Le feuillet d’information suivant fait partie de la série générale Votre maison.

Comment prévenir les chutes dans les escaliers

Les escaliers qui se trouvent dans votre maison – ceux que vous montez et descendez chaque jour – peuvent être dangereux. Une grande proportion de Canadiens qui se rendent à l’hôpital après avoir fait une chute sur une marche ou dans un escalier situé dans leur maison étaient des personnes âgées (des hommes et des femmes de 65 ans ou plus). Les conséquences d’une chute peuvent être graves et de longue durée pour les personnes âgées.

La plupart des chutes qui se produisent dans les escaliers peuvent être évitées. La pierre angulaire de la prévention est la reconnaissance des risques posés par l’utilisation d’escaliers. Une planification judicieuse et des stratégies simples aideront les gens à prévenir les chutes de même que les blessures.

Ce numéro de la série « Votre maison » vous indique quelques-uns des moyens de réduire les risques de chute dans les escaliers.

Les endroits à risque

Dans votre maison, vous pouvez faire des chutes partout où il y a des escaliers, y compris l’escalier de l’entrée, l’escalier permettant d’accéder à un autre étage, les marches de la porte arrière ou les marches qui mènent à une autre pièce. Une chute se produisant dans une seule marche suffit pour causer des blessures graves.

Quelles sont les causes des chutes?

Les professionnels qui étudient les causes des chutes dans les escaliers affirment que l’état de santé, l’état des lieux et le comportement sont des facteurs contributifs.

Les facteurs liés à l’état de santé comprennent la vision réduite, la faiblesse, la somnolence, la perte d’équilibre et un mode de vie inactif.

Les facteurs liés à l’état des lieux incluent les lacunes au niveau de la conception, de la construction et de l’entretien des escaliers; la mauvaise conception ou l’absence de mains courantes; l’éclairage insuffisant et d’autres facteurs comme la surface des marches.

Les facteurs liés au comportement englobent le manque de concentration, le fait de transporter un article dans l’escalier, des chaussures inadéquates, des escaliers non familiers (même si la plupart des chutes se produisent dans des endroits bien connus de la victime) et les décisions entourant la modification ou l’entretien de l’escalier et de ses abords.

Quelles sont les conséquences d’une chute dans un escalier?

Les chutes dans les escaliers posent un problème majeur sur le plan de la santé, de l’autonomie et de la confiance. Les conséquences physiques peuvent être graves, notamment la détérioration de tissus mous et la fracture d’os – particulièrement les hanches. Les autres conséquences sérieuses – surtout pour les personnes âgées – peuvent comprendre les effets psychologiques découlant d'une chute, comme le fait d’avoir moins confiance et le sentiment d’insécurité qui s'ensuit, ce qui a pour effet de réduire encore plus le niveau de santé, de mobilité et d’activité. De nombreuses personnes ne se remettent jamais totalement d’une chute.

Devriez-vous cesser d’utiliser les escaliers?

Pas nécessairement.

L’utilisation d’escaliers peut avoir des effets favorables sur la santé. Selon le programme « Escaliers vers la santé » de Santé Canada, l’utilisation de l’escalier contribue de façon importante aux 30 minutes d’activité physique dont nous avons tous besoin quotidiennement. Le fait de monter et de descendre les escaliers renforce les jambes et peut aider les personnes âgées à réduire les risques de blessures causées par les chutes.

Votre médecin est la personne la mieux placée pour établir si vous souffrez de problèmes de santé susceptibles de limiter vos déplacements dans les escaliers ou de vous empêcher de vous servir de ces derniers. Toutefois, vous devez toujours garder à l’esprit que les escaliers peuvent être dangereux. Vous devez aussi savoir comment minimiser les risques.

Comment résoudre les problèmes posés par les escaliers?

Il y a plusieurs façons de réduire les risques de blessures liés à l’état de santé, à l’état des lieux et au comportement.

Consultez un ergothérapeute si vous éprouvez des problèmes de santé ou de mobilité qui vous empêchent d'utiliser les escaliers d'une manière sécuritaire. Ce professionnel vous conseillera sur les meilleures façons de modifier votre logement, votre comportement ou les deux en fonction de vos besoins. Adressez-vous à votre médecin de famille si vous continuez à éprouver des problèmes par la suite.

Voici quelques options qui pourraient vous faciliter la tâche lorsque vous empruntez un escalier :

  1. Poser un ascenseur ou un monte-escalier (consultez le feuillet d’information Une habitation accessible dès la conception – élévateurs et ascenseurs résidentiels, de la série « Votre maison » publiée par la SCHL).
  2. Aménager une chambre, une salle de bains et une buanderie au rez-de-chaussée (si ce n’est déjà fait) pour que vous puissiez vaquer à toutes vos activités quotidiennes sans utiliser d’escalier.
  3. Emménager dans une maison de plain-pied ou un appartement.

En ce qui concerne les facteurs liés à l’état des lieux et au comportement, il existe de nombreuses façons de rendre les escaliers de votre maison plus sécuritaires. Les tableaux 1 et 2 ci-après suggèrent des modifications qui vous aideront à accroître votre sécurité. Il s’agit de rendre l’escalier aussi sûr que possible (en modifiant ses abords) et de modifier la façon dont vous utilisez cet escalier (en changeant votre comportement). Discutez de ces idées avec les membres de votre famille, et vos dispensateurs de soins de santé, et arrêtez votre choix sur celles qui conviennent le mieux à votre maison, à votre budget ainsi qu’à votre mode de vie.


Figure 1 – Dimensions suggérées pour un escalier

Tableau 1 – Prévenez les chutes en modifiant l’escalier et ses abords

Qu’est-ce qui cause les chutes? Comment prévenir les chutes
Les marches peu visibles, surtout si elles sont difficiles à distinguer les unes des autres.
  • Sur les marches d’escalier, évitez les motifs qui sont source de distraction visuelle.
  • S’il n’est pas déjà en évidence, marquez le nez des marches de façon permanente (mais pas avec du ruban adhésif). Peignez une bande de couleur contrastante sur le nez de chaque marche. Une bande de peinture appliquée sur le tapis fera très bien l’affaire.
  • Améliorez l’éclairage (voir ci-après).
Un mauvais éclairage qui empêche de remarquer la présence de marches ainsi que l’emplacement exact de chacune d’elles.
  • Améliorez l’éclairage des marches et de l’escalier. Les escaliers doivent toujours être aussi éclairés que les aires adjacentes.
  • Utilisez un éclairage qui rend le nez des marches facile à distinguer et qui ne cause pas d’éblouissement ni d’ombres prononcées.
  • Posez un interrupteur d’éclairage au bas et en haut de l’escalier.
  • Prévoyez un éclairage de nuit à faible intensité qui s’allume et s’éteint automatiquement.
Configuration des marches Escalier raide aux contremarches hautes et aux marches étroites
  • Utilisez des revêtements minces et bien fixés afin de maximiser la surface utilisable. Habituellement, il faudra enlever la thibaude sous la moquette recouvrant les marches. Les revêtements souples doivent être évités sur les marches, surtout si ces dernières sont étroites et possèdent un nez très arrondi.
  • Tenez compte du rapport entre la hauteur de marche, le giron et la marche (voir la figure 2) lorsque vous rénovez ou construisez un escalier. Selon les règles de l'art recommandées, les marches dont la hauteur ne dépasse pas 180 mm (7 po) et qui ont un giron d’au moins 280 mm (11 po) offrent plus de confort et de sécurité.*
Manque d’uniformité des marches – une cause particulièrement courante de chutes
  • Vérifiez si les nez de marches sont parfaitement alignés. Si ce n'est pas le cas , pensez à reconstruire partiellement ou totalement les marches pour leur donner une dimension et une hauteur uniformes. Cet aspect est très important!
Escalier à quartier tournant ou escalier tournant
  • Posez des mains courantes de chaque côté de l’escalier, surtout aux endroits combinant des marches rectangulaires et rayonnantes qui obligent l’utilisateur à passer sur des marches moins larges selon sa position par rapport à la longueur de la marche.
Marches glissantes ou mal entretenues
  • Utilisez une finition antidérapante et rugueuse sur les marches exposées à l’eau. Habituellement, pour les escaliers intérieurs, tout revêtement antidérapant acceptable pour les planchers ordinaires conviendra aussi aux marches (consultez le feuillet d’information Une habitation accessible dès la conception – les espaces habitables, de la série « Votre maison » publiée par la SCHL pour plus d’information concernant les revêtements de plancher antidérapants).
  • Réparez ou remplacez la surface des marches en mauvais état.
  • Fixez solidement le revêtement des marches. Ce dernier doit être collé fermement contre le nez des marches. Les revêtements souples et antidérapants doivent être posés et entretenus soigneusement parce qu’ils tendent à fendiller au niveau du nez, posant ainsi un risque additionnel.
Tapis non fixé sur les marches
  • Ne déposez pas de tapis sur les marches, ni en haut ni au bas des escaliers.
Main courante Main courante manquante ou mal adaptée
  • On recommande fortement de poser des mains courantes, peu importe le nombre de marches. Si possible, posez des mains courantes fonctionnelles de chaque côté de l’escalier.
  • Des mains courantes fonctionnelles doivent être posées en juxtaposition ou en remplacement des mains courantes existantes n’ayant qu’une valeur décorative.
  • Placez les mains courantes à peu près au niveau du coude d’un adulte : on recommande une hauteur de 900 à 965 mm (de 35 ½ po à 38 po) (voir la figure 1).
  • Un adulte doit être en mesure de saisir la main courante et d’en faire le tour avec sa main. Si vous enroulez un ruban à mesurer autour de la main courante, celle-ci devrait avoir une circonférence inférieure à 160 mm (6 ¼ po) dans le cas des mains d’adultes; une circonférence de 100 mm (4 po) convient parfaitement aux mains d’enfants.
  • Prolongez les mains courantes, sans interruption, sur toute la longueur des escaliers, et au-delà de la partie inférieure et supérieure de ces derniers (voir la figure 1).
  • Assurez-vous que les mains courantes possèdent des indicateurs tactiles qui avertissent l’utilisateur qu’il arrive au bout de l’escalier.
  • Assurez-vous que les mains courantes sont faciles à voir, même si l’éclairage est faible ou qu’il fait nuit.
Main courante mal fixée ou brisée
  • Fixez solidement les mains courantes aux murs et aux poteaux. Vous devriez être en mesure de placer tout votre poids sur la main courante sans endommager le mur, le poteau ou la main courante elle-même.
  • Réparez les mains courantes instables ou brisées.
* Le Code national du bâtiment du Canada prescrit une hauteur de marche maximale (200 mm [7 ¾ po]) et minimale (125 mm [5 po]); un giron maximal (355 mm [14 po]) et minimal (210 mm [8 ¼ po]); une largeur de marche maximale (355 mm [14 po]) et minimale (235 mm [9 ¼ po]) et une échappée minimale (1 950 mm [77 po]) le long des escaliers situés dans les maisons. Avant de réaliser des travaux, discutez avec votre constructeur, votre rénovateur ou les responsables locaux du code du bâtiment des conséquences sur les coûts et la conception des différentes géométries possibles pour les marches.

Tableau 2 – Prévenez les chutes en modifiant votre comportement

Qu’est-ce qui cause les chutes? Comment prévenir les chutes
Manquer des marches (le faux pas le plus fréquent dans les escaliers d’une maison) ou la torsion de votre pied ou de votre corps sur des marches relativement étroites ou des escaliers à quartier tournant.
  • Soyez prudent, posé et calme.
  • Agrippez-vous aux mains courantes.
Se dépêcher, particulièrement dans les escaliers raides, tournants ou exigus.
  • Prenez votre temps et soyez très prudent, surtout au niveau des transitions entre les marches rayonnantes et étroites des escaliers à quartier tournant et les marches rectangulaires.
Porter des pantoufles ou des chaussures mal ajustées.
  • Portez toujours des chaussures ou des pantoufles bien ajustées et munies de semelles antidérapantes.
Utilisation non voulue des escaliers de votre maison, par exemple, par des personnes vulnérables comme les petits enfants ou les personnes âgées atteintes de démence.
  • Posez des barrières en haut et au bas des volées d’escalier afin d’éviter leur utilisation spontanée.

Environnement non familier. Par exemple, la maison d’un parent ou d’un ami où l’on trouve des planchers de niveaux différents qui ne sont séparés que par une marche ou deux.

  • Prenez tout votre temps lorsque vous utilisez un escalier non familier et soyez particulièrement prudent aux endroits où il pourrait y avoir une dénivellation du plancher – surtout là où il y a des distractions visuelles qui pourraient dissimuler une ou deux marches.
Manque d’attention. Par exemple, en descendant un escalier, certaines personnes font une chute à partir de l’avant-dernière marche parce qu’elles pensent être déjà arrivées au bas.
  • Évitez les distractions pendant que vous empruntez un escalier.
  • Assurez-vous que votre perception de l’escalier est juste, surtout lorsque vous arrivez en haut ou au bas.
Vision faible ou réduite.
  • Enlevez vos lunettes de lecture lorsque vous montez ou descendez un escalier.
  • Si vous possédez des lunettes prescrites pour voir de loin, portez-les toujours lorsque vous utilisez l’escalier.
  • Soyez très prudent lorsque vous portez des lunettes bifocales ou à foyer progressif. Ajustez la position de vos lunettes ou de votre tête pour voir les escaliers clairement.
  • Améliorez l’éclairage des marches et de l’escalier. Les escaliers doivent toujours être aussi éclairés que les aires adjacentes.
  • Utilisez un éclairage qui rend le nez des marches facile à distinguer et qui ne cause pas d’éblouissement ni d’ombres prononcées.
  • Posez un interrupteur d’éclairage au bas et en haut de l’escalier.
Utilisation superflue des escaliers, surtout lorsque vous êtes pressé (par exemple, se dépêcher à monter ou à descendre les escaliers pour répondre au téléphone, aller à la salle de bains ou répondre à la porte).
  • Prenez votre temps dans les escaliers, surtout lorsque vous les descendez.
  • Ayez un téléphone sur chaque étage ou utilisez un téléphone portable.
  • Aménagez une salle de bains à chaque étage.
  • Installez un intercom que vous pourrez utiliser à partir de n’importe quel endroit dans la maison.
Effets secondaires des médicaments ou de l’alcool.
  • Informez-vous sur les effets de vos médicaments. Soyez particulièrement prudent dans les escaliers si vous prenez des médicaments qui causent le vertige.
  • Une seule boisson alcoolisée peut nuire à votre équilibre ou à votre perception : soyez très prudent dans les escaliers si vous avez consommé de l’alcool.
Éclairage insuffisant.
  • Allumez les appareils d’éclairage des escaliers si ces derniers sont plus sombres que les aires environnantes.
  • Améliorez l’éclairage des marches et de l’escalier. Les escaliers doivent toujours être aussi éclairés que les aires adjacentes.
  • Utilisez un éclairage qui rend le nez des marches facile à distinguer et qui ne cause pas d’éblouissement ni d’ombres prononcées.
  • Posez un interrupteur d’éclairage au bas et en haut de l’escalier.
Utiliser l’escalier sans se servir des mains courantes.
  • Tenez toujours la main courante lorsque vous montez ou descendez l’escalier, ou restez toujours à portée de la main courante.
Transporter des objets dans les escaliers.
  • Ne transportez jamais d’objets comme de gros paniers à lessive dans les escaliers, surtout s’il vous faut vos deux mains ou si ces articles vous empêchent de voir les marches. Employez plutôt un sac à lessive, par exemple, que vous pourrez transporter d’une main, traîner ou lancer au bas de l’escalier.
  • Gardez toujours une main libre pour agripper la main courante. Les personnes plus vulnérables dans les escaliers devraient toujours garder les deux mains libres pour saisir les mains courantes, surtout en descendant.
Nettoyer les escaliers sans prendre les précautions appropriées.
  • Utilisez de petits accessoires ou appareils comme des aspirateurs portatifs sans fil, et gardez toujours une main sur la main courante ou une main libre pour la saisir.
  • Employez toujours de la cire antireflets et antidérapante pour polir des escaliers non recouverts de moquette.
  • Au besoin, demandez à quelqu’un de nettoyer les escaliers.
Déposer ou entreposer des objets sur les marches ou les paliers (un problème important qu’il est facile d’éviter).
  • Ne laissez pas d’objets sur les marches et assurez-vous que les objets laissés sur les paliers ne causent pas de distraction ou d’obstruction.


Figure 2 – Dimensions suggérées pour les éléments des marches

Remerciements

La SCHL remercie les personnes suivantes pour leur contribution précieuse à cette publication :

Elaine M. Gallagher, Ph.D., infirmière autorisée, professeure, School of Nursing, Université de Victoria

Cassandra R. Linton, M.Sc., analyste principale, Registres cliniques, Institut canadien d’information sur la santé

Donna Lockett, Ph.D., Centre de recherche sur la santé communautaire, Université d’Ottawa

Jake Pauls, Jake Pauls Consulting Services in Building Use and Safety

Luis Rodriguez, Ph.D., chercheur principal, SCHL

Vicky Scott, Ph.D., infirmière autorisée, conseillère principale en prévention des chutes, British Columbia Injury Prevention Unit et Ministry of Health Services

Glossaire

Contremarche : Composante verticale d’une marche. Il existe deux types d’escalier : avec contremarche (où la partie arrière verticale de la marche est fermée) et sans contremarche (où la partie arrière verticale de la marche est ouverte). La présence de contremarches est souhaitable étant donné qu’elle élimine des distractions visuelles.

Échappée : Distance verticale mesurée depuis l’extrémité du nez d’une marche jusqu’à la face inférieure du plafond au-dessus.

Escalier : Ouvrage composé d’une série de marches de même hauteur permettant de monter ou de descendre d’un niveau de plancher à un autre. Un escalier comprend des marches, des paliers et des mains courantes.

Giron : Largeur utile de la marche mesurée horizontalement entre deux contremarches successives.

Hauteur de marche : Hauteur verticale d’une marche.

Main courante : Élément qu’on saisit avec la main, situé parallèlement à l’escalier et habituellement à côté de celui-ci. Une main courante fonctionnelle vise plusieurs buts : elle sert d’indicateur visuel pour l’escalier, elle contribue à maintenir l’équilibre et – fait plus important encore – elle constitue le seul moyen fiable d’éviter les faux pas et les chutes.

Marche : Partie horizontale où l’on met le pied, mesurée du bout du nez au bas de la contremarche.

Nez : Saillie ou profil d’une marche d’escalier. Dans la plupart des escaliers des maisons, cette partie se projette au-dessus de la marche inférieure.

Palier : Plateforme située entre les volées d’escaliers ou à l’extrémité d’un escalier.

Volée : Une volée d’escalier est une série de marches.

Dernière révision : 2014.

Canada

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