires du Nord-Ouest 2 390 2 215 2 255 17,5 % 15,7 % 15,5 %
Nunavut 2 870 3 355 3 545 37,3 % 39,3 % 36,5 %

 

La proportion des ménages canadiens dont les conditions de logement sont inacceptables est restée stable au cours des 10 dernières années, mais on observe des tendances différentes selon les provinces et les territoires. Entre 2011 et 2016, les conditions de logement se sont détériorées dans les Prairies et en Ontario, alors qu’elles se sont améliorées en Colombie-Britannique, au Québec et dans la majeure partie de la région de l’Atlantique. Les besoins impérieux prédominaient dans les territoires : la proportion du Nunavut est restée la plus élevée du pays, à 36,5 %.

En Ontario, le pourcentage des ménages occupant un logement inacceptable a nettement augmenté : près d’un ménage sur sept éprouvait des besoins impérieux en 2016, soit 130 000 ménages de plus, en chiffres absolus, qu’en 2011. Cette proportion s’est également accrue au Manitoba, où elle a atteint 11,4 %. Même s’il diminue depuis 2011, le pourcentage des ménages de Colombie-Britannique ayant des besoins impérieux en matière de logement reste l’un des plus élevés au Canada, à 14,9 %. Le Québec est la province où la situation des ménages s’est le plus améliorée : la proportion globale est descendue à un creux historique de 9,0 %, ce qui représente, en chiffres absolus, une réduction de plus de 40 000 ménages par rapport à 2011.

 

Tableau 2 – Ampleur des besoins en matière de logement selon le mode d’occupation en 2016 (source : Recensement de 2016)
Tous les ménages Locataires Propriétaires
Nombre P. cent Nombre P. cent Nombre P. cent
Total des ménages ayant des besoins impérieux 1 693 775   1 119 910   573 865
Logements inférieurs à une norme 1 435 815 84,8 % 930 575 83,1 % 505 245 88,0 %
Abordabilité seulement 1 288 315 76,1 % 836 770 74,7 % 451 540 78,7 %
Taille seulement 72 100 4,3 % 59 955 5,4 % 12 140 2,1 %
Qualité seulement 75 405 4,5 % 33 845 3,0 % 41 560 7,2 %
Logements inférieurs à plusieurs normes 257 955 15,2 % 189 335 16,9 % 68 620 12,0 %
Abordabilité et taille 104 910 6,2 % 83 530 7,5 % 21 380 3,7 %
Abordabilité et qualité 129 125 7,6 % 85 730 7,7 % 43 395 7,6 %
Taille et qualité 11 510 0,7 % 9 490 0,8 % 2 015 0,4 %
Abordabilité, taille et qualité 12 415 0,7 % 10 585 0,9 % 1 830 0,3 %

 

L’abordabilité demeure un défi important au Canada, en particulier pour les locataires. Les données du Recensement indiquent que, à l’exception de l’Alberta, les provinces où les besoins impérieux se sont accrus ont aussi vu les frais de logement moyens augmenter plus rapidement que le revenu moyen.

 

Tableau 3 – Les 10 régions métropolitaines de recensement (RMR) enregistrant les plus forts pourcentages de ménages éprouvant des besoins impérieux en matière de logement en 2016, selon le mode d’occupation
Tous les ménages
Nombre
Pourcentage
Toronto 384 280 19,1 %
Vancouver 156 810 17,6 %
Belleville 6 390 15,4 %
Peterborough 7 220 15,1 %
Barrie 10 100 14,4 %
Victoria 21 750 14,2 %
Kingston 9 265 14,2 %
Brantford 7 130 14,0 %
St, Catharines - Niagara 22 665 13,9 %
London 27 390 13,9 %

 

À Toronto, près d’un ménage sur cinq éprouve des besoins impérieux en matière de logement, ce qui fait de l’agglomération torontoise la RMR où cette situation est la plus fréquente au Canada. À Toronto, 36,3 % des ménages locataires avaient des besoins impérieux en matière de logement en 2016. Exception faite de Vancouver et de Victoria, toutes les autres RMR enregistrant les plus fortes proportions de besoins impérieux se trouvent en Ontario.

D’autres outils de visualisation des informations sur les besoins impérieux en matière de logement se trouvent dans le visualiseur de données du Programme de recensement de Statistique Canada. Dans les semaines et les mois à venir, la SCHL continuera de publier des analyses et des tableaux de données détaillés au fur et à mesure de leur disponibilité.


1 L’univers des ménages pris en considération en vue d’évaluer les besoins impérieux en matière de logement ne comprend que les ménages privés non agricoles, non membres d’une bande et vivant hors réserve, qui ont un revenu positif et dont le rapport frais de logement-revenu (RFLR) est inférieur à 100 %.

2 Selon la NNO, « suffisamment de chambres » signifie une chambre pour chaque couple d’adultes, chaque personne seule de 18 ans ou plus faisant partie du ménage, chaque couple d'enfants de même sexe âgés de moins de 18 ans et chaque fille ou garçon additionnel dans la famille, sauf s’il y a deux enfants de sexe opposé âgés de moins de cinq ans, qui peuvent alors partager la même chambre. Un ménage composé d’une personne seule peut occuper un studio (c’est-à-dire un logement sans chambre distincte).

3 Pour les locataires, les frais de logement englobent le loyer et les paiements effectués pour l’électricité, le combustible, l’eau et les autres services municipaux. Pour les propriétaires, ils englobent les versements hypothécaires (capital et intérêt), l’impôt foncier et, s’il y a lieu, les charges de copropriété, ainsi que les paiements effectués pour l’électricité, le combustible, l’eau et les autres services municipaux.

4 Un ménage est en mesure de se procurer logement acceptable si, sur le marché local, le loyer médian (services publics compris) des logements conformes aux trois normes est inférieur à 30 % de son revenu avant impôt.

5 La SCHL et Statistique Canada ne définissent pas de la même façon « dans les réserves » (les ménages vivant dans les réserves ne sont pas visés par l’évaluation des besoins impérieux en matière de logement). Par conséquent, les chiffres historiques sur les ménages au Yukon et en Saskatchewan différeront légèrement entre la SCHL et Statistique Canada, puisque les deux organismes n’ont pas les mêmes chiffres sur les ménages vivant dans les réserves.

Pour en savoir plus sur les concepts et les variables du recensement, consulter le dictionnaire du recensement de Statistique Canada.


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Date de publication : 14 novembre 2017