Le feuillet d’information suivant fait partie de la série générale Votre maison.

Un jardin pluvial pour mieux gérer les eaux de ruissellement dans votre cour

Les eaux pluviales viennent de la pluie, de la neige et de la glace fondante. Les eaux de ruissellement sur votre toit, dans votre voie d’accès pour automobile et sur les autres surfaces dures de votre cour s’écoulent habituellement vers la rue et dans le réseau municipal d’égouts pluviaux. Ce ruissellement, qui emporte des substances nocives comme des sels de déglaçage, des métaux lourds et de l'huile, aboutit dans les ruisseaux, les lacs ou d’autres cours d’eau, où il peut avoir une incidence néfaste sur la qualité de l’eau et l’habitat aquatique. Paradoxalement, on utilise les réserves municipales d’eau potable pour arroser les pelouses et les jardins.

Vous pouvez vous y prendre de diverses façons pour réduire le ruissellement et mieux utiliser les eaux pluviales dans votre cour, tout en assurant un bon drainage de votre terrain. La méthode du jardin pluvial est relativement facile à appliquer et attrayante (voir la figure 1).


Figure 1 – Jardin pluvial

Le jardin pluvial est un lit de plantes ou de pierres, conçu expressément pour capter les eaux pluviales et permettre au sol de les absorber lentement par infiltration. Ce feuillet documentaire de la série « Votre maison » explique comment concevoir et aménager un jardin pluvial, et fournit quelques conseils pour mieux gérer les eaux pluviales dans votre cour.

Inspirez-vous de la nature

Dans le cycle hydrologique naturel, les eaux pluviales s’infiltrent lentement dans le sol où elles sont filtrées et débarrassées naturellement de certains polluants. Elles sont ensuite utilisées par les plantes et réapprovisionnent la nappe phréatique. L’eau pluviale tombe aussi directement dans les cours d’eau ou les atteint graduellement par la terre ou par la nappe phréatique peu profonde (voir la figure 2).


Figure 2 – Cycle hydrologique

En revanche, les eaux pluviales des secteurs habités s’écoulent en général rapidement des surfaces dures comme les toits et les voies d’accès pour automobile et ruissellent jusque dans des égouts qui les déversent dans les cours d’eau. Une élévation de la fréquence et des débits d'eau importants peut provoquer de l’érosion et, par la suite, de la sédimentation dans les rivières et les lacs récepteurs. Le ruissellement d’eau emporte aussi des substances polluantes qu'il rencontre sur son chemin comme du sel de déglaçage, des graisses, de l’huile, des excréments d'animaux, des sédiments excédentaires, des pesticides et des engrais. Il arrive parfois que les égouts pluviaux et sanitaires intégrés ne suffisent plus à la tâche et déversent un trop-plein d'eau non traitée dans des cours d’eau naturels. Tous ces facteurs peuvent nuire à la qualité de l’eau, à l’habitat des espèces aquatiques et à la stabilité des rives et des berges. Ils augmentent aussi les coûts municipaux d’adduction et de traitement de l’eau.

Or, on voit maintenant de plus en plus de réseaux municipaux de la gestion des eaux pluviales conçus pour fonctionner de concert avec les processus naturels. Ces systèmes ont recours à des zones humides et à d’autres méthodes qui permettent au sol d’absorber l’eau, d’en filtrer les polluants et de ralentir le flux de l’eau avant son arrivée dans les cours d’eau.

Les jardins pluviaux sont une façon de réduire le volume d’eaux de ruissellement dans votre cour en lui permettant d'être absorbé lentement dans le sol, comme il se fait normalement dans la nature. Les jardins pluviaux sont des dépressions ou des creux de terrain d’une faible profondeur conçus pour capter et absorber les eaux de ruissellement assez rapidement et pour s'assécher entre les chutes de pluie. Ceux qui sont dotés de plantes peuvent également servir d’habitat à de nombreux oiseaux, à des papillons et à d'autres espèces.

Les étapes de la conception d’un jardin pluvial

Les jardins pluviaux sont relativement faciles et peu coûteux à concevoir et à aménager, mais il faut tenir compte de certains facteurs pour qu'ils soient efficaces. Les deux principaux aspects techniques dont on doit tenir compte sont les suivants :

  1. l’eau doit s’infiltrer dans le sol et elle ne doit pas rester plus de deux jours dans le lit;
  2. l’eau ne doit pas créer de problèmes de drainage sur votre propriété ni sur celles des voisins.

Pour ce qui est du reste, les jardins pluviaux peuvent avoir une allure naturelle ou plutôt soignée, contenir un large éventail de plantes et avoir des formes variées.

Trouvez le bon endroit

Observez l’aire de drainage et les voies de ruissellement naturelles de votre cour. Placez le jardin pluvial dans une dépression ou quelque part sur la voie naturelle d’écoulement. Si vous avez une cour relativement plate qui se draine uniformément, vous pouvez créer une dépression où bon vous semble, en respectant les conseils qui suivent.

Pour assurer que l’eau ne s’écoulera pas simplement au-dessus du rebord le moins élevé, les jardins pluviaux doivent être le plus de niveau possible. Évitez si vous le pouvez d’aménager votre jardin pluvial dans une pente dont l’inclinaison est supérieure à 12 %, parce qu’il y est plus difficile de créer un jardin de niveau. Si vous n’avez pas d’autre choix, vous pouvez déblayer et remblayer votre jardin dans un endroit plus en pente, comme on l’explique dans la section « Comment aménager un jardin pluvial », en prenant toutefois bien soin de stabiliser adéquatement les côtés.

Comment mesurer une pente

La pente exprime le rapport entre la hauteur (dénivellation verticale) et le parcours (le plan horizontal). Voici un moyen simple de mesurer la pente :

  • Placez votre niveau à bulle sur une pièce de bois de 2 x 4 po disposée sur le sol, dans le sens de la pente que vous voulez mesurer, puis soulevez l’extrémité inférieure jusqu’à ce que le « 2 x 4 » soit de niveau (voir la figure 3).
  • Mesurez ensuite la distance du sol jusqu’à la rive inférieure du « 2 x 4 » à l’extrémité de la pente que vous voulez déterminer, soit la hauteur.
  • Mesurez la longueur à partir de l’extrémité du « 2 x 4 » jusqu’à l’endroit où vous avez mesuré la hauteur, soit le parcours.
  • Divisez la hauteur par le parcours pour obtenir la pente. Par exemple, si la hauteur est de 5 cm et le parcours de 2,5 m, la pente est de 0,05 m ÷ 2,5 m = 2 %


Figure 3 – Comment mesurer la pente

Pour éviter de créer des problèmes d’humidité, vous devez éloigner les eaux de ruissellement des endroits vulnérables comme les fondations de votre maison, les fosses septiques ou les maisons de vos voisins. Placez votre jardin pluvial à au moins 4 m (13 pi) de tels endroits. Évitez également d’aménager un jardin pluvial au-dessus des conduites ou des câbles souterrains.

Éloignez l’eau de votre maison

Prenez soin de diriger le ruissellement loin des fondations de votre maison.

Un jardin pluvial ne convient pas aux sols argileux qui se drainent mal. Cherchez un endroit avec un sol sablonneux, graveleux, loameux ou un mélange qui peut inclure jusqu’à 10 % d’argile. Si le pourcentage d’argile de votre sol est plus élevé, vous pouvez ajouter du sable, des gravillons ou des matières organiques pour rendre le sol plus perméable.

Les sols compactés sont eux aussi assez imperméables et il faut les ameublir avant d’y aménager un jardin pluvial. Assurez-vous que le sol est perméable jusqu’à une profondeur de 0,6 à 1,2 m (2 à 4 pi) sous votre jardin pluvial. Consultez le feuillet documentaire de la série « Votre maison » de la SCHL intitulé Apprenez à connaître votre sol pour y trouver des conseils sur l’analyse et l'amendement du sol.

La surface de la dépression doit être au moins 1 m (3 pi 3 po) au-dessus du niveau saisonnier le plus élevé de la nappe phréatique peu profonde. Pour déterminer le niveau où se situe la nappe phréatique peu profonde, creusez par temps sec une petite fosse d’essai et voyez si elle se remplit d’eau. Vous pouvez également demander à votre municipalité si elle possède de l’information sur la nappe phréatique peu profonde dans votre secteur. Si elle est près de la surface, vous devrez aménager votre jardin pluvial dans un endroit plus élevé ou renoncer à votre projet.

En plus de capter l’eau des autres parties de votre cour, le jardin pluvial sert souvent aussi à recueillir l'eau qui coule des toits par l’entremise d’un tuyau de descente pluviale, d’une rigole ou d’un tuyau souterrain. Si c’est un de vos buts, placez le jardin dans un endroit où l’eau de ruissellement des toits est facile à capter.

Installer votre jardin pluvial en plein soleil ou à la mi-ombre vous permet le plus grand choix possible de plantes. Vous pouvez opter pour un endroit à l’abri du soleil à condition de choisir des plantes qui tolèrent l’ombre. Si l’endroit envisagé contient des arbres qui tolèrent les inondations occasionnelles, vous pouvez aménager un jardin pluvial boisé.

Une dépression existante peut servir de jardin pluvial naturel. Vous pouvez apporter des améliorations en plantant, par exemple, des plantes qui conviennent aux conditions de l’emplacement ou en modifiant la profondeur ou les dimensions de la dépression pour qu’elle contienne plus d’eau. Si la dépression a tendance à garder l’eau plus de deux jours, vous devrez également améliorer la capacité de drainage du sol comme nous l’avons indiqué précédemment, ou trouver un autre endroit plus perméable.

Déterminez la profondeur et les dimensions

Le calcul de la profondeur et des dimensions optimales d'un jardin pluvial n’est pas une science exacte, et les méthodes varient. Votre jardin pluvial sera probablement efficace si vous estimez assez exactement les deux facteurs les plus importants, à savoir la quantité d’eau de ruissellement qui sera captée (captage) et la rapidité avec laquelle elle sera absorbée. La méthode de calcul de la profondeur et des dimensions décrite ci-après est fondée sur ces deux facteurs.

La dépression doit être suffisamment superficielle pour que l’eau n’y demeure pas plus de deux jours, mais assez profonde pour contenir la quantité prévue d’eau. La profondeur doit en général être de 7,5 cm (3 po) dans les sols qui présentent des taux d’infiltration relativement peu élevés (par exemple un sol loameux) et jusqu’à concurrence de 15 cm (6 po) dans les sols dont les taux d’infiltration sont élevés (par exemple les sols de sable ou de gravier). Pour être certain que les dépressions plus superficielles sont suffisamment grandes, il faut rajuster les dimensions du jardin selon les sols, comme on l’indique ci-dessous.

Pour déterminer les dimensions, suivez les trois étapes qui suivent.

1. Déterminez le captage

  1. Estimez l’aire en mètres carrés de la section de votre toit d'où les eaux pluviales s’écouleront dans le tuyau de descente pluviale, plus l’aire en mètres carrés des autres surfaces dures, comme les voies d’accès pour automobile ou les patios, qui se drainent vers le jardin pluvial. Estimez ensuite l’aire de la pelouse qui acheminera de l'eau vers le jardin pluvial et multipliez le chiffre par 20 %1. Les dimensions de l’aire du toit et des aires des autres surfaces dures, plus 20 % de l’aire de la pelouse qui se drainent dans le jardin pluvial constituent votre aire totale de drainage (en mètres carrés). Par exemple, l’aire totale de drainage pourrait être de 170 m2.
  2. Estimez la quantité de précipitations qui s’écouleront dans votre jardin pluvial au cours d’une période de 24 heures. Certaines municipalités fixent des objectifs de captage de la pluie. Vérifiez auprès du service des travaux publics de votre municipalité. Si vous ne trouvez pas d’objectif, vous pouvez en fixer un vous-même selon les précipitations locales moyennes. Votre municipalité aura possiblement des données sur les précipitations dans votre région ou vous pouvez les obtenir d’Environnement Canada. Un exemple d’objectif est 25 mm en 24 heures. Les objectifs vont varier de région en région et pourraient être aussi peu élevés que 5 mm en 24 heures dans certains endroits.
  3. Multipliez l’aire de drainage en mètres carrés (étape i) par l’objectif de captage de l’eau de pluie en mètres (étape ii). Par exemple, un jardin pluvial qui captera 25 mm de pluie en 24 heures d’une aire de drainage de 170 m2 devra pouvoir contenir 170 mx 0,025 m = 4,25 m3 d’eau en 24 heures.

2. Déterminez le taux d’infiltration de votre sol

Par exemple, si le taux est 15 mm à l’heure, le sol absorbera 360 mm d’eau en 24 heures. Convertissez le chiffre en mètres (dans le cas présent 0,36 m). Voir l’encadré.

3. Calculez l’aire

Divisez le captage estimé (étape 1) par le taux d’infiltration (étape 2). Selon l’exemple ci-dessus, le jardin pluvial nécessiterait une aire de 4,25 m3 ÷ 0,36 m = 11,8 m2.

Taux d’infiltration du sol

Vous devez connaître la perméabilité de votre sol lorsque vous aménagez un jardin pluvial. Les sols sablonneux sont très perméables et présentent un taux d’absorption d’eau minimal de 210 mm à l’heure. Le taux d’absorption minimal du loam sablonneux est de 25 mm à l’heure. Le taux d’absorption minimal du loam est de 15 mm à l’heure. Les sols argileux peuvent présenter des taux d’absorption aussi peu élevés que 1 mm à l’heure. Vous pouvez vérifier la perméabilité de votre sol en creusant une petite fosse d’essai, en la remplissant d’une quantité connue d’eau et en observant le temps que l’eau met à disparaître dans le sol.

Les jardins pluviaux sont conçus en fonction des niveaux moyens annuels de précipitations. Il peut se produire des précipitations plus intenses à l’occasion, et des événements extrêmes tous les 25 à 100 ans. Le débordement occasionnel de votre jardin pluvial sera absorbé la plupart du temps par votre propre cour et par le système municipal d’égout. S’il est possible qu’un débordement suscite des problèmes de drainage dans les espaces avoisinants, ajoutez un système de débordement. Il pourrait s’agir d’un dispositif aussi simple qu’un tuyau perforé installé sous terre ou d’une rigole peu profonde dirigée vers un endroit moins vulnérable ou vers une aire qui se draine dans le système d’égout municipal. Vous pouvez aussi réduire la fréquence des débordements en agrandissant légèrement les dimensions du jardin pluvial, ou la profondeur du sol perméable, ou les deux.

Ces étapes vous permettront d’obtenir les dimensions optimales, mais vous pouvez toutefois modifier la taille de votre jardin pour qu'il convienne mieux à votre cour, à votre budget ou au temps que vous voulez consacrer à son entretien. Vous pouvez réduire les dimensions en augmentant la profondeur du sol perméable, en diminuant l’aire qui contribue au captage ou en créant plus d’un jardin pluvial.

Déterminez la forme

Afin de capter le plus d’eau de ruissellement possible, un jardin pluvial doit être au moins 1,5 fois plus long que large (pour le calcul de la longueur, nous parlons ici de la partie du terrain qui est perpendiculaire à la pente). Le jardin pluvial de 11,8 m2 de l’exemple ci-dessus devrait mesurer approximativement 4,2 m x 2,8 m. N’oubliez pas que vous pouvez toujours faire des modifications quand les conditions du site ne sont pas optimales.

Beaucoup de gens préfèrent l’apparence des rebords souples et ronds, par opposition aux rebords fermes et aigus, et les formes en haricot ou ovales. Vous pouvez créer la forme que vous préférez pour votre cour.

Choisissez des plantes et des pierres

Choisissez des plantes vivaces, des arbustes, des herbages graminés ou des fougères qui tolèrent à la fois les conditions humides et sèches. Sélectionnez des plantes adaptées à votre région et aux conditions particulières du sol et d'ensoleillement de votre propriété. Les plantes indigènes sont bien adaptées aux conditions locales et, en général, conviennent mieux aux jardins pluviaux. Vous pouvez utiliser également des plantes non indigènes, mais évitez les espèces envahissantes (voir la section intitulée « Sources de référence et lectures additionnelles »). Gardez à l’esprit la hauteur des plantes, la couleur et la période de la floraison pour aménager un jardin attrayant qui fleurira toute la saison.

Vous pouvez planter des plantes herbacées (espèces non-ligneuses), comme des vivaces, en mottes, en pots ou en les semant. Les mottes ou les plantes en pots créent un jardin instantané, elles sont plus faciles à faire pousser et plus prévisibles que les semences. Les semences coûtent moins cher, mais elles peuvent parfois mettre trois ans avant de remplir complètement le jardin. Vous pouvez créer un mélange adapté à vos conditions, ou vous pouvez utiliser un mélange de semences de plantes de rivage, de pré ou de prairie pour milieux humides ou secs, si vous en trouvez chez un fournisseur de plantes indigènes de votre région. Vous pouvez installer des arbustes en pots, ou sous forme de semis à racines nues, et dans certains cas, vous pouvez les reproduire par boutures.

Il est aussi possible de recouvrir le fond du jardin pluvial de matériaux durs lâches, comme des cailloux ou des pierres de rivière. Un jardin pluvial dont le fond est tapissé de pierres imite un lit de rivière pierreux et donne une allure unique à votre cour (voir les figures 4 et 5). Vous pouvez également mettre des plantes dans un jardin pluvial tapissé de pierres. Pour ajouter à l’attrait esthétique, utilisez une bordure, par exemple en briques ou en pierres. Vous pouvez ajouter également un élément visuel particulier, comme une grande roche ou une sculpture.


Photo par : Glen Pleasance
Figure 4 – Ce jardin pluvial dans un lit de rivière à sec est couvert de pierres de rivière et les côtés sont recouverts de copeaux de bois et d’herbes hautes, de plantes vivaces et d’arbustes.


Figure 5 – Types de jardins pluviaux

Comment aménager un jardin pluvial

Si vous travaillez avec des mottes ou des plantes en pots, le milieu du printemps après le dégel est le meilleur temps pour aménager un jardin pluvial. Les sols seront probablement humides et assez faciles à creuser, et les plantes aimeront les pluies printanières. Bien que vous puissiez aussi aménager un jardin pluvial durant l’été, vous devrez arroser les plantes beaucoup plus souvent jusqu’à ce que tous les végétaux se soient établis.

Si vous décidez d’ensemencer le lit, il vaut mieux créer votre jardin pluvial au milieu du printemps ou à la fin de l’automne. L’ensemencement à la fin de l’automne permet les cycles naturels de gel et de dégel qui aident beaucoup de semences indigènes à germer sans prétraitement. Demandez à votre fournisseur de semences s’il faut prétraiter les semences indigènes pour les semer au printemps. Vous pouvez planter des arbustes au printemps et à l’automne, selon les espèces.

Vous pouvez commencer par dessiner la forme et les dimensions du lit avec une corde ou un tuyau d’arrosage. Enlevez la pelouse avec une déplaqueuse de gazon, une bêche de jardinage ou des cisailles à gazon. Assurez-vous de bien enlever toutes les racines. Si vous avez assez de temps devant vous, vous pouvez étouffer le gazon ou d’autres plantes en les recouvrant d’une épaisse feuille de plastique noir, bien retenue au moyen de pierres, pendant au moins deux mois au cours de la période de croissance précédente. Retirez la feuille de plastique avant de creuser le lit.

Téléphonez avant de creuser

Sachez où se trouvent les câbles et les tuyaux enterrés avant de creuser une fosse d’essai ou d’aménager une dépression dans votre cour. Appelez vos fournisseurs locaux de services pour obtenir de l’aide.

Creusez le lit jusqu’à la profondeur requise, comme nous l'avons expliqué dans la section « Déterminez la profondeur et les dimensions ». Enlevez toutes les racines de plantes ou de gazon qui restent. Si vous devez améliorer le drainage du sol sous la surface, creusez plus profondément et faites d’autres modifications, en plaçant par exemple du sable, des gravillons ou de la matière organique jusqu’à une profondeur de 0,6 m à 1,2 m (2 pi à 4 pi). Une petite pelle rétrocaveuse peut être utile si vous devez creuser sous la surface. Pour aider les nouvelles plantations à s’établir, ajoutez du compost en le faisant pénétrer quelques pouces dans le sol.

Si vous creusez dans une pente légère, utilisez un niveau à bulle pour vous assurer que le lit est de niveau. Vous pouvez utiliser de la terre du haut de la pente pour faire un remblai en bas de la pente. Sur une pente, vous devrez aussi construire un talus bas dans la partie inférieure de la pente, pour retenir l’eau (voir la figure 5). Vous pouvez construire votre talus en prenant de la terre de la partie élevée et la couvrir d’une variété de plantes ou de gazon. Donnez une inclinaison légère aux côtés du talus et compactez avec vos pieds. Garnissez le talus d’herbe à gazon, ensemencez-le ou plantez-y immédiatement des plantes et recouvrez-le temporairement avec un tapis de paille ou du paillis pour empêcher l’érosion.


Figure 6 – Vous pouvez placer la rallonge du tuyau de descente pluviale du toit directement dans votre jardin pluvial. Pour empêcher l’érosion, aménagez un petit lit de cailloux ou un déflecteur de béton sous la rallonge.

Au besoin, creusez et installez un tuyau de trop-plein ou une rigole dans la partie inférieure du jardin. Vous pouvez placer votre rallonge de tuyau de descente pluviale directement dans le jardin pour capter l’eau qui coule du toit. Pour empêcher l’érosion du jardin, aménagez un petit lit de gravillons ou de cailloux décoratifs, ou un déflecteur en béton, sous la rallonge (voir la figure 6). Ce tuyau peut aussi se déverser dans une zone du gazon qui se draine dans le jardin pluvial.

Raclez le lit pour le rendre assez lisse. Plantez ou ensemencez selon les méthodes courantes.

Si vous couvrez avec de la pierre, installez une couche de toile filtrante sur la surface et déposez ensuite la pierre. Pour planter des végétaux entre les pierres, faites des incisions dans la toile filtrante.

Réduisez les revêtements imperméables au minimum


Figure 7 – Pour réduire le ruissellement et embellir leur propriété, les propriétaires ont réduit les dimensions de leur voie d'accès de 60 % en y plaçant des plantations. Ils ont également remplacé l’asphalte du reste de la voie d'accès par des pavés en béton préfabriqués.

Une autre façon de réduire le ruissellement d’eau et de permettre au sol d’absorber l’eau consiste à avoir le moins de surfaces imperméables possible. Vous pouvez commencer par limiter le nombre et les dimensions des revêtements durs afin de conserver seulement ce dont vous avez besoin pour les activités régulières de votre famille (voir la figure 7). Vous pouvez également combiner diverses utilisations des revêtements durs. Par exemple, une voie d’accès pour automobile ou un patio peut aussi être utilisée comme allée piétonnière.

Vous pouvez aussi recourir à des matériaux de pavage perméables qui permettent l’infiltration. Dans la mesure du possible, utilisez des granulats lâches, comme des cailloux décoratifs ou des briques concassées. Dans les aires où vous avez besoin d’un revêtement dur, songez à utiliser des pavés en béton préfabriqués bien espacés, conçus spécialement pour l’infiltration des eaux de ruissellement. Vous pouvez également mettre du sable ou des gravillons entre les pierres de patio ou les pavés, au lieu de béton. Dans la voie d'accès pour automobile, vous pouvez poser deux bandes de pavés pour le déplacement des véhicules, et planter des herbes ou mettre une couverture végétale dans les espaces entre les bandes de pavés.

Comment entretenir un jardin pluvial

Gardez le sol humide au cours de la première période de croissance. Sauf s’il pleut suffisamment, vous devez arroser une heure au goutte à goutte au moins une fois par semaine durant les trois premières semaines. Par la suite, arrosez aussi lorsque le temps est chaud et sec. Les plantes ensemencées à l’automne devront également être arrosées la saison suivante lors des périodes de sécheresse. Si vous avez choisi des plantes qui conviennent au sol et aux conditions d’humidité de votre terrain, il ne devrait pas être nécessaire d’arroser les plantes du jardin pluvial lorsqu’elles sont établies.

Vous devrez enlever les mauvaises herbes régulièrement au cours des deux ou trois premières années. Certaines plantes indigènes désirables peuvent migrer vers le site. Essayez d’identifier les espèces avant de les enlever. Vous pouvez arracher les mauvaises herbes à la main, en prenant soin de ne pas déranger les nouvelles plantations. Arrachez-les quand elles sont immatures, avant qu’elles montent en graines. Les mauvaises herbes sont plus faciles à arracher quand le sol est humide. Une fois que le jardin s’est rempli et qu’il s’est formé un ensemble de racines, on peut désherber moins fréquemment. Lorsque votre jardin pluvial est établi, vous pouvez y ajouter du compost à l’occasion. Comme les plantes adaptées au sable ou au gravier ont tendance à préférer des sols pauvres en nutriments, ajoutez du compost au sable et au gravier seulement si cela semble nécessaire. Luttez contre les insectes et les maladies en utilisant autant que possible des méthodes manuelles ou non synthétiques à faible impact. Pour plus d’information sur l'entretien, consultez les autres ressources indiquées à la fin de ce feuillet.

Aérez le sol à l’occasion pour l’empêcher de se compacter. Si vous trouvez avec le temps que l’eau reste dans le lit trop longtemps, la solution la plus facile est d’agrandir le jardin ou de créer un deuxième jardin pluvial pour capter une partie de l’eau. Vous pouvez aussi creuser encore plus la dépression ou améliorer la perméabilité du sol, mais ces deux options vous obligeront à enlever et à transplanter des végétaux.

Une fois établi, votre jardin pluvial devrait vous donner du plaisir pendant de nombreuses années et n'exiger qu'un entretien minimal. Vous serez également heureux de savoir que vous contribuez à rendre le milieu naturel encore plus sain.

Sources de référence et lectures additionnelles

Livres et articles

Bannerman, Roger, et Ellen Considine. Rain Gardens: A how-to manual for homeowners, Madison (Wisconsin), University of Wisconsin Extension, 2003.

Barr Engineering Company. « Infiltration Systems: On-Lot Infiltration », Minnesota Urban Small Sites BMP Manual, St. Paul (Minnesota), Metropolitan Council Environmental Services, 2001.

Cozetto, Karen. « Rain Gardens », Conscious Choice, mai 2001.

Stromme, Lorrie. « Plotting to Infiltrate? Try Rain Gardens », Yard and Garden News, Minnesota Extension Services, mai 2001.

1 Notez que si vous gardez votre pelouse bien aérée, elle absorbera presque la totalité de l’eau de ruissellement. Néanmoins, même les pelouses bien aérées n’absorberont probablement pas toute l’eau d’une pluie moyenne à forte.

Dernière révision : 2011.

Canada

Partager...


Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre)