Le feuillet d’information suivant fait partie de la série générale Votre maison.

Les pelouses à faible entretien

Bien que les Canadiens aient de plus en plus tendance à choisir des éléments de rechange, les pelouses demeurent l’élément d’aménagement paysager dominant des terrains résidentiels. Relativement peu coûteuse à installer, la pelouse offre une vue dégagée et une surface souple qui résiste au piétinement et qui se prête à la tenue de diverses activités récréatives.

Or, la pelouse peut exiger beaucoup de travail. Il est toutefois possible de réduire le temps passé à l’entretenir, ainsi que les coûts et les impacts environnementaux que cela entraîne en limitant la surface gazonnée sur votre terrain, en choisissant une pelouse à faible entretien, ou en optant pour les deux solutions. Ce feuillet documentaire de la série « Votre maison » explique les avantages de la pelouse à faible entretien et prodigue des conseils de plantation et d’entretien.


Figure 1 : Vue rapprochée d'une pelouse traditionnelle (gauche) et d'une pelouse à faible entretien (droite)

Qu’est-ce qu’une pelouse à faible entretien?

La pelouse traditionnelle se compose habituellement d’un petit nombre d’herbes à gazon fines comme le pâturin des prés. Ces herbes sont surtout choisies pour leurs qualités esthétiques (figure 1 – image de gauche).

Pour leur conserver leur couleur verte, leur homogénéité et leur aspect soigné, bien des gens les tondent au moins une fois par semaine et les arrosent régulièrement. Ils en taillent aussi les bordures, les fertilisent et les traitent contre les ravageurs (insectes, maladies et mauvaises herbes). Tous ces travaux prennent du temps, sont coûteux et exigent beaucoup de ressources. Certains peuvent même avoir des répercussions indésirables :

  • Consommation d’eau accrue. La consommation d’eau double en été, principalement à cause de l’arrosage des pelouses et des jardins. Cette consommation d’eau excessive abaisse la nappe phréatique et réduit le débit des cours d’eau, ce qui nuit aux poissons et aux autres formes de vie aquatique. Il en coûte aussi plus cher aux municipalités pour traiter l’eau, et les propriétaires de maison voient leur facture d’eau augmenter. Pour réduire les coûts, certaines municipalités imposent des restrictions d’arrosage visant les pelouses et les jardins lorsque les précipitations sont peu importantes.
  • Accroissement du bruit et de la pollution de l’air. L’emploi régulier de tondeuses, de coupe-bordures ou d’autres appareils électriques ou à essence produit du bruit ainsi que des gaz qui polluent l’air.
  • Utilisation accrue des pesticides. De nombreux Canadiens réduisent volontairement l’emploi des pesticides et certaines municipalités canadiennes en restreignent l’utilisation. Ces tendances reflètent les préoccupations croissantes que suscitent les pesticides en ce qui concerne les risques potentiels pour la santé et l’environnement.
  • Utilisation accrue d'engrais. Selon le type et les conditions de sol particulières, des engrais peuvent être lessivés jusque dans les eaux souterraines et atteindre les lacs et les rivières par ruissellement. Ce phénomène a des conséquences néfastes pour la qualité de l’eau et la vie aquatique. Avec le temps, les résidus d’engrais peuvent diminuer la qualité du sol.

Les pelouses à faible entretien sont réalisées à partir d’un mélange d’herbes à gazon et de fétuques à la fois rustiques, peu exigeantes en eau et à croissance lente et basse, ainsi que d’espèces à larges feuilles résistant au piétinement comme le trèfle (figure 1 – image de droite). Ces espèces requièrent une tonte, une fertilisation et un arrosage moins fréquents que celles des pelouses traditionnelles (figure 2). Comme on le verra ci-après, une pelouse à faible entretien demande peu d’effort de la part du propriétaire et de l’environnement.

Une pelouse à faible entretien a un aspect moins uniforme que la pelouse traditionnelle. Pour certaines personnes, ce genre de pelouse peut nécessiter une nouvelle façon de voir les choses. Car une apparence moins soignée vaut bien les économies de temps et d’argent réalisées de même que les avantages environnementaux.


Figure 2 : Cette pelouse à faible entretien n’est tondue que deux ou trois fois par année et ne nécessite aucun autre entretien. Elle est constituée de trèfle rampant et d’herbes à gazon.

Les avantages d’une pelouse à faible entretien


Figure 3 : Comparaison des tâches nécessaires pour les pelouses à faible entretien et les pelouses traditionnelles

En 1998 et 1999, la SCHL a étudié le temps, les coûts et les ressources qu’il fallait investir pour créer et entretenir sept types d’aménagement paysager en milieu résidentiel. C'est ainsi que les activités d’entretien associées à 30 aménagements du sud de l’Ontario ont été relevées sur une période de deux ans. Au sujet de la pelouse, l’étude a comparé les tâches d’entretien requises pour cinq pelouses traditionnelles avec celles requises pour quatre pelouses à faible entretien. Les résidents possédant une pelouse à faible entretien ont consacré 50 % moins de temps, dépensé 85 % moins d’argent, consommé 50 % moins d’énergie (électricité, carburant), épandu 85 % moins d’engrais, utilisé 100 % moins d’eau et appliqué 100 % moins de pesticides par année que ceux qui avaient installé une pelouse traditionnelle (figure 3). L’étude a permis d’estimer que les frais de plantation étaient comparables, quoique, selon les espèces choisies, les mélanges spécialisés de semences à faible entretien pouvaient coûter un peu plus cher que les semences ordinaires.

Pour créer et entretenir une pelouse à faible entretien, il faut suivre trois étapes : choisir un mélange d’espèces approprié, procéder à la mise en place et changer ses habitudes d’entretien.

Choisir les espèces appropriées

Les pelouses à faible entretien se composent d’un mélange d’espèces réputées pour leur rusticité, leur adaptabilité à un large éventail de conditions et leur grande résistance à la sécheresse par rapport aux espèces ordinaires. La plupart de ces espèces croissent lentement ou restent près du sol, donc doivent rarement être tondues. Certaines espèces, comme les fétuques, sont moins susceptibles d’être envahies par les insectes et de subir d’autres genres d’agression. D’autres, comme le trèfle, sont capables de fixer l’azote, un nutriment important pour les plantes, dans le sol. En diversifiant les espèces, on s’assure qu’en cas d’attaque d’une maladie ou d’un insecte contre une ou deux espèces vulnérables, les autres espèces pourront compenser.

Le tableau 1 présente une liste de certaines espèces qui conviennent à l’installation d’une pelouse à faible entretien. Pour obtenir un résultat maximal, choisissez un mélange qui conviendra à votre climat, à vos conditions de sol, comme la texture et le pH, et aux conditions d’ensoleillement ou d’ombrage. (Pour en savoir plus sur l’évaluation de votre sol, consultez le feuillet documentaire de la série « Votre maison » de la SCHL intitulé Apprenez à connaître votre sol.) Un mélange d’espèces résistant à la sécheresse et de gazon de saison chaude et fraîche vous offrira un tapis de verdure tout au long de l’été presque sans nécessiter d’arrosage de votre part.

Il est préférable de créer un mélange de fétuques, d’autres herbes à gazon et d’espèces à larges feuilles. Ces dernières peuvent être constituées de trèfle, de lotier corniculé ou de vesce. Il n’existe pas de formule exacte pour créer le meilleur mélange pour une pelouse à faible entretien; on s’en tient généralement à la proportion suivante : 40 % de fétuques, 40 % d’autres herbes à gazon et 20 % d’espèces à larges feuilles. Vous pouvez adapter ces pourcentages en fonction de vos propres préférences et de l’utilisation que vous comptez faire de votre gazon. Par exemple, si les activités seront régulièrement intensives, réduisez la proportion de fétuques.

Afficher le tableau 1 : Comparaison de certaines espèces de pelouses à faible entretien

Il existe actuellement sur le marché un nombre croissant de mélanges de semences pour créer une pelouse à faible entretien. On peut aussi trouver à certains endroits des pelouses à faible entretien sous forme de gazon en plaque de qualité commerciale ou spéciale. Tant pour les plaques que pour les mélanges de semences préparés, la diversité des espèces a tendance à être limitée. Au besoin, vous pouvez modifier le mélange en ajoutant quelques espèces complémentaires.

Il faut savoir que certaines espèces de pelouse traditionnelle ou à faible entretien peuvent être envahissantes dans quelques régions du Canada (voir la section « Sources de référence et lectures additionnelles »), et que les espèces de rechange non envahissantes ne sont pas encore très faciles à trouver. Si vous habitez à proximité d'un secteur naturel, essayez de prévenir l'expansion potentielle de plantes envahissantes en tondant le gazon avant que les herbes montent en graines et (ou) en aménageant une bordure, comme un lit d’arbustes ou une bordure rigide, entre la pelouse et la zone naturelle. Pour optimaliser votre choix en fonction de votre région et éviter la possibilité d'introduire des espèces envahissantes, demandez conseil à un fournisseur fiable de semences indigènes afin de savoir quelles espèces conviendraient à votre mélange.

Comme les tâches d'entretien seront réduites, certaines espèces coloniseront naturellement votre pelouse. Bon nombre de ces espèces colonisatrices constituent des éléments souhaitables au sein d'une pelouse à faible entretien, mais certaines peuvent s'avérer indésirables et devront être enlevées. C'est le cas des chardons, de l'herbe à poux, de la grande ortie, de la stramoine, des plantes qui croissent trop rapidement pour permettre d'espacer les travaux de tonte, et d'autres végétaux que, personnellement, vous n'aimez pas.

Consultez les conseils d'entretien donnés plus bas pour savoir comment enlever les mauvaises herbes.

Mise en place d’une pelouse à faible entretien

Avant d'aménager votre pelouse, évaluez vos besoins et cherchez à déterminer les meilleurs emplacements pour sa mise en place. Là où la pelouse ne servira pas à des activités particulières, songez à d'autres solutions exigeant peu d'entretien, comme un boisé, un pré ou des plantes couvre-sol. Les grandes étendues de terrain relativement plat conviennent mieux et sont plus faciles à entretenir sous forme de pelouse que les pentes, les endroits ombragés, les passages étroits ou plusieurs petits espaces gazonnés. Par exemple, une cour latérale étroite que les gens empruntent à l'occasion sera mieux servie par des plantes couvre-sol ou de petits arbustes où vous aurez aménagé un sentier de pas japonais ou de briques concassées.

Pour préparer le terrain, ameublissez la terre jusqu'à une profondeur de 10 à 15 cm (4 à 6 po) à l'aide d'une fourche ou d'une bêche. Si vous choisissez des espèces adaptées à votre terrain, vous n'aurez pratiquement pas besoin d'amender le sol. Bien des espèces pour pelouse à faible entretien sont adaptées aux sols pauvres (infertiles) et certaines, comme le trèfle, fixent l'azote. Le tableau 1 énumère les caractéristiques de plusieurs espèces. Pour certains mélanges, ou dans les cas où les sols sont particulièrement pauvres, il vous faudra peut-être amender un peu votre sol. Pour en savoir plus sur l'analyse et l'amendement du sol, consultez le feuillet documentaire de la série « Votre maison » de la SCHL intitulé Apprenez à connaître votre sol. Étalez uniformément la matière que vous avez choisie pour amender le sol et faites-la entrer dans la terre jusqu'à une profondeur d'environ 10 cm (4 po). Lissez la surface au râteau en prenant soin de ne pas compacter le sol.

Il est préférable de procéder à l’ensemencement ou à la pose des plaques le plus tôt possible après la préparation de la surface. Si vous attendez trop longtemps, les mauvaises herbes pourraient avoir le temps de s’installer chez vous et votre terrain pourrait être plus exposé à l’érosion en raison de la présence de sol nu.

Le printemps et l'automne sont les moments les plus propices pour semer. Cela dit, si vous ensemencez au printemps, les semences seront davantage concurrencées par les mauvaises herbes. Les plaques peuvent être mises en place au printemps ou durant la première moitié de l'automne. Renseignez-vous auprès de votre fournisseur pour savoir quel est le meilleur moment pour procéder à l'installation. Même si un ensemencement ou une plantation en été requiert un arrosage additionnel considérable, vous ne pourrez peut-être pas faire autrement dans certaines circonstances.

Épandez les semences uniformément, en suivant les instructions de votre fournisseur. Si vous semez à la main, épandez la moitié des semences en marchant dans une direction, et l'autre moitié en marchant dans l'autre direction. Vous pouvez mélanger les semences avec du sable pour obtenir un épandage plus uniforme. Faites entrer les semences dans le sol avec un râteau, puis passez la zone au rouleau pour que les graines soient bien en contact avec la terre. Certaines semences sont très fines et peuvent être écrasées par le rouleau; il faudra donc laisser tomber cette étape si vous utilisez ce genre de graines. Enfouissez les semences jusqu'à une profondeur maximale de 1 cm (3/8 po). Des épandeurs mécaniques peuvent effectuer l’enfouissement et le recouvrement des semences en une seule opération. Un paillis léger, comme la paille, vous aidera à maintenir le sol humide et empêchera les semences de s'éparpiller. La paille en vrac peut contenir des graines de mauvaises herbes et peut être soufflée par le vent; utilisez plutôt un tapis de paille.

Sauf s'il pleut, arrosez quotidiennement pendant trois à six semaines ou jusqu'à l'établissement. Arrosez assez profondément pour humidifier le sol environnant, mais légèrement, car un jet d'eau trop puissant risque de déloger les semences. Évitez de marcher sur la zone ensemencée jusqu'à l'établissement. Si vous semez à la fin de l'automne, vous n'aurez pas besoin d'arroser, mais vous devrez arroser si vous semez au printemps et que les précipitations sont insuffisantes. Ne tondez le gazon que lorsqu'il a atteint une hauteur de plus de 6 cm (2 ½ po).

Si vous posez des plaques de gazon à faible entretien, votre fournisseur peut vous informer davantage. Arrosez immédiatement après l'installation de manière que l'eau atteigne le sol sous les plaques. Maintenez les plaques humides pendant trois semaines ou jusqu'à l'établissement.

Transformer une pelouse existante

Pour transformer graduellement une pelouse existante en pelouse à faible entretien, passez le râteau afin d'exposer des zones de sol nu, puis, au besoin, terreautez avec une matière organique appropriée comme le compost et sursemez avec des espèces exigeant peu d'entretien (consultez le tableau 1). Suivez les instructions d'arrosage données dans la section précédente. Selon les espèces qui composent déjà votre pelouse, vous devrez peut-être sursemer chaque année durant trois ans. Vous pouvez commencer à réduire vos activités d'entretien régulières immédiatement et continuer de les réduire à mesure que changera la composition des espèces.

Vous obtiendrez des résultats plus rapides en arrachant la vieille pelouse au moyen d'une déplaqueuse de gazon, d'une bêche ou d'un coupe-bordures, en vous assurant de retirer toutes les racines. Vous pouvez aussi détruire la pelouse en la tondant au ras du sol et en la recouvrant d'une épaisse feuille de plastique noir retenue au sol par des pierres. Laissez la membrane en place pendant au moins deux mois. Après avoir enlevé le plastique, faites pénétrer le gazon mort dans le sol. Préparez la zone de plantation et installez la pelouse à faible entretien en suivant les instructions données plus haut pour la mise en place d'une nouvelle pelouse.

Entretien

Ces conseils d'entretien vous aideront à garder la pelouse et le sol en santé sans pour autant devoir procéder à une tonte, à un arrosage, à une fertilisation et à un épandage de pesticides intensifs. Ils s'appliquent aussi aux pelouses traditionnelles, mais ils seront plus efficaces avec les gazons à faible entretien.

Pour en savoir plus sur la mise en place et l'entretien d'une pelouse, consultez la publication de la SCHL intitulée L'aménagement paysager chez soi – guide canadien.

Tonte

Les pelouses à faible entretien n'ont pas besoin d'être tondues aussi souvent que les autres. Coupez l'herbe à une hauteur d'au moins 6 à 8 cm (2 ½ à 3 po). Cette hauteur contribue à renforcer les racines, facilite la rétention de l'eau et des nutriments, et outille la pelouse pour lui permettre de résister aux attaques des ravageurs. Vous pouvez laisser les rognures de gazon sur la pelouse afin de lui ajouter des éléments nutritifs et d'en conserver l'humidité.

Si vous utilisez une tondeuse déchiqueteuse, les rognures seront finement broyées, ce qui évite la formation d'un tapis de chaume et améliore la circulation de l'air et de l'eau. L'emploi d'une tondeuse mécanique élimine la consommation d'essence et d'électricité, et produit beaucoup moins de bruit qu'une tondeuse motorisée. Mais quel que soit votre choix, il faut que les lames de la tondeuse soient toujours bien affûtées. Les lames émoussées déchirent le gazon, ce qui l'expose aux maladies et aux effets de la chaleur.

Arrosage

Dans le cas des nouvelles plantations et des sursemis, maintenez le sol humide jusqu'à ce que la nouvelle pelouse soit établie, comme l'explique la section « Mise en place d'une pelouse à faible entretien ». Une fois que la pelouse est établie, et si vous avez choisi des espèces bien adaptées aux conditions d'humidité de votre terrain, votre pelouse ne devrait pratiquement pas avoir besoin d'être arrosée. La plupart des pelouses à faible entretien tolèrent bien la sécheresse. Par temps chaud et sec, les espèces de saison fraîche entrent en dormance et brunissent. Elles reprennent de la vigueur naturellement lorsque les conditions plus fraîches et plus humides reviennent. Si vous avez inclus dans votre mélange quelques espèces de saison chaude et à larges feuilles, vous aurez de la verdure pendant toute la saison. Pour obtenir d'autres conseils d'arrosage, consultez le feuillet de la série « Votre maison » de la SCHL intitulé Comment entretenir vos pelouses et jardins en économisant l'eau.

Fertilisation

Les pelouses à faible entretien sont généralement constituées d'espèces qui requièrent des conditions de fertilité minimales. Certaines espèces, comme le trèfle, fixent l'azote, ce qui réduit les besoins de la pelouse en matière d'engrais. Les rognures de gazon laissées sur la pelouse sont une autre source de nutriments. En réduisant l'emploi des pesticides, les organismes utiles qui vivent dans le sol peuvent se développer et contribuer davantage à nourrir le sol. Bref, une pelouse à faible entretien n'a pas besoin de beaucoup d'aide pour se nourrir.

Pendant l'établissement d'une pelouse à faible entretien, l'application d'un amendement non synthétique, comme le compost, peut favoriser la croissance des racines et stimuler un sol à la santé chancelante. Dans tous les autres cas, utilisez les amendements avec parcimonie, c'est-à-dire seulement si la pelouse se développe difficilement. Consultez le feuillet « Votre maison » de la SCHL intitulé Apprenez à connaître votre sol pour en savoir davantage sur l'analyse et l'amendement des sols. Il est particulièrement important de ne pas trop fertiliser une pelouse à faible entretien, car cela peut endommager certaines espèces. En outre, plus vous donnerez de nutriments à une pelouse, plus vous aurez besoin de l'arroser et de la tondre.

La lutte contre les ravageurs

Bon nombre de pelouses à faible entretien résistent mieux aux maladies et aux insectes que les pelouses constituées d'espèces traditionnelles. La diversité des espèces contribue aussi à protéger les gazons contre la possibilité qu'un ravageur détruise la pelouse au complet. En vous conformant aux autres pratiques d'entretien expliquées dans le présent feuillet « Votre maison », vous garderez votre pelouse en santé et la prémunirez davantage contre les assauts des ravageurs. Par exemple, en maintenant le gazon à une hauteur d'au moins 6 à 8 cm (2 ½ à 3 po), vous réduirez les invasions par les mauvaises herbes, étant donné que le sol est peu exposé. Il sera aussi plus facile pour la pelouse de résister au stress causé par la chaleur et la sécheresse. En sursemant les zones dénudées, vous réduirez aussi l'espace disponible pour les mauvaises herbes.

Malgré tout, une pelouse à faible entretien peut être attaquée par les mauvaises herbes, les insectes et les maladies. Soyez toujours à l'affût des ravageurs ou des dommages qu'ils causent et essayez de les identifier. Renseignez-vous à leur sujet – qu'est-ce qu'ils aiment, qu'est-ce qu'ils n'aiment pas, à quel moment êtes-vous le plus susceptible d'en trouver. L'apparition d'un ravageur ne signifie pas nécessairement qu'il va vous causer des problèmes. De nombreux ravageurs ne sont pas envahissants ou disparaissent naturellement. Surveillez-les et ne passez à l'attaque que s'ils atteignent une concentration inacceptable.

Procédez à des traitements ponctuels si le besoin s'en fait sentir, au lieu d'effectuer des traitements réguliers ou des applications générales de produits sur toute votre pelouse, qu'il y ait un problème ou non.

Optez pour le traitement le moins agressif et le plus spécifique pour le ravageur que vous cherchez à éliminer. Il peut s'agir d'une lutte manuelle ou culturale, comme l'arrachage à la main des mauvaises herbes ou le piégeage de certains insectes.

Certaines plantes repoussent les ravageurs; d'autres attirent leurs prédateurs naturels. Vous pouvez acheter des produits de lutte biologique, comme des prédateurs qui vous aideront à contenir certains ravageurs sans nuire aux autres espèces.

Le tableau 2 donne des exemples de traitements non synthétiques pour deux problèmes affectant souvent les pelouses. N'envisagez l'emploi d'un pesticide que si les méthodes non synthétiques échouent. Encore une fois, il importe de ne traiter que la zone touchée et de cibler les traitements au fur et à mesure que les problèmes se présentent, tout en vous assurant que le pesticide choisi ne cause pas de tort aux organismes utiles tels que les coccinelles, les chrysopes vertes ou les oiseaux. Consultez votre municipalité pour savoir s'il existe des règlements contre l'emploi de pesticides. Pour en savoir plus sur la lutte contre les ravageurs, consultez la section intitulée « Sources de renseignements et lectures additionnelles » de même que la publication de la SCHL L'aménagement paysager chez soi – guide canadien.

Redéfinir les mauvaises herbes

Dans les pelouses à faible entretien, certaines espèces qui étaient jadis considérées comme des mauvaises herbes, telles que le trèfle, le lotier corniculé et la vesce, pourraient en fait s'avérer bénéfiques (voir la section « Choisir les espèces appropriées »). Même celles qui ne sont pas assez bénéfiques sont acceptables lorsque l'uniformité n'est plus un critère. Déterminez votre propre niveau de tolérance pour les plantes que vous êtes disposé à accepter et celles que vous préférez enlever.

Sur une petite pelouse, vous pouvez enlever les espèces indésirables à la main ou avec un petit outil. Arrachez les mauvaises herbes lorsqu'elles sont immatures, c'est-à-dire avant qu'elles montent en graines. Elles sont plus faciles à extirper lorsque le sol est humide. Prenez garde de ne pas trop briser le sol ou les plantes entourant la région immédiate, et essayez d'enlever toute la racine.

Des discussions sont en cours pour tenter de concilier la nécessité de lutter contre les mauvaises herbes avec la tendance croissante à diversifier les pelouses et à favoriser les plantations naturelles. Dans le doute au sujet du type de plante auquel vous avez affaire, communiquez avec l'inspecteur de mauvaises herbes de votre localité.

Sursemis, déchaumage et aération

Au cours du premier printemps ou du premier automne qui suit la mise en place de votre pelouse, réensemencez les zones où les semences de pelouse n'ont pas bien germé. Ameublissez la surface du sol avec un râteau et, s'il y a lieu, terreautez en ajoutant du compost ou d'autres amendements. Épandez les semences uniformément et enfouissez-les jusqu'à une profondeur maximale de 1 cm (3/8 po). Comme nous l'avons déjà mentionné, le sursemis est une autre façon d'établir une pelouse à faible entretien. Une fois la pelouse établie, vous devrez sans doute sursemer à l'occasion pour limiter l'installation des mauvaises herbes. Maintenez les zones sursemées humides pendant quelques semaines.

Le chaume est une couche d'herbes et de feuilles partiellement décomposées qui s'accumule graduellement à la surface du sol. Une certaine quantité de chaume est bénéfique, car celui-ci agit comme un isolant pour le sol et comme un coussin protégeant la pelouse contre le piétinement tout en contribuant à conserver l'humidité et à ajouter des nutriments. Cependant, s'il est trop épais, il peut nuire à l'infiltration de l'eau, bloquer le passage de l'oxygène et des nutriments vers le sol et même étouffer des plantes.

Avec une pelouse à faible entretien, vous tondrez le gazon moins souvent; donc, l'accumulation de chaume sera moins rapide. Si, toutefois, il atteint plus de 1,5 cm (5/8 po) d'épaisseur, vous pourriez devoir déchaumer. Vous pouvez passer le râteau à l'automne ou louer une déchaumeuse dans un centre de jardinage, dont certaines s’installent sur la tondeuse. Le chaume ainsi enlevé peut être composté.

L'aération consiste à pratiquer des perforations dans le sol à travers la pelouse pour en extraire de petites carottes de terre. Elle contribue à réduire la compacité du sol et à oxygéner, humidifier et nourrir les plantes. Les vers de terre et d'autres organismes souterrains sont les aérateurs de la nature – ils remuent constamment le sol. Une pelouse à faible entretien abritera probablement une foule d'organismes qui diminuent le besoin d'une aération manuelle. Si la pelouse est utilisée de façon intensive, il faudra sans doute procéder à une aération occasionnelle à la main. Vous pouvez acheter ou louer un aérateur mécanique ou à essence.

Tableau 2 : Traitements non synthétiques pour deux ravageurs courants des pelouses
Ravageur Symptômes  Quelques méthodes de lutte
Punaises des céréales Provoquent des taches jaunes sur le gazon, lequel peut brunir et mourir
  • Au besoin, aérez les zones compactées et enlevez les couches de chaume épaisses.
  • Les géocorinés, les petites guêpes et les mantes religieuses sont des ennemis naturels des punaises des céréales.
  • Versez 30 ml de savon à vaisselle dans 7 litres d'eau et imbibez une petite zone du gazon. Placez un drap de flanelle sur la zone traitée et attendez de 10 à 15 minutes. Les punaises vont monter sur le drap et y être emprisonnées. Il ne reste qu'à les enlever avec l'aspirateur ou à les noyer dans un seau d'eau.
Vers blancs Se nourrissent des racines du gazon, ce dernier flétrit et brunit
  • Au besoin, aérez les zones compactées et enlevez les couches de chaume épaisses.
  • L'application à la fin de l'été de nématodes dilués dans de l'eau peut aussi s'avérer efficace.
  • Les pieds d’alouette et les géraniums peuvent être toxiques pour ces ravageurs.
  • Choisissez des variétés d'herbe résistantes, telles que certaines fétuques.

Adaptation d'une section du site Web de Santé Canada intitulée « Feuillets de renseignements » :
http://www.hc-sc.gc.ca/cps-spc/pubs/pest/_pnotes/index-fra.php

Autres solutions de rechange à la pelouse classique

Outre la mise en place d'une pelouse à faible entretien ou la transformation d'une pelouse existante, vous pouvez réduire la surface gazonnée sur votre terrain. Les pentes prononcées et les zones restreintes ne se prêtent pas bien à l'aménagement d'une pelouse. Autant que possible, évitez aussi de l’aménager dans les endroits qui possèdent déjà d'autres types de végétation, comme les boisés. Vous pouvez remplacer la pelouse dans les zones que vous n'utilisez ni pour des activités récréatives, ni pour d'autres fins particulières.

Il existe d'autres aménagements qui exigent relativement peu d'entretien, tels que les jardins boisés, les arbustes indigènes, les prés ou les prairies de fleurs sauvages ainsi que les plantes couvre-sol (figure 4). Toutes ces options peuvent aussi être conçues et entretenues de manière à réduire au minimum le temps consacré à s'en occuper tout en optimalisant les avantages à l'endroit de l'environnement.


Figure 4 : Les plantes couvre-sol qui exigent peu d'entretien sont une solution de rechange populaire aux pelouses, surtout dans les endroits ombragés, sous les arbres par exemple.

Sources de référence et lectures additionnelles

Livres

Ecological Outlook. (2000). Residential Landscapes: Comparison of Maintenance Costs, Time and Resources. Ottawa, ON, Canada: SCHL.

Ellis, B. (1997). Safe & Easy Lawn Care: The Complete Guide to Organic, Low-Maintenance Lawns. Boston : Hought

Canada

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