Le feuillet d’information suivant fait partie de la série générale Votre maison.

La collecte et l’utilisation de l’eau de pluie à la maison

La collecte de l’eau de pluie – et le stockage à des fins d’utilisation ultérieure – est une pratique ancienne. On y a toujours recours dans des régions rurales à travers le monde, et aujourd’hui, elle fait un retour dans des centres urbains comme source supplémentaire d’eau.

Dans sa forme la plus simple, la collecte de l’eau de pluie se résume à placer un baril sous la descente pluviale de votre maison afin de recueillir l’eau qui pourra servir à arroser votre jardin.

Des installations plus importantes et plus sophistiquées peuvent être intégrées dans la plomberie de votre maison afin de fournir de l’eau pour répondre à une variété de besoins domestiques, comme la chasse de la toilette et la buanderie, et même de l’eau potable (dans ce dernier cas, l’eau de pluie sera traitée avant d’être utilisée).

Toutes les installations de collecte de l’eau de pluie, qu’elles soient simples ou complexes, sont dotées des mêmes éléments de base :

  • Une aire de captage pour capter les eaux pluviales – d’habitude, il s’agit du toit de la maison.
  • Un réseau d’adduction servant à amener l’eau du toit vers une zone de stockage – des gouttières et des descentes pluviales, et parfois une canalisation.
  • Un système de stockage de l’eau de pluie pour utilisation ultérieure – un baril, une citerne ou un réservoir.
  • Un réseau d’alimentation qui achemine l’eau de la zone de stockage vers l’endroit où elle sera utilisée – il peut s’agir d’un simple arrosoir jusqu’à une pleine intégration à l’installation de plomberie existante de la maison.


Figure 1 : Installation de collecte de l’eau de pluie dotée d’un système de mise à niveau et d’un tuyau de trop-plein évacuant l’eau de pluie excédentaire vers une sortie convenable

La collecte de l’eau de pluie est avantageuse pour plusieurs raisons :

  • Elle peut servir à diminuer la quantité d’eau traitée municipale que vous utilisez dans votre maison – ce qui contribue à réduire votre facture d’eau.
  • Des citernes plus grandes peuvent aider à éloigner le ruissellement de votre propriété et même l’y retenir – ce qui en réduit les répercussions sur l’infrastructure locale de gestion des eaux pluviales et sur l’ensemble des réseaux d’égouts.
  • L’eau de pluie stockée peut être utilisée pour l’irrigation de l’aménagement paysager, même pendant les périodes d’interdiction d’arrosage, et aide à réalimenter les réserves d’eau souterraine avec de l’eau qui s’écoulerait normalement dans les réseaux d’égouts pluviaux.
  • Pour les personnes qui s’alimentent en eau à partir d’un puits, la collecte de l’eau de pluie offre une façon de réduire la consommation d’énergie pour le fonctionnement de la pompe du puits et de diminuer la quantité d’eau que doit fournir le puits – un point important si votre puits est sujet à des périodes de sécheresse ou aux fluctuations de la nappe aquifère.

Préparatifs

Lorsque vous songez à collecter l’eau de pluie pour votre maison, plusieurs questions doivent être prises en considération.

1. À quoi vous servira l’eau de pluie?

Voulez-vous simplement collecter l’eau de pluie pour arroser à l’extérieur ou êtes-vous intéressé par une installation qui fournira également de l’eau pour un usage à l’intérieur (p. ex., pour la chasse des toilettes, la buanderie)? Ou encore, envisagez-vous d’utiliser l’eau pluie de façon saisonnière, à diverses fins, à votre chalet? Chaque scénario exige un aménagement, de l’équipement, un entretien et des coûts différents.

2. Quelles sont les utilisations de l’eau de pluie qui sont autorisées dans votre région?

L’utilisation de l’eau de pluie et d’autres sources d’eau non potable est règlementée différemment dans chaque province et territoire. Le Code national de la plomberie – Canada 2010 permet l’utilisation de l’eau non potable (y compris l’eau de pluie) pour la chasse d’eau des toilettes et des urinoirs de même que pour l’irrigation extérieure. Cependant, les administrations provinciales, territoriales et locales peuvent avoir des positions et des exigences différentes, il est donc prudent de vérifier auprès des autorités compétentes locales en matière de construction pour voir ce qui est permis dans votre propre région et ce qui ne l’est pas, et ce, avant de construire votre système.

3. De quelle quantité d’eau de pluie ai-je besoin?

Selon l’utilisation que vous voulez en faire, la quantité d’eau de pluie dont vous aurez besoin dépendra des facteurs suivants :

  • Les habitudes de consommation d’eau du ménage – p. ex., combien de fois arrosez-vous à l’extérieur et quelle quantité d’eau est utilisée, combien de fois actionnez-vous la chasse d’eau des toilettes dans une période donnée, combien de brassées de lavage faite-vous?
  • Le nombre de personnes qui composent votre ménage.
  • L’âge et l’efficacité de vos appareils de plomberie (p. ex., les toilettes, les laveuses). S’ils ne sont pas à faible consommation d’eau, vous voudrez peut-être les remplacer par des appareils qui vous permettront de tirer le maximum de l’eau de pluie que vous recueillez et de l’eau municipale que vous achetez.

Le feuillet La collecte et l’utilisation de l’eau de pluie à la maison : guide de collecte de l’eau de pluie à l’intention des propriétaires-occupants publié par la SCHL comprend une feuille de travail sur la consommation d’eau résidentielle par activité du ménage fondée sur les taux de consommation moyens. Elle vous aidera à calculer la quantité d’eau de pluie nécessaire pour répondre aux divers besoins quotidiens, hebdomadaires, mensuels et annuels de votre ménage – selon ce qui est permis par l’organisme responsable de la construction de votre région.

4. Quelle quantité d’eau de pluie puis-je recueillir?

La quantité d’eau de pluie que vous pouvez recueillir est calculée en fonction de la superficie de l’aire de captage et des conditions climatiques et de précipitations dans votre région. En général, on considère qu’environ 80 % des précipitations annuelles que reçoit une surface de captage peuvent être recueillies; le reste est perdu en raison des débordements, des fuites, de l’absorption par les matériaux de la toiture, etc. Consultez le guide (voir la référence ci-dessus) pour savoir comment déterminer la quantité d’eau de pluie que vous pourriez être en mesure de recueillir sur une année.

5. Quelle quantité d’eau de pluie puis-je stocker?

Les réservoirs de stockage d'eau de pluie sont offerts dans de nombreuses dimensions : de moins de 100 L, pour l’arrosage supplémentaire des plantes extérieures, à des milliers de litres pour les réseaux résidentiels plus importants.

Le guide sur la collecte de l’eau de pluie peut vous aider à déterminer la taille optimale du réservoir pour disposer du volume précis d’eau nécessaire à partir de la superficie de votre toit et des conditions climatiques locales.

Conception de l’installation

Cette section donne un aperçu des principaux composants et des caractéristiques d’une installation de collecte de l’eau de pluie.

Aire de captage du toit

Certains matériaux de toiture peuvent avoir une incidence sur la quantité et la qualité de l’eau de pluie. Par exemple, des matériaux poreux, comme les bardeaux d’amiante, les tuiles d’argile ou de béton ou les bardeaux de bois absorberont une certaine quantité d’eau de pluie, ce qui réduira la quantité recueillie durant un épisode de précipitation. D’autres matériaux non absorbants, comme l’acier, laissent couler l’eau qui sera facilement recueillie. Certains matériaux de toiture peuvent contenir des contaminants (métaux lourds et pesticides) qui peuvent être absorbés par l’eau de pluie à mesure qu’elle coule sur la surface du toit, faisant en sorte qu’elle ne peut être utilisée comme eau potable ou pour arroser des plantes comestibles.


Figure 2 : Le matériau de couverture (bardeaux de bois, par exemple) peut influencer la quantité et la qualité de l’eau de pluie que vous pouvez recueillir

Gouttières et descentes pluviales

Pour profiter pleinement de l’aire de captage, votre maison doit être dotée de gouttières dont les dimensions et la pente sont adéquates et compter le nombre approprié de descentes pluviales. Autrement, l’eau pourrait déborder durant une tempête de forte pluie et être absorbée dans le sol ou s’écouler dans les égouts pluviaux. Il pourrait être nécessaire d’avoir un réseau de collecte souterrain qui recueille toute l’eau évacuée par les descentes pluviales situées à différents endroits autour de la maison afin de profiter pleinement de l’eau de pluie qui tombe sur le toit.

Canalisation du réseau d’adduction de l’eau de pluie 


    Photo par : Bob Burgess (www.rainwaterconnection.com)
    Figure 3 : Opération d’enfouissement d’un réservoir d’eau de pluie en béton (de 10 600 L)

Le réseau d’adduction comprend la plomberie utilisée pour transporter l’eau de pluie vers le réservoir et la distribuer du réservoir vers les différents endroits où elle sera utilisée. Les matériaux, la taille et les pentes des canalisations sont règlementés par les codes locaux et provinciaux. Les canalisations hors sol devraient résister aux UV et avoir une structure suffisamment forte pour les empêcher de se déformer ou d’être endommagées.

Réservoirs de stockage de l’eau de pluie

Les réservoirs peuvent être installés en surface ou sous terre (voir la figure 3), à l’extérieur ou à l’intérieur de la maison, du garage ou d’une remise; ils sont offerts dans de nombreux formats et matériaux.

Les réservoirs en polyéthylène ou en polypropylène sont les plus courants. Ils sont durables, légers et offerts dans un éventail de formats, de formes et de couleurs, et conviennent habituellement à une installation en surface ou sous terre (voir figure 4). Les réservoirs en béton ne sont habituellement utilisés que pour les installations souterraines. Ils peuvent être intégrés aux fondations d’un bâtiment ou installés de façon isolée ailleurs sur votre terrain.

Parmi les autres types de matériaux, on trouve la fibre de verre (en surface ou sous terre), l’acier galvanisé (peu coûteux, en surface seulement), l’acier inoxydable (plus coûteux, en surface seulement) et le bois (esthétique, en surface seulement).

Mesures protectrices


Figure 4 : La collecte de l’eau de pluie dans sa forme la plus simple : un baril placé sous une descente pluviale

Un système bien conçu comprend un tuyau de trop-plein afin d’offrir une protection contre les dommages causés par le débordement du réservoir pendant les périodes de fortes pluies ou de faible utilisation. Toute l’eau excessive devrait être évacuée loin des fondations et d’autres structures.

Les réservoirs, les réseaux d’adduction et les installations d’alimentation doivent être protégés contre le gel. Tous les composants souterrains devraient être installés sous la ligne de gel. Les installations saisonnières devraient être complètement vidées à la fin de la saison.

Pour les installations de plomberie où il y a possibilité que des canalisations d’adduction de l’eau de pluie soient interconnectées avec les canalisations d’eau potable de la maison, l’utilisation de dispositifs d’antirefoulement garantit que l’eau non potable ne pourra pas refouler dans le réseau d’eau potable et ainsi le contaminer – il s’agit d’une exigence du Code national de la plomberie – Canada 2010.

Traitement de l’eau de pluie et composants de filtration

L’eau de pluie peut être contaminée par des résidus de feuilles et des débris provenant de votre toit, de même que par la poussière et la pollution de l’air ambiant. Ces contaminants doivent être retirés avant qu’ils n’aboutissent dans votre réservoir de stockage. Des dispositifs de préfiltration peuvent être intégrés au réseau d’adduction afin d’éliminer les contaminants provenant du toit avant que l’eau n’atteigne le réservoir de stockage. Les protège-gouttières, les filtres de descentes pluviales et les dispositifs de déviation des eaux de ruissellement initiales font partie des options qui peuvent servir à dévier les quelques premiers litres d’eau de pluie provenant du toit du réseau d’adduction, et ce, au début de chaque épisode de précipitation.

Traitement après stockage

Selon l’utilisation prévue de l’eau de pluie, vous pourriez envisager le recours à une certaine forme de filtration ou de désinfection de l’eau qui provient du réservoir de stockage afin de réduire les risques possibles pour la santé, particulièrement si vous avez l’intention de boire l’eau de pluie recueillie. Informez-vous auprès des services de santé et du bâtiment de votre région.

Préparation en vue de la mise en place

L’installation adéquate d’un système de collecte de l’eau de pluie est essentielle. Bien qu’un simple baril de pluie peut être placé à peu près n’importe où avec très peu de restrictions (sauf qu’il faut s’assurer que l’eau ne se renverse pas contre le mur ou les fondations de la maison), un système important doit être installé de manière sécuritaire, conformément aux normes et codes locaux. Que vous optiez pour un réservoir en surface, à l’intérieur ou souterrain, un certain nombre d’enjeux doivent être pris en considération.

Choix de l’emplacement

En choisissant bien l’emplacement on évitera que l’eau de pluie n’endommage les éléments existants de la propriété, ne nuise à ces derniers ou encore que l’installation de collecte ne soit endommagée. On doit tenir compte de l’emplacement des services publics, des puits et des fosses septiques; de la topographie, de la profondeur du sous-sol rocheux et du type de sol; des servitudes de la propriété et des droits de passage ainsi que de la visibilité et de l’esthétique pour vous et pour vos voisins.


Photo par : Bob Burgess (www.rainwaterconnection.com)
Figure 5 : Une citerne en acier de 45 500 L

Emplacement de la citerne

L’eau est lourde – 1 000 L (quantité suffisante pour remplir un cube de 1 m3 sur 1 m3 sur 1 m3) pèsent 1 000 kg – , la citerne doit donc être soutenue par une structure adéquate. Selon la règlementation en vigueur, les citernes en surface peuvent être placées sur une base plate et de niveau constituée de béton, de terre compactée ou de gravier. Certaines municipalités exigent que la base soit conçue par un ingénieur de structures. Qu’elle soit à l’intérieur ou à l’extérieur, la citerne doit aussi être fixée solidement en place afin d’éviter qu’elle ne se renverse. Les citernes souterraines doivent être dotées de dispositifs d’ancrage ou être lestées afin de s’assurer que la poussée ascendante ne les fait pas remonter à la surface.

Santé et sécurité

Les questions de santé et de sécurité de votre installation de collecte de l’eau de pluie doivent être abordées. Tous les travaux de plomberie et d’électricité doivent être exécutés par des plombiers et des électriciens agréés, conformément aux codes et règlements en vigueur.

De plus, le Code national de la plomberie – Canada 2010 exige que la plomberie qui fournit de l’eau non potable dans une résidence soit étiquetée en conséquence. Ceci évitera que les plombiers ou les bricoleurs ne raccordent accidentellement l’alimentation en eau non potable aux canalisations d’eau potable, ce qui contaminerait l’eau potable et pourrait compromettre la santé du ménage. Vérifiez auprès de votre organisme de règlementation local pour connaître les précautions à prendre dans votre région.

Entretien 


    Photo by: www.mastermylist.com/gutters/
    Figure 6 : Il importe d’entretenir les gouttières et les descentes pluviales pour éviter les problèmes : complètement bouchée par les débris, cette descente a dû être remplacée.

Une installation de collecte de l’eau de pluie doit l’objet d’un suivi continu et d’un entretien périodique afin d’éviter le blocage, la contamination et les fuites indésirables et de garantir un rendement optimal et la qualité de l’eau.

La majorité des méthodes d’entretien sont rapides et faciles à exécuter et exigent principalement une inspection visuelle des composants de l’installation tous les 3, 6 et 12 mois, ainsi que le remplacement ou la réparation de composants au besoin. Certaines municipalités peuvent exiger qu’une inspection annuelle soit effectuée par un maître plombier. Il est également recommandé que le réservoir de stockage soit vidé tous les 3 à 5 ans afin de vérifier s’il y a détérioration et d’y retirer tous les débris qui s’y sont accumulés. La publication de la SCHL intitulée La collecte et l’utilisation de l’eau de pluie à la maison : guide de collecte de l’eau de pluie à l’intention des propriétaires-occupants, contient un calendrier détaillé des inspections et des entretiens ainsi que des conseils pour le dépannage.

Établissement du coût de l’installation

Parce que chaque installation est unique, son coût le sera également. Selon sa taille et sa complexité, une installation de collecte de l’eau de pluie peut coûter entre quelque centaines de dollars et des milliers de dollars. Le coût peut aussi varier d’une région à l’autre et en fonction de la disponibilité des gens de métier et des spécialistes de la collecte de l’eau de pluie.

Obtenir des estimations

Parlez à plusieurs fournisseurs ou spécialistes de la collecte de l’eau de pluie et obtenez des estimations afin d’être en mesure de faire une comparaison et de choisir l’installation qui offre le meilleur retour sur investissement. Utilisez la feuille d’établissement des coûts qui figure dans la publication de la SCHL, intitulée La collecte et l’utilisation de l’eau de pluie à la maison : guide de collecte de l’eau de pluie à l’intention des propriétaires-occupants, afin de vous assurer d’inclure tout ce dont vous avez besoin pour votre installation et de faire le suivi des devis.

Outils et ressources supplémentaires

La collecte et l’utilisation de l’eau de pluie à la maison : guide de collecte de l’eau de pluie à l’intention des propriétaires-occupants (le document source sur lequel se fonde le présent feuillet de la série « Votre maison »). Il comprend des feuilles de travail, des listes pour la planification et l’établissement des coûts, etc.

L’aménagement paysager chez soi – guide canadien

Un jardin pluvial pour mieux gérer les eaux de ruissellement dans votre cour

Économiser l’eau chez soi

Canada

Partager...


Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre)